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 Le Cycle des Disparitions

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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Jeu 5 Jan 2012 - 23:24

VS reposa le livre qu'il était en train de lire et leva les yeux vers ANTOCIDAS. Le mercenaire se tenait debout devant lui sur la terrasse inondée de soleil face au lac. Sur les eaux tranquilles et scintillantes, seuls les pêcheurs étaient au travail, leurs esquifs fendant les flots bleus sous le vol des mouettes des étangs. Le Voyageur reposa son livre sur la table basse prés de son fauteuil d'osier avec un sourire :
- Ainsi c'est donc vrai ? SOMBRECOEUR est revenu ?
- Oui David. Le héraut royal l'a annoncé officiellement.
VS se leva et alla s'accouder à la balustrade de marbre tiède avant de se retourner :
- Et tu pensais que je l'ignorais ? Que je n'entendais pas ce concert de louanges qui monte vers lui ? Ils l'acclament diablement fort pourtant...
ANTOCIDAS tiqua, mal à l'aise, désorienté par l'attitude de son maître. Ce dernier reprît :
- Et notre cher SOMBRIE s'est expliqué ? Ou excusé pour son attitude d'autrefois ? Non, bien sûr... Après nous avoir laissé tomber, après nous avoir fait comprendre et dit clairement qu'il se foutait du FORUM et que nous étions tous des cons, il revient comme une fleur, comme s'il ne s'était rien passé. Et encore mieux : tout le monde ou presque l'accueille la bouche en coeur et le sourire aux lèvres... C'est tout juste s'ils ne le remercient pas de revenir enfin... Magnifique ! Tous ceux qu'il a dénigré et rejeté sont les premiers à s'incliner bien bas. On croit rêver... Pourquoi ne pas demander à DAVIDOU ou DARKNIGHTMARE de revenir aussi tant qu'on y est ? Viens avec moi...
Le Voyageur passa dans son cabinet de travail, ouvrît un tiroir et en sortît un document scellé qu'il tendît au mercenaire :
- C'est l'acte de propriété de mon palais et de mes domaines. Je l'ai mis à ton nom. Cette maison est à toi désormais ainsi que mes serviteurs et je te laisse assez d'or pour entretenir le tout.
- Que veux-tu dire ? Tu t'en vas ?
- Désolé, mais j'ai envie de pouvoir continuer à me regarder dans une glace le matin. Qu'ils l'encensent tant qu'ils veulent, mais ce sera sans moi. YAVANNA a raison : nous avons mieux à faire que perdre notre temps ici à les voir s'incliner bien bas devant celui qui les a insulté et laissé tomber en leur faisant comprendre qu'il en avait rien à foutre d'eux.
- Mais... Où vas-tu aller ?
Le Voyageur haussa les épaules :
- Peu importe, je suis partout chez moi, le monde est ma maison.
- Mais tu es l'un des trois Régents... Si tu pars, qui te remplacera ?
- Ma foi, qu'ils donnent cette fonction à SOMBRECOEUR. Comme ça, leur bonheur sera total. Et puis, il a de l'expérience... Va faire une promenade à cheval pendant une petite heure. Quand tu reviendras, c'est toi que les esclaves apelleront "Maître"...
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Maximus
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Ven 6 Jan 2012 - 14:00

C'est au plus haut sommet du donjon maudit que Requiem fut placé . Il était ligoté à une espèce de table d'acier , retenu debout par des ceintures de cuir . Le torse nu révélant ses nombreuses blessures , la tête tenant à peine entre ses épaules endolories . Il regardait d'un regard faible toute l'immensité de la forteresse des maléfices , véritable lieu infernal et de mal . Mais ce n'était pas ça qui attirait toute son attention . C'était le bâton de mort planté dans un piédestal noir qui attirait toute son attention . Des files de fer étaient fichés dans ce piédestal jusqu’à une espèce de canon en métal d'une forme bien bizarre . Le canon était pointé vers le Nord , plus exactement là ou' se trouvait la cité du Forum .
Maximus claqua des doigts , et aussitôt un groupe de nécromants à capuchon formèrent un cercle autour du nécromant . Un Nadziranim , sombre sorcier de la cité de Torgar , s'approcha du canon et donna un ordre en Noir Parler . Les nécromants pointèrent alors leurs bâtons vers Requiem et commencèrent à réciter une incantation . Le grand Requiem la connaissait bien , c'était le sortilège qui servait à enfermer l'énergie d'une personne dans un objet , et il se trouvait que cette personne c'était lui !
Aussitôt , il arracha un cri de douleur quand des lianes de vapeurs négatives sortirent de son corps et commencèrent à entrer dans le bâton de Mort . Le Nadziranim dit quelques mots à Maximus .
_ Et bien , que la zombification commence !
Le Nadziranim hocha la tête et attrapa le levier du canon avant de le tirer . Le bâton de mort se mit à crépiter et l'énergie nécromantique traversa les files de fers avant de pénétrer le canon . Soudain , la machine s'éclaira d'une vive lueur , puis dans un grondement de tonnerre , lança un rayon vert vers la cité ...

