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 Le Cycle des Disparitions

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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Dim 24 Juil 2011 - 21:36

Je persiste... Mr. Green

Trois cavaliers s'engageaient dans l'étroit défilé de la passe de Motoyra en cette aube fraîche et lumineuse. La lueur blafarde du jour naissant éclairait progressivement les immenses statues sculptées dans les parois de pierre ocre, dessinant le contour d'un visage, d'un corps ou d'un bras levé. Les plus proches de l'entrée du défilé avaient subi de plein fouet des siècles d'érosion, de vent, de pluie et de sable. Elles n'étaient plus que des blocs rocheux aux formes étranges et fantastiques, projetant leur ombre démesurée sur la terre rougeâtre. A l'intérieur, par contre, la plupart étaient encore en bon état, représentant d'étranges personnages, parfois sereins, parfois agités ou en colère. Les trois cavaliers progressaient en silence entre ces deux rangées fantastiques et imposantes. Par endroit, la passe se resserrait, ne laissant apercevoir qu'une étroite bande de ciel d'un bleu dur, là-haut, où tournoyaient les milans et vautours. Mal à l'aise, OORGAN jetait des coups d'oeil inquiets de chaque côté du défilé. ARAGORN lui fît un geste amical de la main et un sourire. De son côté, VS pensait au lourd volume à fermoir de métal rangé dans sa sacoche. Il n'y avait jeté qu'un coup d'oeil, mais si c'était vraiment tout ce qui restait de la Guilde de la Main Blanche, c'était un trésor sans prix. Et YAZTROMO ? Avait-il péri lors de cette attaque ? Qui étaient ces sept sorciers noirs qu'avait vu le jeune OORGAN ? Le Voyageur fût tiré de ses pensées par ARAGORN. Le Rôdeur leur fît signe de s'arrêter et leva les yeux vers les hauteurs, la main en visière.
- Qu'y a t-il ? demanda VS.
- On nous observe... Il y a quelqu'un ou quelque chose là-haut...
...
ASTUR se traîna le long du couloir de pierre humide. Moulu de fatigue, ses blessures lui cuisant et brûlant le dos, il avait perdu tout repère, toute notion du temps dans ce dédale souterrain. Le découragement et l'épuisement se disputaient son esprit lorsqu'il entendît soudain des voix étouffées et vît une vive lueur devant lui. Il s'approcha, se dissimulant dans la pénombre du passage voûté. Une vaste pièce s'offrait à son regard, aménagée avec un luxe innatendu. De lourdes tentures frangées dissimulaient les murs lépreux, d'épais tapis de laine brodée recouvraient le sol, des meubles de prix provenant de maintes rapines ornaient la pièce. De nombreux coussins et des fourrures jonchaient le sol en une profusion insouciante. Un grand lustre de cristal de Durenor de 40 bougies éclairait l'ensemble et l'humidité était chassée par le feu qui crépitait dans l'âtre de pierre. Au centre de la pièce se trouvait un couple qui semblait attendre en chuchotant à voix basse. ASTUR n'eût aucun mal à identifier l'homme, petit et gras, au visage joufflu, au sourire faux, à la calvitie précoce et au regard de fouine.
"RONAN... Le Grand Maître de la Guilde des Marchands... Qu'est-ce qu'il fout ici ?"
Le deuxième personnage était vraisemblablement une femme, vu ses vêtements et sa silhouette gracieuse sous son ample manteau à capuchon. ASTUR ne pouvait voir son visage de là où il était, mais il voyait qu'elle était hésitante, mal à l'aise... Un bruit de pas se fît entendre, une porte s'ouvrît et un homme entra dans la pièce...
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oorgan
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Dim 24 Juil 2011 - 22:00

Je reprends du service ^^
VS, c'est vraiment déprimant d'écrire après toi Wink
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Dim 24 Juil 2011 - 22:11

Euh, non, je déteste TOLKIEN... J'écris comme ça vient (ça fait un peu prétentieux de dire ça, mais bon... Confused ).
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oorgan
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Dim 24 Juil 2011 - 22:16

Non, vu ce que tu écris, ça ne fait pas prétentieux Wink
Je posais la Question, parce que certains éléments m'ont rappelé cette formidable trilogie (et na).
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Maximus
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Lun 25 Juil 2011 - 15:36

^^
Et bien VS tu travaille bien dis donc , toutes mes félicitations !

Heureux aussi que tu vienne nous rejoindre de nouveau Oorgan ^^
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oorgan
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Lun 25 Juil 2011 - 15:41

Maximus a écrit:
Heureux aussi que tu vienne nous rejoindre de nouveau Oorgan ^^
Merci Smile
Il va juste falloir que je sache les intentions que vous avez pour la suite de ces textes, s'il vous plaît.
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Lun 25 Juil 2011 - 16:11

Faut pas trop en dire, ça fait partie du jeu de devoir s'adapter à ce que le précédent a écrit. En même temps, c'est vrai qu'il faut bien une idée directrice.
Je fais donc un court résumé de l'histoire à l'heure actuelle :
Après un siège éprouvant, l'armée du FORUM avec ADRIAN et de nombreux Seigneurs est en route pour assiéger la forteresse de MAXIMUS.
En ville, où REQUIEM est régent en l'absence d'ADRIAN, un vent de folie souffle : THAURAM a été assassiné, quelqu'un veut faire porter le chapeau à VS. Ce dernier préfère quitter la ville. Le Quartier Sud se soulève à la mort de THAURAM, déclenchant un terrible incendie. Suite à ces évènements, des troubles éclatent. Certains réclament l'abolition de la monarchie et le retour du Conseil et des divinités. Il semble bien que le mouvement soit dirigé secrètement par un mystérieux personnage, le successeur du défunt THAURAM à la tête de la Guilde des Voleurs. Manipulant de hauts personnages comme RONAN, le maître de la Guilde des Marchands, cet inconnu attise les troubles pour renverser le pouvoir d'ADRIAN. Il se sert des foules, les manipule et c'est lui qui a fait tuer THAURAM en faisant accuser VS du meurtre. Qui est-il ? Que cherche-t-il ? Mystère.
Dans le même temps, ADRIAN veut récupérer VS afin que ce dernier persuade la Guilde des Magiciens de venir l'aider contre MAXIMUS. Il envoie donc ARAGORN à la recherche de VS. Mais MAXIMUS le prend de court en détruisant le siège de la guilde. Seul témoin : OORGAN qui réussit à alerter VS et ARAGORN. Pendant ce temps, MILOS tente de persuader ADRIAN de retourner en ville pour sauver son trône menacé.
ASTUR, second de MILOS, est capturé par la Guilde des Voleurs pendant un raid malheureux sur le siège de la guilde au cours du grand incendie. S'évadant, il triomphe du gardien de la guilde et tombe sur une réunion secrète entre RONAN, MURIELLE et un mystérieux inconnu.

DALLAS, à côté, c'est de la daube... Mr. Green
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Jeu 28 Juil 2011 - 18:16

Celui qui venait d'entrer était incontestablement un homme, vu sa carrure et l'énergie farouche qui émanait de lui. Pourtant, il était impossible à identifier : un ample manteau à capuchon l'enveloppait et son visage était dissimulé derrière un masque d'ivoire délicatement ciselé. Il se déplaçait avec l'aisance et l'assurance du guerrier, il n'y avait aucune hésitation, aucun doute dans son attitude. Sa voix, assourdie par le masque, s'éleva sous les voûtes de pierre :
- Et bien RONAN, nous avançons. Les derniers évènements nous servent : le siège, la mort de THAURAM, le grand incendie... La population est en proie au doute, au questionnement... Beaucoup disent que tout ceci ne serait pas arrivé si la ville n'avait pas renié ses dieux. Des voix s'élèvent pour le rétablissement des anciens cultes.
- Certes, Toi qu'on ne doit pas nommer... Mais le pouvoir du Roi est encore bien solide.
- Patience, RONAN, patience... C'est un travail de longue haleine... Distiller le doute dans les esprits... Acheter ceux qui pourraient nous être utiles... Entretenir les rumeurs, les interrogations... Manipuler les foules...
"Cette voix... Je connais cette voix..." pensa ASTUR, dissimulé dans la pénombre, le coeur battant. "C'est quelqu'un que je connais, que j'ai du croiser à la Cour ou ailleurs..." La voix de RONAN le tira de ses pensées :
- Et les Seigneurs ? Ils forment un noyau compact de fidèles autour d'ADRIAN.
L'homme au masque se tourna vers la jeune femme qui venait de baisser son capuchon :
- Mais, c'est là qu'intervient notre amie, n'est-ce pas ? S'il y a bien quelqu'un qui connaît ces anciennes divinités, c'est bien elle... Nous avons besoin de toi en effet, belle MURIELLE. Beaucoup de monde passe dans ta maison. Du beau monde. Nous aimerions y glâner des renseignements, des informations sur les Seigneurs les plus importants. Leurs projets, leurs habitudes, leurs manies... Les confidences sur l'oreiller sont trés utiles souvent... Il y a forcément un maillon faible parmi eux, un que nous pourrions utiliser à notre avantage et à son insu...
MURIELLE hésitait, mal à l'aise. Elle s'était laissé approcher par ces conspirateurs plus par jeu qu'autre chose. Mais le jeu pouvait se révéler mortel pour elle. Elle risquait l'accusation de trahison et la mort si elle était découverte. Et puis, que voulait vraiment cet homme ? Renverser la monarchie, certes, mais après ? Profiter du désordre pour prendre le pouvoir ? D'un autre côté, l'aventurière qui dormait en elle était excitée par cette offre. Elle aimait jouer avec le feu. Sans oublier la récompense... La pensée du pouvoir qu'elle pourrait gagner en trempant dans cette conspiration lui embrasait l'esprit... Elle s'apprêtait à répondre quand la porte s'ouvrît violement, laissant entrer un voleur essouflé :
- Maître ! ASTUR s'est évadé ! Il a tué JEHAN et le singe !
- Imbéciles ! Retrouvez-le et tant pis pour les projets que j'avais le concernant : ne prenez pas de risques, tuez-le ! Il ne doit pas quitter ces souterrains vivant !
ASTUR s'éloigna rapidement dans le couloir voûté, haletant. Il lui fallait s'en sortir et foncer prévenir REQUIEM de ce qui se tramait ici. Au détour d'un couloir, il se retrouva brusquement nez à nez avec deux voleurs tenant un redoutable molosse en laisse...

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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Ven 29 Juil 2011 - 18:15

Le carrosse filait à travers les rues étroites, roulant au galop sur les pavés inondés de lune. A l'intérieur, RONAN s'épongeait le front, l'air affolé :
- Quelle histoire ! Pourvu qu'ASTUR ne nous ai pas découvert : Imagines-tu les conséquences ?
MURIELLE ne répondit pas. Perdue dans ses pensées après leur départ précipité de la Taverne du Hibou, elle regardait défiler les maisons endormies sous les étoiles. En jetant un regard à RONAN, couvert de sueur, tremblant et roulant des yeux affolés, elle sût à quoi s'en tenir : ce couard joufflu aux culottes de soie était capable de les vendre tous pour sauver sa peau. Elle repensa à cet homme mystérieux... Que voulait-il ? Rétablir le désordre et l'atmosphère délétère de l'époque des divinités ? Sans doute pour en profiter et s'y tailler une place de choix... Les Seigneurs du FORUM étaient incapables de s'entendre, ils l'avaient prouvé avec ce Conseil anarchique où chacun défendait ses intêrets. Il serait alors facile pour un homme déterminé de jouer l'un contre l'autre, diviser pour régner... Celà dit, ces mêmes Seigneurs étaient-ils prêts à revenir en arrière ? Pour certains, peut-être, qui sait ? L'idée de ne plus dépendre du Roi, de ne plus avoir de compte à rendre, de retrouver une certaine autonomie était séduisante... Et c'était à elle de deviner lesquels pouvaient se laisser tenter. Elle se tourna vers RONAN qui semblait enfin calmé, la tête appuyée au capiton de la voiture, les yeux fermés :
- Je suppose que la Guilde des Marchands finance ce projet... Que t'as donc promis Celui qu'on ne doit pas nommer en échange ?
- Mais rien de moins que la fonction de ministre des finances, ma chère, répondit le marchand, les yeux brillant de cupidité.
"Pauvre imbécile", pensa MURIELLE. Elle était certaine que si le projet aboutissait, ce gros porc n'aurait guère le temps de s'en réjouir. Pour l'instant, on avait besoin de lui. Pour l'instant...
...
Un soleil éclatant inondait les jardins du Grand Palais. VIC mît sa main en visière pour contempler le poudroiement argenté de la Fontaine du Dieu de la Lune. A ses côtés, REQUIEM jouait nerveusement avec les boutons de nacre de son pourpoint rayé.
- Ainsi, MILOS a réussi à persuader le Roi ?
- Oui, VIC. ADRIAN et l'armée seront bientôt de retour. Il faut que la cité se souvienne qu'elle a un maître à qui obéir.
Le Guérisseur passa amicalement son bras sous celui du Seigneur de la Nuit pour continuer leur promenade :
- Et après, REQUIEM ? Que faire ? Vers quel adversaire nous tourner ? Nous avons conscience d'une menace, certes, mais nous en ignorons les tenants et les aboutissants. Qui est notre ennemi ?
REQUIEM fût empêché de répondre par un page qui accourrait vers eux :
- Monseigneur ! Vite ! On vient de retrouver le capitaine ASTUR à moitié mort dans une ruelle du Secteur Rouge !
- ASTUR ? Il n'est donc pas mort dans le grand incendie ?
Le page reprît son souffle avant de tout raconter : un groupe de jeunes filles allant chercher de l'eau à la fontaine avait découvert le corps lacéré de l'officier, gisant sur les pavés crasseux d'une ruelle sordide au petit matin. ASTUR était inconscient, gravement blessé. Il avait été transféré au Grand Hôpital et n'avait toujours pas repris conscience. REQUIEM et VIC remontèrent les marches de pierre en toute hâte...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Ven 29 Juil 2011 - 19:00

WARLOCK soupira d'aise et s'étira comme un chat paresseux. Il se tourna vers MURIELLE qui lui souriait :
- Je devrais partir plus souvent à la guerre si chaque retour est comme celui-là...
La jeune femme eût un rire en se lovant dans ses bras. Elle n'avait pas jeté son dévolu sur WARLOCK au hasard : le Grand Erudit était une ancienne divinité majeure, il était trés proche de VIC et VS, deux autres Seigneurs non négligeables. Elle pouvait apprendre beaucoup de lui. C'est la raison pour laquelle elle s'était littéralement jeté dans ses bras dés le retour du Roi et de l'armée en ville. Alors qu'il lui caressait les cheveux, elle passa à l'attaque, blottie contre sa poitrine :
- Et bien, tu dois être heureux d'être rentré. Quel dommage que ton ami VS ne soit pas là pour t'accueillir...
Elle le sentît frémir contre elle. Elle poursuivît :
- Mais c'est vrai qu'avec son caractère si indépendant... Son départ n'est pas si étonnant finalement...
WARLOCK la repoussa doucement, la regardant sans comprendre :
- Où veux-tu en venir ?
- Et bien... VS est un homme fort, solitaire et libre, qui n'a pas l'habitude de rendre des comptes... Je me disais que parfois, devoir obéir au Roi doit lui peser, non ?
- Peut-être... C'est vrai que nous n'avons plus le pouvoir d'autrefois, que nous sommes liés au Roi désormais. Mais VS est parti sur demande de REQUIEM, le temps que les choses se tassent après la mort de THAURAM, c'est tout. Mais c'est vrai qu'il y a une drôle d'atmosphère en ville... Même VIC paraît ailleurs, passant des heures au chevet d'ASTUR à attendre qu'il se réveille...
MURIELLE avait un certain contrôle sur elle-même, mais là, elle dû vraiment faire un effort pour rester de marbre :
- ASTUR ? Mais... il est mort dans le grand incendie.
- Et non, ma belle, il est bien vivant. Mordu, blessé et affreusement lacéré, mais bien vivant, quoiqu'inconscient. Il n'est pas revenu à lui depuis qu'on l'a retrouvé.
- Ah oui ? Quelle histoire... Et... Où est-il ? Au Grand Hôpital, je suppose...
- Non, VIC a préféré le faire transporter chez lui, dans sa petite maison près du lac.
Le visage dissimulé contre la poitrine de son amant, MURIELLE se mordît la lèvre au sang.
...
La pièce était sale, sombre, sentait l'urine et l'humidité. Une petite lampe de terre cuite projetait une faible lueur sur un établi chargé de fioles, flacons, cornues et intruments étranges. ALCHEMEC l'alchimiste (les habitants du Secteur Rouge disaient plutôt ALCHEMEC l'empoisonneur) était un vieil homme cagneux et bossu, frileusement drapé dans son châle de laine frangé et rapiécé. Les visites n'étaient pas rares dans sa masure crasseuse et obscure. Mais il était rare d'y voir une superbe femme brune aux yeux verts de chat, à la peau d'ivoire et aux vêtements de prix dissimulés sous un ample manteau à capuchon. La femme déposa la bourse pleine sur l'établi poussiéreux :
- Tu as bien compris ce que j'attends de toi, sorcier ?
- Certes, ma belle enfant, ricana l'alchimiste. Un poison redoutable et foudroyant. Je vais te préparer celà. Mais je dois savoir à qui il est destiné...
- A un homme... Un officier actuellement inconscient... Et qui ne devra jamais se réveiller pour raconter ce qu'il a vu. Fais vite, le temps presse ! Je reviendrai demain.
Le vieillard bossu s'inclina en ricanant, une lueur amusée dans son oeil torve. MURIELLE quitta la masure et remonta dans sa voiture, son capuchon soigneusement rabattu sur son visage. Elle tira les rideaux et donna un ordre. L'attelage s'ébranla en direction du Quartier des Jeux...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Sam 30 Juil 2011 - 17:42

Rien ne filtrait des lourdes portes aux vantaux de laque rouge. ADRIAN, REQUIEM et ALIN s'étaient enfermés dans le cabinet de travail royal, avec ordre de ne pas être dérangé. Assis derrière son bureau derrière une masse de documents, parchemins, livres et rapports, la tête entre les mains, ADRIAN tentait de garder l'esprit clair devant l'avalanche de catastrophes annoncée par REQUIEM. Déjà, les dégats causés par le grand incendie l'avait horrifié, sans parler de la nouvelle de la destruction de la Guilde de la Main Blanche, mais là... Il aurait voulu être sourd pour ne pas entendre les paroles de REQUIEM :
- Il y a clairement quelqu'un derrière tout ceci... Quelqu'un qui cherche à nous diviser, nous dresser les uns contre les autres... Quelqu'un qui a fait tuer THAURAM en faisant accuser VS, qui a déclenché ces émeutes, cet incendie, qui manipule la Guilde des Marchands...
- Mais qui, bon sang ? demanda ALIN. Que cherche ce conspirateur, que veut-il ?
- C'est évident, rétorqua le Seigneur de la Nuit. Il veut le retour des anciens cultes, la fin du pouvoir royal, le retour du Conseil et des divinités.
REQUIEM laissa passer un silence avant de reprendre :
- Il cherche à revenir à cette époque pour mieux s'emparer du pouvoir. S'il réussissait, il pourrait jouer d'un dieu contre un autre, pour mieux promouvoir ses ambitions... Et il manipule les foules en ce sens... Il utilise la peur des gens... Après ce siège terrible, les émeutes et le grand incendie, lui et ses agents répandent l'idée que celà ne serait jamais arrivé si la ville n'avait pas rejeté ses dieux...
ADRIAN se leva, marchant nerveusement, son manteau de soie écarlate glissant sur le parquet à croisillons. Il alla à la fenêtre pour contempler les jardins, les mains croisées dans le dos :
- Il nous faut réagir, frapper vite et fort.
- Mais vers qui nous retourner ? s'emporta ALIN. Cette menace est d'autant plus insidieuse qu'elle est invisible, comme un tigre caché dans les hautes herbes.
- RONAN, fît REQUIEM. Je suis sûr que ce gros porc sait bien des choses.
ALIN secoua la tête :
- Ce n'est pas assez pour entamer une procédure contre lui. J'ai besoin de preuves tangibles.
- Ah oui ? Tu ne t'embarrassais pas de tels scrupules autrefois pourtant...
La phrase de REQUIEM fût suivie d'un silence étonné.
- Que veux-tu dire ?
- Quand tu étais le dieu de la justice, tu envoyais qui te plaisait à la Prison des Ames Perdues ou même au bûcher... Tu dois regretter ce bon vieux temps, non ?
- Assez ! tonna ADRIAN. Imbéciles ! Vous jouez le jeu de nos ennemis avec vos querelles stériles, ne le voyez-vous pas ? J'ai besoin d'avoir mes Seigneurs unis autour de moi, pas se querellant sans raison ! WARLOCK tourne la tête sur mon passage parceque je lui refuse les crédits pour rebâtir son domaine, VS s'est retourné contre moi avec l'évasion de THAURAM... Vous ne trouvez pas celà suffisant ? Vous voulez donner raison à nos ennemis ? Laissez-moi maintenant, je veux être seul.
...
Les rideaux tirés ne laissaient pas passer la lumière. Il y avait foule ce soir à la maison de jeux d'ALBATUR. Les gens allaient et venaient entre les tables de jeu, au milieu des conversations feutrées et du cliquetis des pièces d'or, s'attardant plus longuement autour d'un groupe de joueurs. MURIELLE avait hésité à venir ce soir, mais elle avait besoin de se changer les idées. Le poison était prêt, mais comment parvenir jusqu'à ASTUR sans éveiller les soupsons et comment lui administrer ? Elle sursauta quand NEMEION se pencha vers elle :
- C'est à toi de jouer, MURIELLE... Où es-tu donc ?
La courtisane se reprît, tourna vers le guerrier un sourire radieux à la lumière des bougies et abattît ses cartes sur le tapis de velours vert :
- En effet, mon esprit vagabondait, Seigneur... Tournoi de rois.
Un murmure parcourût la table devant cette combinaison, la plus élevée du jeu. Le croupier poussa un petit tas d'or vers la jeune femme sous les applaudissements. RAPHA prît galament sa main pour la baiser :
- Tu vas faire rougir la déesse de la chance, belle MURIELLE.
De l'autre côté de la table, JARETH réagît en battant les cartes :
- Mais quelle déesse, RAPHA ? Il n'y a plus de dieux au FORUM, l'oublies-tu ?
- Certains semblent le regretter dirait-on... Depuis notre retour en ville, je n'ai jamais vu autant de monde autour des anciens temples... Il y a de quoi se poser des questions...
JARETH fût empêché de répondre par une voix sévère :
- Il n'y a pas de questions à se poser, tonna MILOS qui se tenait debout derrière le siège de SQUALLION.
RAPHA eût un rire moqueur en jouant avec les boutons d'or gravé de son pourpoint matelassé :
- Ah, évidement, dés qu'on s'attaque aux règles, le gardien du temple réagit... N'aie-je donc pas le droit d'émettre une opinion, MILOS ?
- Tes paroles sont insultantes envers le Roi, RAPHA.
- Je suis encore libre de dire ce que je veux, je pense. Ou aie-je perdu ce droit en même temps que ma divinité ? Discuter du Roi est-il un crime ?
Le ton montait et les spectateurs se jetaient des regards inquiets. JARETH tenta de changer de sujet, mais MILOS était trop impétueux et avait l'orgueil trop à vif pour ne pas réagir :
- Je me sens insulté par tes paroles. Je demande réparation.
- A ta disposition.
- Un duel au premier sang. Aux Jardins de BALTHUS, dans une heure. Un de mes hommes me servira de témoin.
MURIELLE posa sa main sur celle de RAPHA :
- Permet-moi d'être ton témoin, Seigneur.
Tout le monde s'écarta pour laisser sortir les deux hommes. ALBATUR n'était pas présent ce soir, mais son épouse était là. Elle saisit le bras de JARETH en une prise farouche :
- Vite, mon ami ! Galope au palais et préviens le Roi, il faut arrêter cette folie !
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Dim 31 Juil 2011 - 18:53