.............................................

Jim le fossoyeur du cimetière , était de bien mauvaise humeur . Il était tout couvert de terre et de boue , et son travail lui faisait subir d'affreux mal de dos . Il s'appuya sur sa pelle en gémissant et remit son chapeau sur son crâne dégarnie . C'est alors qu'une vif lumière attira son attention .
_ Tiens , c'est quoi ce truc qui brille ?
La lumière verte commença à grandir de plus en plus ... ou plutôt se rapprochait de plus en plus ! Jim , comprenant que le rayon fonçait vers les tombes , courut le plus vite possible pour s’abriter . Il s’attendait à une explosion , mais ce n'était pas le cas . Le rayon frappa la terre sans aucun effet . Prudemment , Jim s'approcha du grand faisceau de lumière verte . C'est alors que soudain , la terre se mit à trembler , et tout à coup , des mains décharnées surgissaient du sol , griffant l'air . Des zombies hideux tentaient de sortit de leurs cercueils , des vampires brisaient leurs pierres tombales , des goules semaient le désordre dans des cryptes , des momies et des squelettes jaillissaient de leurs tombeaux ...
C'était tout les morts du cimetière du Forum qui revenaient à la vie . Jim poussa un cri de terreur , jeta sa pelle par terre et courut vers le palais royale prévenir le roi . Les morts-vivants , eux se rassemblèrent en une vague à perte de vue au milieu de la cité , et , ensembles , marchant avec des pas lents et maladroits , se dirigèrent vers tout les dépôts d'armes qu'ils connurent de leurs vivant pour assiéger le Forum à l'intérieur ...
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ALIN V
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Dim 8 Jan 2012 - 8:50

(
Origines
LAUKI et LOFEY couverts de suie, de sueur et de sang rejoignirent leur ami au comptoir.
"Le château s'est enfin écroulé, commandant, les habitants de la ville qui ne sont pas morts ont fui et nos hommes pillent en guise de salaire" dit LOFEY pendant que LAUKI passait derrière le bar pour remplir trois chopes de bière.
L'homme releva la tête, ses yeux étaient tristes, sa peau luisait de sueur, sa barbe fournie était tachée du sang de ses victimes du jour. Il répondit "Justice est faite".
LAUKI après avoir déposé les breuvages devant ses amis revenait à leur coté. L'homme saisit alors son bras gauche avec une célérité que la lassitude qui transparaissait de son être ne pouvait laisser soupçonner. De sa main droite surgit son poignard tel un éclair déchirant le ciel. Le premier coup trancha en deux le foie de LAUKI les suivants hachèrent ses entrailles tel de la viande préparée par un boucher. LAUKI toujours vivant s'effondra sur le sol en essayant de retenir le flot de sang qui s'échappait de son corps. L'homme lui écrasa le visage de son pied, le talon appuyant sur la trachée. "Vil ! Je sais tout de ta traitrise ! Toi qui se disait mon ami ! Toutes ces vies gâchées pour satisfaire ton égo et ta cupidité ! Voilà ton ultime récompense félon !" La botte acheva le travail du poignard et LAUKI s'éteignit sur le sol de cette taverne inconnue dans cette ville qu'il venait de détruire avec ses troupes. L'homme lui cracha au visage et déversa sur lui le contenu de la chope.
"Tu as bien fait, mon ami, mais la vengeance n'est point salutaire. Que vas tu devenir maintenant ?" demanda LOFEY en posant sa main sur l'épaule de son ami.
Celui ci sortit de sa poche une pierre aux reflets jaunes et verts. "C'est une pierre d'ambre. Je l'ai trouvée le jour où je l'ai rencontrée. Je voulais lui offrir le jour de notre mariage. Maintenant il n'y a plus personne à qui l'offrir. Regarde à l'intérieur il y a un insecte prisonnier, j'avais trouvé ça fascinant, c'est pour cela que je l'avais conservée au début. Puis je voulais en faire un bijou pour elle avant qu'il ne provoque sa mort." L'homme cracha de nouveau sur le cadavre. "Je vais partir, tu pourras prendre possession de mes biens, je ne reviendrai plus ici. Tu as été un ami fidèle et je t'en remercie du fond du cœur. Je vais parcourir le monde à la recherche d'un havre prêt à m’accueillir."
L'homme posa longuement sa main sur l'épaule de LOFEY en guise d'adieu et sortit sans rien ajouter abandonnant, son ennemi, son ami et la pierre d'ambre dans la taverne.
LOFEY regarda longuement l'encadrement de la porte vide avant que l'émotion provoquée par ce départ ne s'atténue. Il souhaitait de tout son cœur que son ami trouve un tel lieu mais doutais qu'il n'existe. Enfin il saisit sa chope, la vida d'une traite et sorti à son tour. Mais il ne pu atteindre le seuil. Il s’écroula sur le sol le corps pris de convulsions une bave blanche et abondante surgissant de sa bouche. LAUKI avait pris soin de verser du poison dans la bière...
)

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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Mer 8 Fév 2012 - 0:06

Fin du cycle (1)

Un silence profond, presque tangible, imprégnait le temple d'ADRIAN. Des centaines de bougies et de lampes en or éclairaient de leurs lueurs tremblotantes les murs couverts de fresques et de mosaïques à fond d'or, faisant frissonner les personnages dans un océan de dorures embrumé d'encens. Dans le sanctuaire principal, WARLOCK se tenait, agenouillé, perdu dans ses méditations moroses, la tête penchée comme trop lourde à porter. Tant de choses, d'évènements, s'étaient produit en ce début d'été : la disparition de REQUIEM, le retour de SOMBRECOEUR, le départ de VS, l'éloignement de VIC... Sans oublier YAVANNA, absente elle aussi... ADRIAN, parti également, sans donner signe de vie... Les évènements s'étaient précipités, ALIN, pris de court, avait nommé AqME et WARLOCK régents à ses côtés. En ville, les gens avaient peur, un climat de doute et d'incertitude pesant régnait sur tout le FORUM. Tout le monde semblait déboussolé, l'esprit confus et en pleine déroute...
Le Grand Erudit releva la tête avec un soupir. Devant lui, la grande icône représentant ADRIAN plantant son bâton d'or dans le sol pour désigner l'endroit où serait bâti le FORUM, semblait vibrer dans la lumière dansante des bougies et les volutes d'encens. Cette icône que l'on promenait sur les remparts en cas de situation desespérée pour attirer la protection du Fondateur sur la cité...
Un bruit de pas précipités... Une respiration haletante...
- WARLOCK ! WARLOCK, où es-tu ?
SYLVIA entra en courant dans le sanctuaire, ses cheveux châtain flottant derrière elle, ses petits pieds blancs et sandalés martelant le marbre. La jeune femme ne portait qu'une courte robe de soie maintenue à la taille par une ceinture de cuir tressé. Essouflée, elle se laissa tomber dans les bras de son amant, ses yeux adorables dilatés par une peur sans nom...
- SYLVIA, qu'y a-t-il ? Tu sembles terrifiée...
- Oh, WARLOCK, c'est horrible ! Les morts ! Les morts se réveillent et marchent sur la cité ! Viens vite !
Prenant sa main, elle l'attira au-dehors. Une rumeur d'incrédulité et d'angoisse montait de la foule massée devant les temples sur l'AGORA. Des bruits fous circulaient, des rumeurs incroyables. Au loin, une étrange lueur verte semblait embraser le Cimetière des Brumes...
- Que YAVANNA nous protège... murmura WARLOCK en serrant sa compagne contre sa poitrine.
...
Baignant dans un océan de souffrance, REQUIEM avait perdu toute notion du temps et de l'espace. Tout son être se focalisait sur cette douleur, cette sensation de déchirement qui lui donnait l'impression d'éclater et de se dissoudre en une infinité de particules. Mais soudain, il discerna quelque chose à travers les vagues de douleur qui l'assaillaient... Une lueur verte avec un feu orangé en son centre... Une petite flamme qui grandissait, grandissait... Ceux qui étaient présents dans la salle se retournèrent, les sourcils froncés, le regard surpris. En quelques battements de coeur, la lueur prît forme humaine : un homme grand et mince, le visage étroit et le front haut, les cheveux noirs coupés courts, une courte barbe soigneusement taillée... L'inconnu était enveloppé dans un ample manteau qui dissimulait ses vêtements... Encore deux battements de coeur et il était là, ruissellant de sueur, les traits tirés comme après un terrible effort...