"Le Roi !"
Toute la Cour, rangée en une double haie, s'inclina comme un seul homme. Précédé des hommes de la Garde d'Or, ADRIAN apparût, tenant ANTARES par la main, suivi de REQUIEM, ALIN et son épouse, WARLOCK et VIC. Les lumières des lustres de 40 bougies éclairaient la scène d'une manière féerique, faisant étinceler les broderies, satinant les pierreries ornant les tenues. Jamais les femmes n'avaient été aussi belles, les hommes aussi rayonnants. ADRIAN avait voulu que cette fête soit fastueuse, éclatante, pour bien montrer que la monarchie était toujours là, toujours forte et rayonnante. Souriant, le Roi progressait lentement, les épaules parées d'une lourde chaîne d'or martelé d'où pendait le symbole du FORUM en médaillon. ANTARES, qui représentait YAVANNA en son absence, était toute aussi radieuse. REQUIEM suivait, son lourd manteau de satin noir glissant sur le marbre comme un sombre pétale, suivi d'ALIN en vert et or, tenant la main de sa femme au cou cerclé de cinq rangs de perles roses, sa robe brodée de jonquilles d'or. WARLOCK, en pourpoint matelassé de velours vert à boutons d'ivoire se pencha vers VIC qui, son bras passé sous le sien, lui parlait à voix basse :
- Où est donc MILOS ? Il est de service ce soir, normalement.
- J'en suis aussi surpris que toi, chuchota le Grand Erudit en s'asseyant.
Sur un signe du Roi, les musiciens commencèrent à jouer. ADRIAN et ANTARES ouvrirent le bal, les autres couples suivant sur le sol jonché de pétales de roses. WARLOCK jouait nerveusement avec ses gants, l'air préoccupé, en regardant évoluer les danseurs sous les lumières :
- Cette fête est-elle vraiment nécessaire, surtout en ce moment ?
VIC eût un sourire en reposant son verre de vin :
- La fête est aussi un moyen de gouverner, mon ami. De montrer la stabilité et la solidité du royaume.
WARLOCK soupira. Négligeant le regard effronté et mutin de certaines dames derrière leur éventail, il jeta un oeil vers le siège vide de VS et se mordît la lèvre. Les applaudissements clôturaient la première danse quand un messager entra, hors d'haleine, et alla chuchoter à l'oreille du Roi. ADRIAN devînt livide, l'air effaré, avant de se lever brusquement et de quitter la salle :
- WARLOCK, avec moi !
...
Les lames se heurtaient dans le fracas de l'acier sous les étoiles et les épaisses frondaisons. Les deux hommes étaient des guerriers éprouvés, mais MILOS gagnait du terrain. RAPHA faiblissait, reculait... Hormis le tintement du métal et la respiration haletante des combattants, le silence de la nuit régnait sur les Jardins de BALTHUS. En retrait, les témoins se tenaient prés des voitures éclairées par les lanternes. Au même moment, un galop sourd se fît entendre, faisant se tourner les têtes, une voix tonna :
- Arrêtez ! Cessez, c'est un ordre !
- Le Roi !
Les duellistes et les témoins s'écartèrent, s'inclinèrent. Blême de rage, ADRIAN stoppa sa monture écumante et se pencha sur sa selle de cuir ouvragé :
- Vous êtes fous ! Quelle est cette démence ?
- Une affaire entre lui et moi, Seigneur Roi, répondît MILOS.
- Tu devrais être au palais ce soir, tu es de service auprès de moi, l'aurais-tu oublié ? Je ne peux accepter ce genre de stupidité. Nous en reparlerons au palais demain. En attendant, rendez vos épées à WARLOCK et rentrez chez vous.
- Seigneur Roi...
- C'est un ordre, RAPHA !
A contrecoeur, les deux hommes obéirent pendant qu'ADRIAN tournait bride. Ulcéré, RAPHA regagna sa monture à grandes enjambées, suivi par MURIELLE.
- Comment ose-t-il ? Il n'a pas à intervenir dans cette affaire, maugréa le Seigneur des Atlètes en prenant la bride de sa monture.
MURIELLE caressa sa joue fiévreuse :
- Comme je te comprend, mon ami. Hélas, les temps ont changé, n'est-ce pas ? Autrefois...
- Oui... Autrefois, c'était différent... Merci de me comprendre, MURIELLE.
RAPHA prît sa main, la baisa, avant d'enfourcher son cheval et de quitter le parc à bride abattue, en un galop furieux. La courtisane eût un sourire calculateur. Elle avait peut-être trouvé celui qu'elle cherchait... Soudain, un homme fût prés d'elle. C'était "Trois mains" le voleur qui lui servait d'agent de liaison avec Celui qu'on ne doit pas nommer :
- Vite, ma Dame ! Le Seigneur VIC est au palais, c'est l'occasion de nous débarasser d'ASTUR. As-tu le poison avec toi ?
- Oui, rassures-toi.
- Alors, viens ! Il faut faire vite. Je réussirai à nous introduire dans la maison du Guérisseur.
La prenant par le bras, il l'entraîna vers les chevaux qui attendaient non loin. Un hibou hulula dans le lointain...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Mar 2 Aoû 2011 - 19:36

MURIELLE tâtonna dans la pénombre, trouva le loquet secret et l'actionna. La porte de service s'ouvrît sans un bruit. La jeune femme eût un sourire : VIC avait été bien avisé de lui révéler autrefois cette entrée de sa maison. Bien naïf, plutôt...
- Attends-moi ici. Si tu entends des cris, vas-t'en, ordonna-t-elle au voleur.
Une fois dans la maison, la courtisane se dirigea à tâtons vers le grand escalier, prenant garde à ne pas heurter un meuble ou renverser un objet. ASTUR devait être dans une des chambres du premier. MURIELLE était assez souvent venue pour être familière des lieux. Sans bruit, elle monta l'escalier, le coeur battant mais l'esprit clair, enfila le couloir plongé dans la pénombre et s'arrêta devant une porte. Délicatement, elle l'ouvrît. La chance lui souriait : le verrou n'était pas poussé. Silencieuse, elle entra dans la petite chambre. Une odeur d'herbes médicinales et de camphre flottait dans l'air. Il faisait sombre, mais la lune filtrant à travers les volets lui permettait de discerner le lit aux draps défaits. Un lit vide... Avant d'avoir pu s'en étonner, elle sentît une présence derrière elle.
- Bonsoir MURIELLE...
ASTUR se tenait debout, appuyé au mur orné de fresques, les yeux flamboyant de haine. Son visage était creusé, ses traits tirés et ses paupières gonflées. Son torse nu était ceinturé d'un large ruban de bandages taché de sang séché, son corps parcouru de morsures et de griffures. Mais il était bien vivant... et bien conscient.
- Je me doutais bien que quelqu'un viendrait tenter d'achever le travail...
Avec un cri de rage, il se jeta sur elle, fou furieux. Ils roulèrent à terre, enlacés, sur le sol de mosaïques, renversant table et tabourets. Elle se débattait furieusement, jurant et cherchant à le griffer, mais il lui tenait fermement les poignets et elle ne pouvait rien contre sa force.
- Catin ! Tu vas payer ta traîtrise ! Avant de t'envoyer en jugement, je vais te faire regretter ce que j'ai subi !
Il arracha son corsage, déchirant la soie brodée.
- Non ! Nooon !
Des voix et du bruit se fîrent entendre au rez-de chaussée : VIC rentrait de la soirée au palais, accompagné par WARLOCK qui devait dormir chez lui ce soir là. Surpris, l'officier relâcha sa prise et MURIELLE en profita pour se dégager :
- A moi ! Au secours ! Au secours ! Aidez-moi !
Des jurons, un bruit de pas précipités dans l'escalier, la porte qui s'ouvre, l'éclat d'une lampe... VIC resta figé sur le seuil de la porte devant la scène, puis WARLOCK se précipita pour ceinturer ASTUR qui voulait se jeter à nouveau sur MURIELLE.
- Lâche-moi ! Mais lâche-moi !
- Arrête, bon sang, tu es fou !
Le Grand Erudît réussit à maintenir ASTUR, trop affaibli par ses récentes blessures. VIC se précipita pour relever MURIELLE. La jeune femme se jeta dans ses bras en sanglotant, son esprit vif déjà au travail :
- VIC, oh, VIC, ne me laisse pas ! Protège- moi, il... il a voulu me violer !
- Quelle est cette folie ? Que diable fais-tu ici MURIELLE ?
- Oh, VIC, c'est horrible... Mes migraines... Ces terribles migraines m'ont repris... Et je n'avais plus de cette infusion que tu m'avais donné pour me soulager... Je suis venu t'en demander... Je suis rentré par la porte de service, comme tu me l'avais indiqué... Pour ne pas déranger tes esclaves... Je m'apprêtais à t'attendre quand... Quand il est arrivé... Oh VIC, il avait le regard d'un fou, d'un animal ! Avant que j'ai rien pu faire, il s'est jeté sur moi... Oh, par les dieux...
La courtisane éclata en sanglots convulsifs. A sa faculté de jouer la comédie s'ajoutait sa peur, réelle.
- C'est faux ! Ne la croyez pas, elle ment ! implora ASTUR en tentant d'échapper à l'étreinte de WARLOCK.
- Es-tu donc un animal ou tes blessures t'ont-elles rendu fou ? demanda le Guérisseur. Je te soigne, je t'abrite sous mon toit et tu te conduis ainsi ? Regardes dans quel état de terreur elle est ! Tu crois qu'elle jouerait la comédie ? Et pour quelle raison ? Esclaves, à moi !
Trois robustes esclaves entrèrent dans la pièce et ceinturèrent l'officier qui se débattait comme un forcené.
- Emmenez-le ! Enfermez-le dans la cave et apellez la milice. Qu'il soit transféré à la caserne de Tiburce immédiatement ! Et faîtes-le taire !
ASTUR, vociférant et pleurant, fût emmené sans ménagement. WARLOCK alla s'asseoir auprès de MURIELLE et posa son manteau sur ses épaules tremblantes :
- Comment te sens-tu ma chérie ?
- Oh, WARLOCK... Je me sens... salie... J'ai honte...
- Non, ma chérie, c'est lui qui devrait avoir honte, fît VIC. Ses blessures ont du le rendre fou. Allez, viens, mes esclaves vont prendre soin de toi, tu vas dormir ici cette nuit. Tu verras, tout ira mieux demain.
- Merci VIC, oh, merci...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Jeu 4 Aoû 2011 - 18:51