Le capitaine des nadziranims se rua à l'attaque, brandissant une dague. L'inconnu tendît l'index vers lui : un rayon de lumière dorée en jaillit et le sombre nécromant s'effondra, foudroyé, dans une odeur de chair brûlée. Les autres, terrifiés, s'éparpillèrent en hurlant. L'inconnu se précipita vers REQUIEM, défît ses liens et le récupéra dans ses bras. Au même moment, le mortel rayon vert qui rescussitait les morts du FORUM s'arrêta.
- Ne crains rien, tout va bien aller... Je t'emmène avec moi...
- VS... Mais comment...
- Le défunt YAZTROMO m'a livré certains de ses secrets avant de mourir... Tiens-toi à moi, je vais nous transporter loin de cet enfer...
Au même moment, la porte de bois cloutée de métal s'ouvrît avec fracas, laissant entrer MAXIMUS en personne, flanqué de ses gardes aux cuirasses noires hérissées de pointes, portant au cou des colliers de crânes enfilés sur d'épais fils d'or tressés.
- Emparez-vous d'eux !
Alors REQUIEM se tourna vers MAXIMUS et tous les feux des sept Enfers brûlaient dans ses yeux :
- Tu as été trop loin cette fois, MAXIMUS... Et tu vas me le payer... Je crois que je vais prendre ton coeur, MAXIMUS !
REQUIEM tendît la main, comme pour recevoir quelque chose, tout en psalmodiant une antique incantation vieille de plus de mille ans. Simultanément, MAXIMUS poussa un cri et tomba en avant, sa main crochetée sur sa poitrine, aux pieds de ses hommes figés de terreur. Le Sombre Seigneur se tordait sur les dalles de pierre, hurlant de douleur. REQUIEM continuait son incantation, les yeux flamboyants... VS sentît le frisson glacée d'une terreur sans nom lui couler le long de l'échine : l'armure ciselée d'or de MAXIMUS se dilatait, se gonflait, craquait... comme si une force irrésistible poussait dans la poitrine du Maître du Mal... L'acier céda, vola en éclats, laissant apparaître la chair nue... Une chair qui, à son tour, se craquelait, se tordait... comme si le coeur de MAXIMUS battait à tout rompre pour vaincre sa prison de chair, de muscles et d'os, comme si son coeur voulait sortir de sa poitrine ! Du sang commença à apparaître, la peau se tendait, se déchirait... VS tituba, au bord de la nausée, luttant contre une formidable envie de vomir... Mais REQUIEM avait trop présumé de ses forces, il était trop abattu pour mener le terrifiant sortilège de l'Extraction à son terme. Comme une chandelle soufflée, il tomba évanoui dans les bras de VS. Le Voyageur réagît aussitôt et entama le sortilège du Transfert. Une lueur verte l'enveloppa tandis qu'il serrait REQUIEM contre lui, puis un éclair éblouissant... Une seconde plus tard, les deux hommes avaient disparu...
Haletant, luttant pour reprendre sa respiration, MAXIMUS rampait sur le sol, les yeux dilatés, la bouche ouverte pour aspirer avidement de l'air, comme un poisson rejeté sur le rivage. Sa main était pressée contre sa poitrine, du sang coulait entre ses doigts gantés d'acier.
Au FORUM, l'armée de morts-vivants s'arrêta brusquement, puis tous les morts s'effondrèrent comme un immense château de cartes et roulèrent au sol dans un tourbillon de poussière, retournant à leur éternel sommeil.
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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Mer 8 Fév 2012 - 1:16

Fin du cycle (2)

MAXIMUS reposait, inconscient, la poitrine bandée, sur un lit de cristaux parcourus de vibrations et crépitant d'énergie bleutée. Ses fidèles l'y avaient déposé après qu'il soit tombé dans le coma, suite à la terrible blessure infligée par le sortilège de REQUIEM. Le Maître du Mal était depuis plongé dans un sommeil profond et visiblement sans retour. Seule l'énergie émanant des cristaux maintenait son corps en vie. Autour de lui, ses lieutenants se dévisageaient en silence, déjà prêts à se déchirer et s'entretuer pour le pouvoir. La division, la discorde et la haine fleurirent en un instant, des mains gantées de métal effleurèrent les pommeaux ouvragés des épées... Il n'était pas nécessaire d'être un sage pour lire dans leur attitude une sombre guerre civile imminente...
...
REQUIEM revînt lentement à lui. Il prît conscience d'être étendu, la tête posée sur un oreiller, le corps pansé et apaisé. Il reposait dans un vaste lit de cèdre aux incrustations d'émaux. Au-dessus de lui, la tête du lit était ornée d'une statue représentant un génie protecteur, les bras ouverts et le visage souriant. Un soleil radieux entrait par la fenêtre ouverte sur le jardin. Au-delà des massifs de fleurs et des bosquets odorants parvenait la rumeur assourdie d'une vaste cité. Alors que le Maître de la Nuit se redressait, VS entra, eût un sourire et vînt s'asseoir sur le rebord du lit.
- Comment te sens-tu ?
- Où... Où sommes-nous ?
- Chez moi, à Griseguilde.
- Il n'y a pas si longtemps, chez toi, c'était le FORUM, fît REQUIEM avec amertume.
Le Voyageur se leva, alla à la fenêtre et contempla le travail des jardiniers, les bras croisés :
- Tu ne m'auras pas sur ce terrain REQUIEM. J'ai pris ma décision et il est inutile de revenir sur le passé. MAXIMUS a sombré dans le coma, ses lieutenants se déchirent à l'heure qu'il est, sa forteresse est livrée aux flammes... LOWBAC, ANTARES et OORGAN ont pu fuir et rejoindre le FORUM.
REQUIEM resta allongé sans rien dire, écoutant le murmure des fontaines au-dehors.
- Et maintenant ?
- Je t'ai ramené Ténébreuse, ta fidèle épée. Enfin... C'est plutôt elle qui est venue à moi... Rien ne t'empêche de rentrer au FORUM désormais. Mais avant, je voulais te donner quelquechose.
Sur ces mots, le Voyageur alla ouvrir un petit coffret de laque noire et en sortît un flacon de verre qu'il posa avec précaution sur la table de chevet. REQUIEM lui jeta un regard interrogateur.
- C'est la potion d'oubli, préparée par les Herboristes Sacrés, à partir des larmes pourpres. Il y a deux doses, comme je l'ai demandé à NARCISSE.
- Pourquoi deux ?
- Une pour moi, pour oublier définitivement ZULA et me libérer de son souvenir. Une pour toi, pour ATALA...
Le silence qui suivît fût si profond qu'il en semblait paradoxalement assourdissant. Incapable de parler, REQUIEM restait figé, la bouche ouverte sur un refus farouche. VS se mordît la lèvre :
- C'est la seule solution REQUIEM... Vois la vérité en face : tu ne parviendras pas à ramener ATALA... Tu as échoué avec SADASTOR... Toi et moi nous arrivons à la fin de notre immortalité... Il faut nous défaire de cette obsession qui nous ronge et nous consume lentement, nous fait basculer dans la folie... Si nous buvons toi et moi cette potion, nous n'aurons plus souvenir de notre passé, nous serons enfin libérés. Libres.
REQUIEM ne répondit pas. VS alla prendre deux gobelets de pur cristal dans un meuble d'acajou, ouvrît le flacon, en versa le contenu dans les deux gobelets de manière équitable. Il en prît un et posa l'autre sur la table de chevet :
- Ma décision est prise. La tienne t'appartient.
VS sortît et alla jusqu'à la terrasse donnant sur les jardins. Après une ultime hésitation, il porta le verre à ses lèvres.
- Adieu ZULA. A jamais.
Le Voyageur bût lentement le contenu du gobelet. Aussitôt, il se sentît soulagé d'un poids énorme, comme un manteau glissant lentement de ses épaules. Il eût l'esprit soudain clair et lumineux et sourît au soleil. Quelle magnifique journée ! Il ne fallait pas rester enfermé par un si bel été ! Avec entrain, Voyageur Solitaire descendît dans le jardin, franchît la petite porte du mur d'enceinte et se mêla en souriant à la foule animée. Dans le ciel d'un bleu dur, le soleil vibrait et rayonnait : l'été serait chaud et brûlant cette année...