Les doigts fins aux ongles nacrés caressèrent doucement l'ovale du visage, glissant le long des traits délicats. Dans le miroir, MURIELLE sourît : sa beauté était intacte malgré la violence d'ASTUR à son encontre. Elle prît sa brosse à cheveux et tout en coiffant ses mèches brunes, elle réfléchît. Elle n'était pas sortie d'affaire pour autant... ASTUR était un officier de valeur, fidèle second de MILOS et qui s'était comporté avec bravoure durant le siège. Il allait avoir droit à un procès et ce serait sa parole contre la sienne. Elle avait l'impression de marcher sur une fine pellicule de glace à la surface d'un lac gelé... Le moindre faux pas pouvait entraîner une catastrophe...
...
ARAGORN descendît de cheval et se dirigea vers la paroi plongée dans la pénombre. Il leva les yeux et son regard accrocha le vertige de la falaise sculptée. Là- haut, un ruban de ciel d'un bleu dur se dessinait, comme une déchirure, entre les deux rangées de statues colossales. Les chevaux, nerveux, s'ébrouèrent tandis que le Rôdeur commencait à escalader un tas d'éboulis avec la souplesse d'un grand chat. La lumière du jour naissant découpait les statues de manière étrange, leur donnant des formes fantastiques et torturées. Une mince silhouette apparût soudain, sortant d'une anfractuosité et s'approcha en pleine lumière. ARAGORN banda son arc, une flèche encochée, prêt à tirer. VS, debout sur sa selle, la main en visière, poussa un juron sonore :
- ZULA !
La jeune esclave à la peau d'ébène les rejoignît rapidement. Elle bût avidement à la gourde de cuir que lui tendît OORGAN avant d'entamer son récit :
- Je désespérais de te retrouver, mon maître. Après la mort de THAURAM, j'ai été poursuivie par son assassin. Ils ne voulait pas laisser de témoin derrière lui... J'ai dû fuir la ville et je me suis réfugiée ici, vivant maigrement de petit rongeurs et d'oisillons, buvant l'eau des sources, endurant le froid coupant des nuits et la fournaise du jour... A bout d'espoir et de forces, je m'apprêtais à rentrer en ville quand je rencontrais un riche marchand et son escorte. L'homme fût bon avec moi et il me donna des nouvelles, disant que tu avais quitté la ville, mais que tu t'apprêtais à y revenir. J'ai donc décidé de t'attendre...
VS réfléchissait, appuyé à la muraille rocheuse, les sourcils froncés :
- ZULA, as-tu vu qui était l'assassin de THAURAM ?
- Oui, Maître. C'est BAYADA, l'esclave-étrangleur de RONAN.
Un silence pesant s'abbatît sur le défilé, troublé par le vol d'un couple de milans.
- RONAN a fait tuer THAURAM... murmura ARAGORN.
- Oui Seigneur. J'ai vu ensuite BAYADA poser le médaillon de mon maître près du cadavre pour lui faire endosser le meurtre. C'est alors qu'il m'a aperçu et s'est jeté à mes trousses.
- Mais pourquoi RONAN ? questionna OORGAN. Il est bien trop lâche et couard pour faire ce genre de choses...
- Il a sûrement été manipulé par quelqu'un... fît VS. Il faut que ZULA témoigne de tout celà.
- C'est une esclave, rétorqua ARAGORN, personne ne la croira. Son témoignage est sans valeur. On dira qu'elle accuse à tort RONAN pour te couvrir.
VS fît quelques pas, le visage fermé. Devait-il vraiment rentrer au FORUM où beaucoup le considéraient comme le meurtrier de THAURAM ? ADRIAN lui pardonnerait-il l'évasion de l'ancien roi des voleurs ? Rien n'était moins sûr. Justement, s'il lui amenait la preuve d'un complot contre lui, il pourrait monnayer son retour en grâce. Mais il n'avait que le témoignage d'une esclave... Le Voyageur regarda l'horizon poudreux, ocre et brûlé de lumière qui s'ouvrait au-delà de la passe. Tout son être lui criait de partir, de retrouver sa liberté. Il se mordît un pouce au sang.
...
La nouvelle de ce qui s'était passé chez VIC arriva au Grand Palais à huit heures. A huit heures dix, on entendait les cris de rage du Roi jusqu'à l'Arsenal. GWINETH, elle, ne cachait pas sa satisfaction. Tout ce qui pouvait affaiblir son rival était bienvenu :
- Je suis certaine que MILOS va défendre son protégé... Je te parie qu'il sera là avant une heure pour te réclamer une audience...
La seule réponse fût le fracas rageur d'une porcelaine précieuse sur le marbre. A neuf heures, ADRIAN reçût ce qu'il craignait depuis une heure : une demande d'audience de MILOS...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Ven 5 Aoû 2011 - 19:59

Une bûche craqua dans un crépitement d'étincelles. Le feu flambait haut et fort dans l'âtre de pierre, éclairant la pièce d'une lueur dansante. Dehors, une chouette hulula dans les arbres. Assis prés du feu, VS restait perdu dans ses amères pensées, immobile comme un sphinx. Il leva la tête quand ARAGORN entra dans la pièce.
- Il dort ?
- Oui, ça y est. Notre jeune OORGAN est tombé dans les bras de Thémée et Attis, les nymphes du sommeil. Notre long voyage de retour l'a épuisé.
Le Voyageur eût un sourire :
- Il est résistant et solide pour son âge et il s'est conduit avec bravoure pendant le siège. Mais il est encore jeune.
- Certes.
Le Rôdeur tira un siège pour s'asseoir en face du maître des lieux.
- VS, pourquoi nous être arrêtés ici, dans ta maison des collines au lieu d'entrer en ville ?
- Vois les choses en face, ARAGORN. Je suis suspect de trahison pour avoir fait évader THAURAM et je passe pour l'avoir tué ensuite. Les émeutes qui ont suivi ont été violentes, sans parler du grand incendie. Je ne suis pas certain que le Roi m'accueillera à bras ouverts...
- Je suis maintenant persuadé que tout ceci est le fait d'un noir complot. Tout est organisé, planifié, afin de semer le trouble et le désordre en ville et de séparer les Seigneurs du Roi.
- Peut-être... Mais nous n'avons aucune preuve de tout celà. Je dirais même que celui qui est derrière tout ça doit espérer mon retour.
ARAGORN haussa un sourcil étonné.
- Pourquoi ?
VS se leva, prît les pincettes et tisonna le feu, s'épousseta les mains avant de répondre :
- Si je rentre en ville, certains risquent de m'accuser de trahison. Et d'autres, comme VIC ou WARLOCK, seront de mon côté. Il en résultera une nouvelle division, de nouvelles tensions. Celui qui est derrière toute cette machination n'attend que ça, tu peux en être sûr.
- Certes, mais nous avons fait un serment envers le Roi. Nous devons lui offrir notre soutien quoiqu'il arrive. Si tu pars, pour tes ennemis, ce sera la preuve de ta culpabilité.
- Peut-être as-tu raison...
...
Il y avait foule dans la grande galerie du palais en ce matin ensoleillé. Un jour lumineux éclairait les marbres polychromes et les fresques ornant les murs. Les fenêtres ouvertes sur les jardins laissaient entrer les odeurs miellées et acides de ce début de printemps. Une bonne partie de la Cour était là, ainsi que plusieurs Seigneurs. Tout le monde attendait le passage du roi qui quitterait ses appartements pour rejoindre la salle des audiences. Pour les ambitieux, les courtisans, c'était le moment de se placer, de se faire remarquer, de demander une faveur... Près des portes d'airain aux lourdes poignées de bronze se tenait MILOS, bavardant avec ses officiers en cuirasse, le casque à plumes sous le bras, le manteau de soie bleue tombant à leurs pieds bottés, le glaive dans son fourreau d'argent travaillé. Un peu plus loin, RAPHA, entouré des gens de sa maison, l'air sombre, s'éventait nerveusement avec sa toque de feutre ornée de plumes de héron. JARETH, vêtu d'une robe noire ornée de broderies cabalistiques, les doigts chargés de bagues, un bandeau de tissu rayé dans les cheveux, bavardait avec ALBATUR et sa femme. Un murmure se fît soudain : à l'autre extrémité de la galerie, VS venait d'entrer. La barbe soigneusement taillée, le visage reposé, habillé d'une tunique de lin rayée à ceinture de cuir tressé, drapé dans une lourde toge de satin bleu nuit aux agrafes de perles roses, il s'avança, au milieu d'une tempête de courbettes. En passant devant RONAN, il lui décocha un regard mauvais et le gros marchand frissonna. Il baisa galament la main de MURIELLE, puis rejoignît le groupe des Seigneurs. Derrière lui, les chuchotements et les murmures allaient bon train.
- Ainsi, tu es de retour, fît MILOS d'une voix plutôt froide.
- Certes. Le Roi m'a envoyé chercher par ARAGORN et je suis donc revenu.
- Tu n'as pas toujours été aussi empressé à le servir ces derniers temps, grinça le rude guerrier.
Avant que VS ait pu répondre, une voix douce et ferme se fît entendre :
- MILOS, il faut des preuves pour accuser les gens et non pas des rumeurs...
Le guerrier à la double hache s'inclina devant la femme d'ALIN. Cette dernière tendît sa main au Voyageur :
- Sois assuré que mon époux et moi-même nous réjouissons de ton retour.
- Merci, Ma Dame.
- Ton retour est une bonne chose en effet, fît ALBATUR. Le Roi a besoin de tout notre soutien. Nous traversons des heures difficiles.
- En effet... J'ai vu les ravages de l'incendie à mon entrée en ville... Effrayant... Toutes ces familles qui ont tout perdu... Tant de bouches à nourir... A loger...
MILOS haussa ses robustes épaules bardées d'acier :
- Nous avons suffisament d'or dans nos caisses pour leur venir en aide.
- Certes, mais de lourdes dépenses sont néanmoins prévues, rétorqua ALBATUR. Et peut-être des hausses d'impôts. Ce n'est pas demain que WARLOCK obtiendra les crédits pour réparer les dégats causés à son domaine pendant le siège, je le crains...
- Je pense que...
- Le Roi !
...

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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Sam 6 Aoû 2011 - 14:32