FIN DU CYCLE DES DISPARITIONS
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oorgan
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Mer 8 Fév 2012 - 14:10

Fantastique ! Wink
On sent bien l'influence de Clark Ashton Smith, bien qu'elle ne soit pas trop présente non plus. (Je pense surtout au moment où les morts-vivants retournent à la poussière dont ils sont issus, qui à un côté "Zothique", à Sadastor (nouvelle géniale, soi disant passant), et à "Une Vision du Léthé", poème en prose extrait de "Nostalgie de l'Inconnu").

Bravo pour cette conclusion, en tout cas !
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Sam 11 Fév 2012 - 23:18

belle finale VS ....
Mon coeur me fait souffrir ......
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Eros Ailedargent
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Mar 14 Fév 2012 - 9:57

Apothéose pour une fin grandiose!
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Mar 14 Fév 2012 - 12:46

Chouette fin VS !
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Ven 13 Avr 2012 - 12:13

Les deux cavaliers, essoufflés, arrêtèrent leurs montures écumantes prés de la barrière de bois peint du domaine. Autour d'eux se déployaient les dernières flamboyances de l'automne, la forêt semblait s'embraser dans un crépitement doré et un halo cendré nimbait les rives du lac. Warlock sauta à terre et tendît les bras pour aider Sylvia à descendre. Il profita du moment où elle était dans ses bras pour la serrer contre les dragons brodés de son pourpoint, le nez dans ses cheveux dénoués par le vent. Il aurait voulu la serrer ainsi contre lui pour toujours, sentir vibrer son corps souple contre le sien et se perdre dans le parfum de ses cheveux. Il voulût l'embrasser mais elle détourna la tête et s'échappa de sa prise en riant. Avec un soupir, il prît sa main dans la sienne et ils marchèrent, leurs chevaux suivant tranquillement derrière eux.
- Tu penses au FORUM, fît Sylvia.
- Je ne cesse de penser au FORUM... Tout me semble si étrange ces derniers temps.
- Pourquoi ? La guerre est terminée.
Le Grand Erudit eût un geste agacé, fauchant un fourré de sa cravache. Autour d'eux, le lac semblait plongé dans un silence rêveur, seulement troublé par le cri d'un héron noir.
- C'est autre chose... Tant de choses ont changé... Adrian a disparu, quittant le palais d'été sans rien dire, Yavanna s'en est allée également. Sans parler de Craft, dav-ID... Quand à Sombrecoeur, il n'a jamais été aussi peu présent depuis son retour.
- On dit qu'il est en manoeuvres avec ses troupes à l'extérieur ?
- Hum... Je pensais que les travaux de reconstruction et de rénovation du FORUM mettraient un peu d'animation en ville, mais même pas, malgré les efforts de Vador et Alin.
Warlock passa un bras autour des épaules de sa compagne et elle posa sa tête sur son épaule :
- Non ma chérie, ce n'est plus comme avant. Tu n'as pas connu cette époque insouciante où le Grand Palais s'illuminait chaque soir et résonnait de rires et de conversations. Tout nous semblait alors facile et joyeux et nous pensions, naïfs que nous étions, que celà durerait toujours.
Elle lui jeta un regard surpris :
- Tu veux dire que tu regrettes le temps des Divinités ?
- Non, non... C'est ... la folie et l'insouciance de cette époque que je regrette. Bon ! Laissons là le passé, on ne peut rien y changer. Viens, rentrons, il commence à faire frais. L'hiver est précoce cette année.
...
Le responsable de la bibliothèque de la Maison du Savoir et de la Connaissance redescendît de son escabeau, un volume relié à la main, avec un sourire :
- Voilà Seigneur Régent, je l'ai trouvé.