Tout le monde s'inclina tandis que les lourds vantaux s'ouvraient lentement. Le visage fermé, ADRIAN s'avança entre la double haie de courtisans, MILOS et ses officiers lui emboîtant le pas. Le roi détestait ce moment, cette impression d'être un animal curieux, un phénomène de foire livré aux regards et murmures... D'habitude, il accélérait le pas pour traverser la galerie au plus vite, mais pas aujourd'hui. Il fît un effort en saluant l'ambassadeur de Vassagonie, le représentant de la Guilde des Pêcheurs, bavarda un instant avec l'envoyé spécial du Seigneur AZZUR de Port- sable noir, puis s'arrêta enfin devant VS.
- Ainsi c'est donc vrai. Te voici de retour...
- J'étais parti sur ordre de REQUIEM, Seigneur Roi. Tu as envoyé ARAGORN me chercher, alors je suis revenu.
- Malgré les soupsons qui pèsent sur toi ? Beaucoup, moi le premier, te croient responsables de l'évasion de THAURAM. Sans parler de sa mort et des sombres évènements qui en découlent...
- Si tu m'accordes une audience privée, je serai à même de t'expliquer...
- Ta demande est rejetée, coupa ADRIAN d'un ton sec. Je ne veux plus te voir à la Cour jusqu'à nouvel ordre.
Le roi reprît son chemin, laissant derrière lui une traînée de murmures et chuchotis stupéfaits. Livide, les poings serrés, VS restait incliné, un goût amer dans la bouche. La pression d'une main amicale sur son épaule le fît se relever. A sa surprise, c'était RAPHA qui lui souriait.
- Tu as tout mon soutien, Voyageur. Comment le Roi peut-il te traiter ainsi, te refuser une audience ? A toi, qui fût autrefois une divinité majeure, qui a tant fait pour le FORUM ? C'est incroyable ! C'est aussi injuste que l'exil de MARMOUSCULE autrefois ! N'y a-t-il plus aucun respect ?
VS allait répondre, mais MURIELLE le coupa, s'invitant dans la conversation.
- Je suis bien d'accord avec toi, Seigneur. Quelle ingratitude ! Comment un Seigneur tel que le Voyageur peut-il être traité de la sorte ?
La courtisane jeta un regard en coin à VS, toujours silencieux. Il avait un point faible : son orgueuil. Et elle le savait. RAPHA prît la main de la jeune femme, la posa sur sa poitrine :
- MURIELLE, toi au moins, tu sais tenir ton rang et nous comprendre. Autrefois, ceci ne serait pas arrivé. Autrefois, le Roi n'aurait pas osé.
L'intriguante agita son éventail, faussement confuse :
- Certes, mais...
Elle jeta un regard vers les groupes de courtisans qui bavardaient. Beaucoup les observaient à la dérobée.
- Ce n'est guère le lieu pour parler de ceci. Viendriez-vous chez moi, ce soir ? Je donne une petite fête et je serai heureuse de vous y recevoir.
- Avec plaisir, fît RAPHA tandis que VS se contentait d'incliner la tête en silence.
...
"Du pain ! Du pain !"
La foule s'agglutinait autour du chariot chargé de victuailles, effrayant les chevaux. Juchés au sommet, les esclaves de VIC distribuaient les miches de pain, les sacs de riz, la viande séchée et le fromage aux mains avides qui se tendaient. Tout autour, un paysage de ruines noircies, de bâtiments effondrés et de gravas étendait sa désolation. Un goût de cendres et de poussière imprégnait l'air, même une semaine après le grand incendie. VIC en personne participait à la distribution, avec un mot d'apaisement, un sourire, pour ces visages désespérés et anxieux qui s'éclairaient à ses paroles. C'est alors qu'il aperçut VS qui venait vers lui. Le Voyageur ne s'était pas changé et offrait une image déplacée avec sa tenue luxueuse dans ce décor sinistre et noirci où tournaient les corbeaux. Les deux hommes se serrèrent affectueusement dans les bras l'un de l'autre, puis VS, sans façons, aida le Guérisseur dans sa tâche.
- Je suis au courant pour ton exil de la Cour.
- Je n'ai pas envie d'en parler VIC.
- J'imagine...
Au même moment, une vieille femme à qui VIC venait de donner une miche de pain et une gourde d'eau saisît la main du guérisseur, y portant ses lèvres desséchées :
- Merci Divinité ! Sois béni, Dieu des Guérisseurs, et protège tes enfants !
Il y eût un silence gêné. VIC se pencha, caressa paternellement la joue ridée et creusée par la faim :
- Je ne suis pas, je ne suis plus un dieu, femme.
- Pourtant, tu es là, Divinité, et tu nous aides. De même que le Divin Voyageur. Tu as guéri ma fille aurefois, alors que la fièvre la rongeait. Je n'avais pas assez d'or pour payer ses soins, je suis allé à ton temple et me suis jeté à tes pieds, implorant ton aide. Et tu m'as entendu, tu l'as guéri, sans rien me demander. Aujourd'hui, c'est à moi que tu viens en aide. Tu es mon dieu et personne ne pourra rien y changer.
La vieille repartît, son pain et son eau sous le bras. Autour d'elle, la foule restait silencieuse. VIC et VS se regardèrent longuement.
Non loin de là, deux silhouettes enveloppées dans leur manteau au capuchon rabattu observaient également la scène, dissimulées dans l'ombre des ruines. Le voleur surnommé "Trois mains" se tourna vers son maître :
- Ne vas-tu rien faire ? Normalement, ce devrait être à nous de venir en aide à ces gueux, afin de renforcer notre influence auprès d'eux et assurer ainsi notre mainmise sur le quartier.
Celui qu'on ne doit pas nommer eût un sourire mauvais :
- Imbécile... L'initiative de VIC me sert encore plus efficacement, ne le vois-tu pas ? La réaction de cette pauvre vieille en est la meilleure preuve. Le temps travaille pour nous... Chaque jour, le fossé se creuse un peu plus... A mon avantage... A MURIELLE de jouer maintenant avec RAPHA et VS. Elle a les moyens de les faire basculer.
- A condition qu'ASTUR ne vienne pas tout faire foirer, Maître.
- Oui, tu as raison. Il faut le faire taire et vite, avant son procès. Viens, nous avons du travail.
...
Surpris, WARLOCK reposa le livre relié de cuir qu'il tenait et se tourna vers son visiteur :
- Aie-je bien entendu ? Tu me proposes de m'aider financièrement pour réparer les dégats subis par la Maison du Savoir et de la Connaissance ?
- Mais oui Seigneur, répondît RONAN, tout en se gavant avec les dragées disposées dans un bol de porcelaine posé à sa portée.
- Et... D'où te viens cette subite générosité ? D'habitude, tu t'interesses plus aux danseuses et filles de taverne qu'aux livres et à l'érudition...
Le marchand toussota pour chasser une poussière de sucre avant de répondre :
- Certes, mais n'est-il pas inconvenant qu'un édifice comme le tien reste ainsi, sans être restauré ? Je trouve que...
- Assez !
Le Grand Erudît balanca son livre d'un geste rageur avant de se planter devant le marchand joufflu, le vrillant du regard :
- Ne me prends pas pour un imbécile RONAN ! Qu'attends-tu de moi en échange de ton or ?
- Ta protection. Ton aide si... si quelqu'un me voulait du mal. En échange, je suis prêt à te donner 10 000 pièces d'or pour les travaux.
Sur ce coup là, RONAN n'agissait pas sur ordre. C'est lui-même qui avait pris cette initiative, sans en parler à personne. Son calcul était simple : il était certain que VS savait que c'était lui qui avait fait tuer THAURAM. Cette maudite esclave, ZULA, avait assisté au meurtre et avait dû tout lui raconter. Tôt ou tard, il devrait subir sa colère. Le seul capable de détourner cette colère, c'était WARLOCK. Et quel meilleur moyen pour le mettre dans sa poche que financer ces travaux que le roi lui refusait ?
- Qui te voudrait du mal ?
- Peu importe. Jure sur ton honneur de me protéger si l'on s'en prend à moi et la somme sera à toi dés demain.
- Je vais réfléchir...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Lun 8 Aoû 2011 - 19:16

Le plan de RONAN aurait pu fonctionner, mais le destin s'en mêla. Apprenant que VS était de retour, WARLOCK décida d'aller le saluer.
Malgré un début de printemps ensoleillé, une brume légère et vaporeuse s'étendait sur les collines et les hauts plateaux bordant l'ouest de la ville. Ici, l'humidité restait élevée, les dernières pluies avaient rincé le ciel, donnant au vert de la végétation un éclat profond et mat. Dans les champs cultivés se succédant en gradins, les cueilleurs étaient à l'ouvrage, leur hotte de raphia sur le dos, courbés pour détacher les feuilles des plans de thé. La découverte des vertus de cette plante par les herboristes de VARETTA des années plus tôt avait fait naître un commerce lucratif. De nombreux esclaves travaillaient dans les plantations, sous la vigilance et le fouet de cuir tressé des contremaîtres gobelins de JARETH. WARLOCK inspira profondément en descendant de cheval : à cette altitude, l'air était si frais, si tonique... Il ne tarda pas à apercevoir la haute silhouette de VS se découpant sur les crêtes violettes et le ciel d'un bleu pur et il lui fît signe, agitant sa toque de feutre noir à plumes d'ibis. Après une accolade chaleureuse, les deux amis entamèrent la promenade, bras dessus-dessous :
- Je ne pensais pas te trouver ici...
- J'avais besoin de prendre de l'altitude, répondît le Voyageur avec un sourire mi-figue, mi-raisin. Laissons celà, comment vas-tu ?
- Plutôt bien. Je pense avoir trouvé l'or nécessaire pour restaurer mon domaine.
VS eût un regard surpris :
- Vraiment ? As- tu trouvé un trésor dans un tombeau oublié ?
- Non, non, fît WARLOCK en riant. Seulement un généreux mécène... RONAN accepte de financer le projet. Je ne peux plus attendre, je dois reconstruire la Grande Bibliothèque, je ne peux laisser mes précieux volumes dans leur cache souterraine éternellement et... VS, qu'est- ce que tu as ? On dirait que tu as vu un fantôme... Bon, d'accord, RONAN vendrait sa mère pour trois pièces de bronze, mais bon...
- RONAN... Et... Quelle est la contrepartie de sa générosité ?
- Ma protection et mon soutien. Pourquoi ?
VS se mît à tourner en rond, foulant la menthe sauvage à grandes enjambées rageuses, avant de se retourner :
- RONAN a fait tuer THAURAM par BAYADA, son esclave. Il s'est arrangé pour faire croire que j'étais le commanditaire du meurtre. ZULA a assisté à la scène et m'a tout raconté. RONAN le sait. Il t'a proposé ce marché pour que, lié par ta parole, tu le protèges de ma vengeance.
Un épais silence régna un long moment. Les dents serrées, le Grand Erudit serrait sa cravache entre ses mains comme s'il voulait la tordre, marmonnant entre ses dents :
- L'infâme pourriture... Il a voulu se servir de moi... Naïf que j'ai été...
VS posa sa main sur l'épaule de son ami :
- Heureusement, tu n'avais encore rien signé. Tu sais à quoi t'en tenir à présent. Je dois te laisser maintenant : je suis invité chez MURIELLE ce soir et je dois me changer.
- Chez MURIELLE ? Tu... Tu as su ce qui s'était passé chez VIC ?
- Oui, bien sûr, on ne parle que de ça en ville. Je n'aurais jamais crû une telle folie chez un soldat comme ASTUR.
WARLOCK prît le bras de VS pour l'entraîner à l'écart, parlant à voix basse :
- Je suis allé voir ASTUR dans son cachot. J'ai obtenu un laisser-passer d'ALIN. Je me devais d'écouter sa version. Il m'a raconté une toute autre histoire... Il accuse MURIELLE et RONAN d'être de mèche avec un mystérieux personnage décidé à renverser notre Roi.
- Quelle chanson est-ce là ? Il pense vraiment que cette défense va convaincre son juge lors de son procès ?
- En tant qu'officier de la Garde d'Or, ASTUR sera jugé par le Roi en personne. Ce sera sa parole contre celle de MURIELLE.
Les deux amis avaient rejoint leurs montures. Le soir tombait sur les collines, le ciel prenait des teintes mauves et lilas, un parfum de violette flottait dans l'air du soir. WARLOCK sauta en selle, saisît les rênes de cuir laqué :
- Je vais demander audience au Roi immédiatement. Il faut tirer cette affaire au clair.
...
Un désordre incroyable régnait dans la pièce : vêtements éparpillés, coffres ouverts et renversés, armoires béantes, objets dispersés... Agenouillée devant un coffret de bois de cèdre clouté d'ivoire, MURIELLE en referma le couvercle d'un geste sec. Rien à faire... Aucun doute n'était possible, la petite fiole du poison destiné à ASTUR était introuvable. Seule possibilité : elle avait dû tomber pendant la lutte entre elle et l'officier et devait toujours se trouver chez VIC, ayant sans doute roulé sous un meuble. Si jamais on la trouvait... La courtisane eût un violent frisson...

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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Mar 9 Aoû 2011 - 17:52

Les évènements se précipitaient. WARLOCK demanda une audience exceptionnelle dés son retour au Grand Palais. ADRIAN, qui s'apprêtait à se coucher pour la nuit, reçut le Grand Erudit et l'écouta sans l'interrompre. A la fin de son récit, le roi se sentît assailli par des émotions contradictoires où se mêlaient colère, inquiétude et sentiment d'urgence. Le monarque se leva brusquement, renversant son siège de bois sculpté avant de saisir son épée et de la fixer à sa ceinture :
- Viens avec moi !
- Où allons- nous, Seigneur Roi ?
- Interroger ASTUR. Je veux entendre son récit de sa bouche.
Il ne fallût que quelques minutes aux deux hommes pour traverser à cheval l'AGORA endormie et rejoindre la Caserne de Tiburce. Les gardes de faction à l'entrée ouvrirent des yeux étonnés en voyant débarquer le roi à cette heure tardive, mais ils s'inclinèrent sans poser de questions. MONGO, le capitaine de la milice, précéda ADRIAN et WARLOCK dans l'escalier de pierre mal éclairé aux marches inégales qui s'enfonçait vers les cachots souterrains.
- Il s'est presque remis de ses blessures et il devrait pouvoir être présent au procès. Je pense que... Par les dieux !
ADRIAN et WARLOCK s'étaient déjà rejetés en arrière, la main sur la poignée de leur épée. Devant la porte qui menait aux cellules, le gêolier gisait, égorgé, dans une mare de sang. Au même moment, un bruit sourd de lutte et une exclamation étouffée se firent entendre. Avec un juron, ADRIAN se rua dans la cellule d'ASTUR. Trois silhouettes en manteau noir à capuche, le poignard à la main, avaient acculé ASTUR contre le mur de pierre sale. Le roi frappa et la tête du premier voleur roula dans la paille humide couvrant le sol. Il y eût une passe d'armes avec le second, mais il ne tarda pas à s'effondrer à son tour, le crâne ouvert. Le troisième bouscula ADRIAN et se rua vers la sortie, mais WARLOCK s'interposa. Le crissement de l'acier, la lueur et le sifflement d'une lame... L'homme roula à terre avant de s'immobiliser contre la paroi. Le roi s'agenouilla à côté d'ASTUR, prostré sur le sol :
- ASTUR ! ASTUR, est- ce que ça va ?
- Ou... Oui... Vous êtes arrivés à temps...
Blême de fureur, ADRIAN se tourna vers MONGO :
- Il n'y a plus à hésiter. Ordre d'arrêter immédiatement RONAN et MURIELLE.
- A tes ordres, Seigneur Roi.
...
RONAN n'avait jamais été courageux. Il était né faible et l'était resté. S'il était devenu le Grand Maître de la Guilde des Marchands, c'est parcequ'il avait acheté la majorité des membres... Et les autres, il les avait vendus... Mais ce soir là, alors que les miliciens tambourinaient aux portes de sa maison, RONAN le marchand fût courageux pour la première et dernière fois de sa vie en empoignant la dague posée sur son bureau et en la pointant sur sa gorge. Quand les gardes défoncèrent les portes de son cabinet de travail, le marchand fixait sans le voir de ses yeux grands ouverts le plafond à caissons, dans un mélange de soie, de sang et d'or.
...
Une atmosphère de folie régnait en ville. Les rumeurs les plus folles circulaient. Quand RAPHA avait appris que MURIELLE était suspectée de complot contre le roi, il avait failli avoir un malaise. Il s'était alors précipité à la maison des 1001 fleurs. Comme il le craignait, l'endroit était désert. Prévenue à temps, la courtisane s'était enfuie, avouant par ce geste sa culpabilité. Le Maître du Grand Gymnase resta là, dans le jardin envahi par la nuit, les bras ballant, un goût amer dans la bouche... Le sentiment d'avoir été trahi... Manipulé... Le sourire enchanteur de MURIELLE lui apparût, semblant se moquer de lui à travers le temps et la distance...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Jeu 11 Aoû 2011 - 19:23

ALIN saisît à deux mains son encrier de pierre verte avant de le jeter avec rage sur le sol. Il renvoya avec un juron le page aux yeux stupéfaits qui contemplait les débris éparpillés sur les mosaïques.
Rien... Depuis la découverte du complot, il n'avait rien... Une atmosphère de folie régnait en ville : si RONAN s'était suicidé, certains marchands qui étaient ses complices avaient avoué, eux, devant la menace du fouet et du fer rouge. Ils avaient donné des noms, d'une voix hachée, bégayant de terreur. Une vague d'arrestations avait été ordonnée, mais celui qui était derrière tout ça avait pris les devants. FLORUS, le collecteur d'impôts, retrouvé noyé parmi les nénuphars dans le bassin de sa propriété avant qu'on puisse l'interroger... ARTAMES, l'intendant du palais, retrouvé pendu par son écharpe de soie à un arbre de son jardin par les gardes qui venaient l'arrêter... Et d'autres encore, retrouvés morts ou "suicidés" avant qu'on ait pu les interroger. Celui qui tenait les rênes du complot avait fait en sorte de supprimer tous ceux qui pouvaient le relier à cette affaire. Et ALIN, chargé des interrogatoires et de la mise en place du procès n'avait plus rien... Du vent, du sable entre ses doigts... Celui qu'on ne doit pas nommer avait coupé tous les liens pouvant mener à lui. Tout ce qui restait, c'était le témoignage d'ASTUR et celui de ZULA. Le seul espoir d'ALIN était maintenant de retrouver MURIELLE. Une escouade de miliciens était partie à sa poursuite, conduite par RAPHA, avec ordre de la ramener vivante. Avant que son sinistre employeur la fasse taire elle aussi...
...
A la Cour, une atmosphère fébrile régnait également. Maintenant qu'il était établi que c'était RONAN qui avait fait tuer THAURAM (BADAYA l'étrangleur avait avoué sous la torture), de nombreux seigneurs demandaient le retour de VS. WARLOCK, VIC, AqME et REQUIEM lui- même avaient officiellement demandé la fin de sa disgrâce. Mais ADRIAN rechignait, ne pardonnant pas au Voyageur d'avoir fait évader THAURAM pour son bon plaisir, bafouant ainsi son autorité. Pour l'instant, le souverain avait un autre problème en tête : décidé à en finir, il projettait une expédition punitive sur la Taverne du Hibou. A sa surprise, certains de ses conseillers les plus fidèles, comme MILOS, semblaient plus que réticents :
- Rien ne guarantie la réussite d'une telle opération Seigneur Roi... Ils sont les maîtres de ce dédale souterrain où ils vont et viennent à leur guise. Nos hommes pourraient se trouver piégés, perdus et traqués dans ce labyrinthe de galeries...
- Je suis d'accord, fît SQUALLION qui avait étudié les plans du Quartier Sud aux archives de la ville. Faire manoeuvrer des troupes dans ce sombre réseau où la mort peut guetter nos hommes à chaque pas serait une folie. Ils sont chez eux là-bas, ce serait comme s'aventurer sans arme ni lumière dans la tanière d'une manticore. Un jeu de cache-cache mortel où la mort surgirait à chaque détour, à chaque couloir...
ADRIAN tapa violement du poing sur son bureau, faisant valser encrier, presse-papiers, plumes et documents :
- Nous devons pourtant en finir ! Purifier cet endroit par l'acier et le feu ! Reprendre le contrôle de cette partie de la ville !
- Celà fait longtemps que je te le demande, répondît MILOS avec amertume. Si tu avais écouté SOMBRECOEUR à l'époque...
- J'avais mes raisons et tu les connais. THAURAM m'avait sauvé la vie en Allansia autrefois. Mais aujourd'hui, il est mort et je suis décidé à vivifier le passé une fois pour toutes.
Le roi se calma, respirant profondément, avant d'étendre ses pieds bottés et de croiser ses bras sur sa robuste poitrine, bien calé dans son siège :
- Mais vous avez raison : nous devons préparer minutieusement cette expédition, choisir soigneusement notre plan et ceux qui y participeront... Et surtout, je veux que Celui qu'on ne doit pas nommer soit pris vivant... Oui, qu'y a-t-il ?
Le messager entra, s'inclina :
- Seigneur Roi, tu es demandé au Grand Hôpital de toute urgence : on vient de retrouver le noble YAZTROMO ! Il a survécu à la destruction de la Guilde de la Main Blanche !
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Sam 13 Aoû 2011 - 17:47

YAZTROMO avait été transféré dans une chambre à l'écart. Quand ADRIAN entra dans la pièce silencieuse et baignée d'une pénombre fraîche, il fût accueilli par VIC. Ce dernier se pencha vers le roi pour lui chuchoter à l'oreille :
- C'est ANTARES qui l'a trouvé, lors de sa promenade à cheval dans les collines... Il gisait, inconscient, dans un bosquet sur le bord de la route.
- A-t-il repris conscience ?
- Oui, mais il est trés faible. Evite de le fatiguer.
Le roi prît un tabouret et alla s'asseoir près du grand lit aux rideaux de coutil blanc. Une des anciennes prêtresses de VIC brûlait un mélange d'herbes médicinales dans le brûle-parfum de terre vernissée, afin de purifier l'atmosphère. Sa tâche effectuée, elle cala mieux le malade sur ses oreillers, s'inclina et se retira. YAZTROMO semblait avoir vieilli de dix ans. Il avait réussi à invoquer un sortilège de téléportation au moment où la Guilde s'effondrait dans les flammes sous les assauts des sept sorciers noirs. L'effort avait prélevé un lourd tribut sur le vénérable magicien, comme l'indiquaient ses traits creusés et son visage marqué. ADRIAN ne pût bavarder avec lui que quelques minutes avant que VIC ne pose sa main sur son épaule :
- C'est assez Seigneur Roi. Il faut le laisser se reposer.
- Veille bien sur lui, il faut qu'il se rétablisse le plus vite possible.
Le roi quitta la pièce. VIC trempa un linge humide dans la cuvette et le passa sur le front du magicien qui maugréait dans son sommeil agité. Un parfum de camphre et d'encens flottait dans la chambre.
...
Au son du gong, les ouvriers grimpèrent les immenses échafaudages, s'agitant comme une armée de fourmis laborieuses. Bientôt, un vacarme assourdissant d'outils, de cris et de bruits divers se fît entendre. En bas, protégé du soleil printanier par un dais de toile frangée, WARLOCK examinait les plans déroulés sur la table en compagnie de DONALD S. Ce dernier eût un sourire :
- Et bien... Tu ne te refuses rien... Ces travaux vont bien durer des mois.
- Et oui, mon ami, répondît le Grand Erudit, radieux. Maintenant, j'ai les moyens de redonner toute sa splendeur à mon domaine.
En effet, pour récompenser WARLOCK pour son rôle dans le démantèlement du complot, ADRIAN lui avait donné la moitié de la fortune du défunt RONAN ( le reste étant parti dans les coffres du Trésor, de même que les biens de MURIELLE, mis sous séquestre).
- Au fait, reprît DONALD S, et le livre ? Ce fameux volume sans prix qu'OORGAN a réussi à récupérer ?
- Il est en sécurité dans une chambre souterraine scellée aux archives, veillé par vingt hommes de la Garde d'Or. Dés que YAZTROMO sera rétabli, nous le lui remettrons.
...
Au Grand Palais, dans le cabinet de travail de REQUIEM, l'ambiance était plus solennelle. Assis sur un siège de bois marqueté clouté d'ivoire, vêtu d'une longue tunique de coton rayé rehaussée de perles d'ambre, VS haussa un sourcil méfiant. Assis derrière son bureau, REQUIEM eût un rire :
- Ne me regarde pas comme ça... Je te jure que c'est la vérité : le Roi t'autorise à revenir à la Cour, tout est oublié.
- Et... Quelle est la raison de cette soudaine générosité ?
REQUIEM n'hésita pas. VS était trop familier du FORUM pour qu'on joue les hypocrites avec lui :
- Nos problèmes sont loin d'être réglés... Il y a les dégats du siège à réparer, ceux du grand incendie... De nombreux habitants qui ont tout perdu à nourrir, loger... Des hausses d'impôts ont été nécessaires et elles ont provoqué des mouvements de protestation... Il y a MAXIMUS qui reste menaçant, même si son attaque a été repoussée... Sans oublier ce noir complot... ADRIAN est réaliste, il a besoin de tous ses seigneurs unis autour de lui. Le temps de la discorde est terminé. Le Roi a besoin de notre soutien à tous.
Le Voyageur restait silencieux, le visage fermé. REQUIEM poussa un soupir, se leva et alla poser une main amicale sur son épaule :
- VS... ADRIAN et toi êtes aussi bornés l'un que l'autre... Il a fait un geste, à toi de faire de même.
- C'est à dire ?
- Le Roi donne un bal ce soir en l'honneur de l'envoyé spécial du Sommerlund. Un seigneur KAÏ, je crois... Loup Silencieux... Euh, non, Solitaire. Oui, c'est ça, Loup Solitaire. ADRIAN veut que toute la Cour soit présente, que le monde voit que le FORUM est toujours solide et rayonnant. Tu viendras ?
Le Voyageur eût un soupir :
- Bon, d'accord... Après tout, j'ai mes torts également dans toute cette affaire. C'est bon, je serai présent ce soir.
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Lun 15 Aoû 2011 - 22:13

Un soleil radieux éclairait le ciel d'un bleu dur pris entre les ormeaux. Même si l'on était au début du printemps, les senteurs miellées et parfumées annonçaient déjà l'été. JARETH descendît de son cheval et le mena par la bride jusqu'à la rivière, écartant les hauts roseaux et froissant les ajoncs. VS et LOWBAC firent de même, puis une fois la soif de leurs montures étanchée, ils s'assirent dans l'herbe, entre les tertres d'argile rouge bordés de genets. Trés vite, la discussion revînt sur la décision du roi. Une décision tenue secrète, seuls les seigneurs étaient au courant. L'expédition punitive contre la Guilde des Voleurs était programmée pour le lendemain à l'aube. Trois groupes de cent hommes chacun seraient formés : le premier, dirigé par MILOS, ferait diversion en effectuant une "descente" à la Taverne du Hibou. Pendant ce temps, le deuxième groupe s'infiltrerait dans les souterrains par la bouche d'égoût de la Porte des Mendiants. C'est par là qu'ASTUR avait réussi à s'enfuir et il avait mémorisé le chemin. Il conduirait donc le second groupe avec le roi. YAZTROMO, rétabli, resterait en retrait avec le troisième groupe, prêt à utiliser sa magie si nécessaire. Il ne restait plus qu'à désigner les seigneurs qui accompagneraient chaque groupe.
JARETH ne pouvait dissimuler ses craintes. Il jouait nerveusement avec les breloques d'or rouge de son collier, visiblement mal à l'aise :
- Je persiste à dire que c'est une erreur... Nous risquons de nous retrouver dans le pire des traquenards dans ces souterrains.
- L'idée ne m'enchante guère moi aussi, reconnût VS, un brin d'herbe entre les dents. Mais je suis d'accord avec le Roi, il faut en finir, purifier cet endroit par le feu et l'acier. Il aurait dû le faire à l'époque où SOMBRECOEUR le lui avait réclamé.
- Pour ma part, je partage tes craintes JARETH, fît LOWBAC. Les derniers évènements nous ont montré que notre ennemi est parfaitement renseigné. S'il est mis au courant de notre expédition, il risque de nous tendre un piège des plus perfides.
Le roi des gobelins et ancien dieu de la divination se tourna vers LOWBAC, la main en visière et les yeux plissés :
- Le secret le plus absolu a été gardé sur cette affaire. Comment nos adversaires seraient-ils donc au courant ?
VS eût un soupir en se levant, époussetant le drap indigo de sa tunique :
- De toutes façons, nous ne pouvons plus reculer...
ADRIAN pensait la même chose, appuyé des deux mains à la balustrade de pierre rosée de son balcon, la tête penchée, comme emportée par des pensées trop lourdes. Le silence régnait dans le cabinet de travail au plafond à caissons et chevrons gauffrés de feuilles d'or. En contrebas, les jardins du palais formaient une tremblotante ponctuation verte vibrant dans les brumes de chaleur. Le poudroiement argenté de la fontaine du Dieu de la Lune attira son regard. Demain dés l'aube, il faudrait affronter un autre monde, souterrain, froid et sombre, fétide et humide, où la mort serait tapie, à l'affût, derrière chaque recoin, à chaque carrefour... Un dédale de pierre sombre plongé dans la pénombre, dans une atmosphère étouffante et oppressante... Une sueur glacée coula le long de la nuque du roi et il tira sur le col de son pourpoint de soie cendrée, mal à l'aise. Mais il était trop tard pour reculer : il venait de choisir qui accompagnerait chaque groupe. Il était temps d'en finir.
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Mar 16 Aoû 2011 - 19:14

Le lendemain à l'aube, les hommes de MILOS passèrent à l'attaque. Les deux voleurs qui veillaient aux portes de la Taverne du Hibou s'effondrèrent, fauchés par les flèches des archers. MILOS poussa son cri de guerre et ordonna la charge. Un lourd tronc d'arbre porté par dix guerriers robustes servît de bélier. Le temps que les occupants de la taverne réagissent, le lourd madrier frappait les portes épaisses dans un bruit sourd. A l'intérieur, un concert de jurons et d'exclamations stupéfaites se fît entendre, puis une volée d'ordres et de cris. Les voleurs se mirent aux fenêtres pour bombarder les porteurs du bélier avec tout ce qui leur tombait sous la main. Ils furent criblés de flèches par les archers d'ANTARES embusqués sur les toits avoisinants. Au niveau du bélier, les hommes de MILOS protégeaient les porteurs de leurs grands boucliers d'airain, subissant stoïquement la pluie de projectiles. MILOS, embusqué dans l'ombre d'une porte cochère porta son cor d'ivoire à ses lèvres et sonna.
Non loin de là, prés de la Porte des Mendiants, ADRIAN tressaillît en entendant cet appel :
- Le signal ! Allons-y !
Deux soldats ôtèrent la plaque de fer de la bouche d'égoût, révélant d'étroits barreaux de fonte s'enfonçant dans les profondeurs. ASTUR descendît en premier, suivi du roi, de WARLOCK et de REQUIEM. Ils se retrouvèrent dans une étroite galerie voûtée aux parois de pierre humide et suintante, le sol traversé d'un mince filet d'eau croupie.
- Par ici, venez, fît ASTUR en prenant la tête du groupe, épée à la main, tandis que les hommes descendaient les échelons corrodés et poisseux. Un monde étrange s'offrît à eux : dédale de couloirs et de galeries, certaines si étroites qu'il fallait passer de biais, la pierre leur raclant la peau. D'autres étaient si basses de plafond qu'ils devaient progresser courbés. Par endroit, de courtes volées de marches raides et étroites, des pièces assez vastes... Certaines étaient aménagées : divans et coussins, tapis jetés sur le sol humide, des chandelles dans des niches creusées dans le mur lépreux, un lourd poêle de fonte comme chauffage... Une paire de dés, des cartes, un ou deux instruments de musique sur les tables basses, des armes abandonnées... Ces pièces donnaient l'impression d'un départ récent, d'une fuite précipitée. Le groupe avançait en silence dans cet ensemble de couloirs, salles abandonnées, escaliers et passages voûtés couverts de toiles d'araignée et de poussière, plongés dans la pénombre, à l'atmosphère poisseuse et moîte... Personne... Par précaution, WARLOCK marquait leur passage à la craie sur la pierre brute pour se repérer par la suite. Ils débouchèrent bientôt sur une sorte de puit, occupé en son centre par un grand escalier en colimaçon qui montait et descendait, se perdant dans l'obscurité.
- Nous sommes au centre du complexe, chuchota ASTUR. Redoublons de prudence désormais.
En surface, le troisième groupe s'était installé dans une grange désaffectée non loin de la Place du Faune. A l'intérieur, YAZTROMO était assis sur un simple tabouret, un châle de laine frangée sur ses étroites épaules. JARETH et NEMEION, tous deux en cuirasse et solidement armés se tenaient près de lui tandis que VS tournait en rond comme une panthère irritée, foulant la paille à grandes enjambées.. Le Voyageur devait attendre pour intervenir et seulement si le Roi le demandait. En effet, ADRIAN avait emmené avec lui un des globes de vision de JARETH et ce dernier avait l'autre, ce qui permettrait aux deux groupes de rester en contact. Pour l'instant, le globe posé sur une table proche restait silencieux et vide.
Là-bas, devant le bâtiment, le combat faisait rage. A l'intérieur, les voleurs barricadaient la porte avec les tables, les lits, tout ce qui leur tombait sous la main. Aux étages, ils se protégeaient des flèches derrière les volets de bois peint. En cuisine, on faisait chauffer de l'huile bouillante pour en asperger les assaillants. A l'entrée, le bois cédait, craquait, mais les portes tenaient bon. La rage au coeur, MILOS se dégagea et rejoignît ALBATUR qui se tenait en retrait avec ses hommes :
- Il ne faut pas traîner ! Des renforts vont sûrement arriver, tout le quartier est réveillé et au courant maintenant ! Nous risquons d'être pris entre deux feux !
- Les toits ! fît alors ALBATUR. Essayons de passer par les toits ! 50 hommes avec moi !

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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Mer 17 Aoû 2011 - 16:39

ALBATUR rejoignît rapidement les archers sur le toit plat en terrasse du bâtiment le plus proche. Il eût la surprise d'y trouver, abrité derrière le parapet de briques sèches, le jeune OORGAN, l'arc à la main, le carquois de cuir empli de flèches à empennes de feutre noir et or.
- Qu'est-ce que tu fous ici ? rugît le Seigneur des Jeux en s'accroupissant entre lui et ANTARES. Je t'avais dit de rester au palais avec VIC et AqME.
- Tu n'as rien qui puisse me servir de manchon ? répondît simplement le jeune homme. J'ai perdu le mien et la corde de mon arc me met le bras en sang...
ALBATUR haussa les épaules et observa la taverne. Son toit de tuiles rouges était trés proche, il pouvait même distinguer une lucarne se découpant sous les rayons du soleil naissant. Et pour l'instant, il n'y avait personne sur le toit. Il se tourna vers ANTARES tout en prenant le grapin fixé à sa ceinture :
- Peux-tu me couvrir ?
La jeune femme ouvrît des yeux stupéfaits, rejetant une mèche blonde en arrière :
- Ne me dis pas que tu as l'intention de tendre une corde entre les deux bâtiments ?
Accroupi derrière elle et la protégeant de son bouclier, NATO renchérît :
- Elle a raison, c'est de la folie ! Les hommes seront une cible idéale ainsi suspendus dans les airs !
- Nous n'avons pas le choix... Il faut réussir à s'introduire à l'intérieur. NATO, attache l'extrémité du grapin à cette cheminée... Allez !
Dans les souterrains, l'attaque vînt sans prévenir : un sifflement, le bruit mat d'un impact, le hurlement de douleur d'un homme qui s'effondre, un oeil crevé par la bille de bronze d'une fronde... Les voleurs attaquèrent en masse, surgissant d'une galerie adjacente et les souterrains furent alors le théâtre de violents combats. Impossible de manoeuvrer dans ces couloirs étroits au plafond bas : la bataille se décomposa rapidement en différents combats individuels, presque au corps à corps. Dans cet espace réduit, les soldats n'avaient guère de place pour manier leurs armes et boucliers, ce qui n'était pas le cas de leurs adversaires, habiles à jouer du couteau. Des hommes roulèrent à terre, crachant leur vie par leur gorge tranchée, le sang éclaboussa les murs de pierre sale, le fracas de l'acier et le bruit mat des poignards s'enfonçant dans les chairs emplît les caves... Les chandelles furent renversées, roulèrent et s'éteignirent, plongeant la scène dans la pénombre... REQUIEM fût séparé des autres, il recula devant l'assaut de trois solides gaillards et percuta une paroi de bois vermoulu. Cette dernière céda sous son poids dans un craquement sinistre et il bascula en arrière. De son côté, ASTUR se dégagea, tâtonna dans le noir et réussît à rallumer une lampe. Couvert de sang, WARLOCK le rejoignît, rassemblant les hommes autour de lui. Ils piétinaient les cadavres et marchaient dans le sang. Seul leur meilleur équipement et leur discipline leur avait permis d'en sortir vainqueurs. Mais les pertes étaient sévères.
- Le Roi ! Où est le Roi ? demanda ASTUR.
WARLOCK secoua le sang qui imprégnait son glaive, les yeux flamboyants :
- Nous avons été séparés quand la lumière s'est éteinte... REQUIEM a disparu également...
- Il ne faut pas rester ici, fît ASTUR en essuyant ses mains poisseuses sur son plastron cabossé. C'est la mort si nous restons dans ces galeries étroites... Il faut trouver un endroit plus grand pour pouvoir y manoeuvrer.
REQUIEM se balançait, retenu à l'étroite corniche de pierre glissante par une seule main. Il avait traversé la paroi de bois pour basculer dans le vide, se retenant de justesse au rebord. Sous lui, plusieurs mètres en contrebas, une rivière souterraine roulait ses flots sombres dans la pénombre. Le Seigneur des Morts serra les dents et tenta de remonter, mais le poids de sa cuirasse le gênait, le tirait vers le bas... Et une sale blessure au flanc le brûlait à chaque effort, comme une déchirure de feu... Soudain, une main décharnée à la chair putréfiée saisît solidement son poignet et il fût fortement tiré vers le haut. Une fois rétabli, il resta un moment à plat ventre sur le rebord humide, reprenant son souffle. Puis il leva la tête et vît un visage décharné et horrible où un oeil unique le contemplait dans l'obscurité.
- Mon maître... fît une voix sifflante.
- SADASTOR !

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Localisation : Dans un autre monde.
Profession : Dieu multiforme des voyageurs et Arpenteur des mondes, souverain d'Atalis la Cité des Sables et Protecteur de Shamanka.
Loisirs : Tout, passionément.
Date d'inscription : 14/03/2009

MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Jeu 18 Aoû 2011 - 17:23

La corde était tendue entre les deux toits. Immédiatement, les hommes commencèrent à passer d'un bâtiment à l'autre, à la force des bras. Les voleurs se mirent aux fenêtres pour leur tirer dessus et trois soldats tombèrent pour s'écraser sur les pavés, percés de flèches. Mais les archers d'ANTARES et d' OORGAN criblèrent les tireurs d'une grêle de traits, les forçant à se retirer derrière l'abri des volets. ALBATUR et NATO avaient gagné le toit de tuiles de la taverne : un coup de masse d'armes hérissée de pointes fracassa la vitre de la lucarne. Les guerriers se laissèrent tomber à l'intérieur, se retrouvant sur le palier de la cage d'escalier du deuxième étage. Un voleur jaillît d'une des chambres avant de s'effondrer le crâne ouvert. Un deuxième subît le même sort et les soldats se déployèrent dans l'escalier, se répandirent dans le couloir, défonçant les portes des chambres. Au même moment, en bas, les portes principales cédèrent enfin dans un fracas épouvantable. Les hommes de la Garde d'Or se ruèrent en avant, entraînés par MILOS et CRAFT. Ce dernier faisait tournoyer Joyeuse, sa grande épée noire, sa cuirasse d'acier sombre éclaboussée de sang. Les voleurs, habitués aux embuscades et aux combats légers n'étaient pas de taille contre des soldats professionnels, disciplinés et lourdement équipés. Ils moururent l'arme à la main jusqu'au dernier. ALBATUR et NATO descendirent l'escalier pour rejoindre la grande salle :
- Les étages sont à nous ! Il faut trouver l'accès au souterrain !
- La cave ! fît MILOS en secouant les gouttes rouges de sa hache.
- Seigneur, un groupe s'est barricadé là-bas ! avertît un lieutenant.
- Allons les déloger ! répondît CRAFT en enjambant les cadavres.
Dans les souterrains, WARLOCK avait pris la tête d'une dizaine de soldats pour partir à la recherche du roi. Se fiant aux marques de craie qu'il avait laissé, il faisait le chemin en sens inverse, une lampe dans une main, l'épée dans l'autre. Alors qu'il s'apprêtait à descendre une volée de marches étroites, il détecta une présence et mît ses hommes en embuscade, se dissimulant dans un renfoncement. Un bruit de pas traînant, maladroit, suivi d'un autre, plus rapide et plus assuré... Le Grand Erudit risqua un oeil...
- REQUIEM ?
- WARLOCK ? C'est moi !
- REQUIEM, tu n'as rien ? fît WARLOCK en lui donnant une accolade chaleureuse.
- Non, ça va, grâce à SADASTOR... Une sale blessure au flanc, mais ça va... Que fais-tu ici ? Où sont les autres ?
- ASTUR et les autres se sont repliés dans une salle non loin. ADRIAN a disparu et je suis à sa recherche...
Dans la grange, VS continuait à tourner en rond, les dents serrées, le visage fermé. En attendant, les hommes bavardaient, jouaient aux cartes, vérifiaient leur équipement... Soudain, l'un d'eux tendît le bras :
- Seigneur, regarde !
Le globe posé sur la table se zébrait de rouge et de couleurs tourbillonnantes. JARETH se précipita et se pencha, ses deux mains chargées de bagues au-dessus de la sphère, apellant d'une voix forte :
- ADRIAN ! ADRIAN !
Soudain, le visage du roi apparût avec une netteté étonnante, un filet de sang coulant d'une blessure au cuir chevelu. Il était prostré au pied d'une tête de gorgone sculptée sur le mur d'une pièce plongée dans la pénombre, tenant son globe à la main devant lui. Puis l'image disparût soudainement, comme une bulle que l'on crève.
- JARETH, reste ici avec les hommes et YAZTROMO ! ordonna VS. NEMEION, prend trois hommes et viens avec moi !
Ils sortirent pour soulever la plaque d'égoût devant la grange avant de disparaître dans les profondeurs.

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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Jeu 18 Aoû 2011 - 19:25

La pièce était somptueusement meublée, d'une manière innatendue dans ces sombres souterrains aux murs de pierre froide et au sol poussiéreux. Meubles de prix et objets précieux, lourdes tentures brodées et épais tapis aux motifs floraux, chandeliers d'or ciselé et coussins frangés... Un désordre éthéroclite, fruit de maintes rapines et nombreux cambriolages... Sur le plateau de marbre d'un guéridon s'entassaient plusieurs piles de pièces d'or que des mains pressées enfournaient dans des sacs de toile.
- Plus vite, plus vite ! ordonna Celui qu'on ne doit pas nommer. Nous avons peu de temps devant nous !
Soudain, un bruit de pas précipités, des coups violents frappés contre l'épaisse porte verrouillée :
- Ouvrez ! C'est moi, YEMEN, ouvrez !
Un des hommes alla ouvrir et un voleur entra, titubant, la main pressée sur son visage rouge de sang. Une horrible blessure lui avait ouvert la joue jusqu'à l'os et il s'effondra, le souffle court, sur un divan :
- Ils arrivent... Ils ont investi la taverne... Nos frères ont tous été massacrés... Ils ont pris le contrôle du grand escalier...
- Il faut partir, répondît "Trois mains". Maintenant, ils peuvent être là à n'importe quel moment...
- Oui, nous allons partir... Mais auparavant, je vais m'assurer que notre roi ne remontera jamais sur son trône... Où est-il ?
- Toujours dans la salle de la Gorgone, Maître. Nous l'avons laissé là après l'avoir assommé et lui avoir enlevé ses armes.
- Allez le chercher et emmenez-le au temple secret ! Vite !
VS se maudît de son impulsivité : il s'était rapidement retrouvé dans un obscur dédale, un labyrinthe de galeries étroites qui lui donnaient l'impression de tourner en rond dans les ténèbres. Malgré tout, lui, NEMEION et leur escorte arrivèrent dans la salle où avait eu lieu le combat principal. NEMEION porta un mouchoir à ses lèvres devant les cadavres maculés de sang jonchant le sol. Leurs bottes collaient sur les flaques de sang séché et ils devaient enjamber les corps. L'atmosphère était lourde et oppressante, donnait envie de vomir. Ils se raidirent et se mirent en garde en entendant du bruit devant eux.
- WARLOCK !
C'était bien le Grand Erudit qui débouchait d'une galerie adjacente, suivi par ASTUR.
- Qu'est-ce que vous foutez là, par l'enfer ?
Le Voyageur raconta rapidement la scène entrevue dans le globe de JARETH. ASTUR poussa une exclamation :
- Je sais où est cette salle, avec la tête de gorgone sculptée ! J'y suis passé lors de ma fuite.
- Alors, conduis-nous, vite ! le pressa NEMEION.
ADRIAN revînt à lui, la tête lourde et un goût de bile et de sang dans la bouche. Il voulût bouger, mais il réalisa trés vite qu'il était entravé, solidement ligoté sur une sorte d'autel de pierre noire. Tout autour, un cercle de bougies était allumé, éclairant de manière fugitive les murs de pierre ornés de figures étranges et mythologiques. Deux hommes l'observaient en silence, mais son attention fût tout de suite attiré par celui qui dominait la scène. Vêtu d'une tenue de voyage, enveloppé dans son manteau à capuchon, son visage était dissimulé derrière un masque d'ivoire et d'or délicatement ciselé. Un long poignard brillait dans sa main gantée.
- Je n'ai guère de temps à te consacrer, ADRIAN, fît la voix étouffée et déformée par le masque. Mais avant de fuir, je vais m'assurer d'en finir avec toi... Quelle ironie n'est-ce pas ? Toi qui as destitué les dieux, tu vas mourir en leur nom, sacrifié à ceux que tu as abattu...
ADRIAN lui cracha au visage, le regard haineux :
- Frappe donc, maudit chien ! Mon seul regret est de ne pas pouvoir t'emmener en enfer avec moi !
L'homme leva son bras, brandissant la dague... La porte vola en éclats et un groupe fît irruption dans le sanctuaire. Le voleur apellé "Trois mains" se porta à leur rencontre, sa dague au poing. NEMEION évita le premier coup, le second se brisa sur sa cuirasse et il porta une botte mortelle. Le voleur s'effondra, le ventre ouvert, tentant de retenir ses entrailles de sa blessure béante. Celui qu'on ne doit pas nommer voulût frapper mais VS dévia le coup de sa lame et le repoussa en arrière. Emportés par leur élan, les deux hommes roulèrent sur le sol de pierre froide, renversant les bougies et les braseros emplis d'huile. Le feu prît immédiatement, des serpents de flammes se propageant rapidement aux tentures. Celui qu'on ne doit pas nommer profita de la confusion pour s'enfuir par l'autre porte. WARLOCK se précipita, mais les flammes le stoppèrent, une fumée épaisse commençait à se répandre. NEMEION se démenait sur les liens qui entravaient le roi.
- Il faut sortir d'ici ! hurla ASTUR. Vite !
ADRIAN délivré, le groupe quitta précipitament la pièce. Ils traversèrent la salle de la Gorgone avant de tomber sur MILOS et CRAFT, partis à leur recherche.
- Vous êtes saufs ! Mais que se passe-t-il ?
- L'enfer si nous restons ici ! cria VS. Il faut remonter !
MILOS prît le roi en travers de ses larges et robustes épaules et ils se dirigèrent vers le grand escalier. Ils ne stoppèrent leur course effrénée qu'une fois arrivés dans la grande salle. La trappe qui menait aux souterrains fût fermée et on fît basculer de lourds tonneaux dessus. Une fois dehors, le roi fût assis sur une borne et un officier vînt soigner ses blessures. REQUIEM, le torse soigneusement pansé et bandé vînt les rejoindre, suivi des autres :
- Et Celui qu'on ne doit pas nommer ?
- Il nous a échappé, répondît ADRIAN avec amertume. Ce maudit chacal a réussi à s'enfuir...
WARLOCK posa sa main sur l'épaule du roi :
- Oui, mais son complot a échoué, son organisation est détruite et le feu sacré va purifier son sombre domaine.
REQUIEM fronça les sourcils :
- Certes, mais en avons-nous pour autant fini avec lui ?

FIN DU PREMIER CYCLE DES DISPARITIONS
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Ven 19 Aoû 2011 - 18:21

Toutes mes félicitations, Voyageur Solitaire.

Mais j'aurais bien aimé "entendre" un peu plus Maximus, surtout sur la fin où il n'a que très très peu participé...

En tout cas, c'était vraiment bien.
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Le Cycle des Disparitions
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