Requiem prit le livre, l'ouvrît et en fît tourner rapidement les pages. Le Maître de la Nuit formait une silhouette inhabituelle en ce lieu d'érudition et de savoir, avec sa tenue noire ornée de petits crânes d'ivoire terni, son ample manteau sombre comme une nuit sans étoiles et sa fidèle épée, Ténébreuse, passée à son côté. Une aura de mystère et de mélancolie nimbait le nécromancien, provoquant une certaine gêne ou timidité en sa présence, n'encourageant guère le contact. Erudits, esclaves et savants qui fréquentaient les lieux s'inclinaient devant lui et filaient prestement à leur travail et études.
Requiem referma le livre d'un claquement sec, remercia le responsable et quitta la bibliothèque d'un pas nerveux. Au détour d'un couloir, il manqua buter sur une haute silhouette qui venait en sens inverse, absorbée dans la lecture d'un rouleau de papyrus.
- Mes excuses, j'étais distrait et... Par les sombres feux du Cimetière des Brumes !
Ceux qui se trouvaient dans le couloir se figèrent, n'osant presque plus respirer, avant de baisser la tête et de fixer les mosaïques bleues, vertes et blanches du sol. Un silence presque tangible imprégnait les lieux, aussi épais que du velours, presque oppressant.
VS n'avait plus grand chose à voir avec le grand seigneur brillant et fastueux d'autrefois, le Régent triomphant qui donnait des fêtes somptueuses dans son palais du lac. Le Voyageur avait repris sa liberté et ses errances et celà se voyait : il avait maigri, ses joues s'étaient creusées, et il arborait un teint bronzé et marqué par la vie au grand air. Il était à nouveau bâti avec l'économie des terres sauvages qu'il arpentait inlassablement, comme s'il s'était dépouillé de toute coquetterie, de tout ce qui était superficiel ou artificiel, revenant à l'essentiel. Il y avait quelque chose de... fou et desespéré dans son regard, comme quelqu'un qui cherche quelque chose qu'il n'atteindra jamais. Sa tenue de voyage était de bonne qualité, mais aussi sobre et austère que celle de Requiem.
- Comme tu as changé... murmura ce dernier. Mais... Que fais-tu ici ?
- Je suis venu déposer, à la demande d'Alin, deux exemplaires de mes récits de voyages pour les mettre à disposition de la bibliothèque.
- Ah oui, "Retour à Griseguilde" et "L'île des dieux sauvages". Lowbac les a lu et m'en a dit du bien.
- C'est gentil à lui...
Il y eût un silence gêné, les deux hommes se regardant sans rien dire, chacun attendant de voir si l'autre allait oser relancer la conversation. Ils semblaient gênés, presque intimidés de se retrouver face à face après ce qui s'était passé. Requiem prit conscience des autres, figés et têtes baissées, et celà l'énerva. Il prît le bras de VS et l'entraîna vers la sortie :
- Et que penses-tu de la rénovation du FORUM ?
- C'est vrai que la Cité a bien changé depuis mon départ, les travaux vont bon train.
- Oui, Alin parle d'un "petit coup de peinture", mais c'est un vrai chambardement, fît le Régent en riant. As-tu des nouvelles de Vic ?
- Oui, bien sûr. Il s'est mis en tête d'intégrer l'ordre des Guérisseurs Sacrés. Du coup, il est plongé dans les examens d'entrée, à tel point qu'il en perd le sommeil et n'a plus une minute à lui. Même Estelle a toutes les peines du monde à le tirer de ses livres, grimoires et potions.
Les deux hommes étaient arrivés sur le large parvis de marbre, couvert par les feuilles rousses et or de l'automne. La voiture de Requiem attendait en bas des marches, atellée à deux robustes étalons d'un noir profond, arnachés de cuir rehaussé de pierres de lune.
- Bon, eh bien... Je vais te laisser. Aqme m'attend au palais... Ces affaires d'état auront raison de moi, ma parole ! Tu... Tu restes en ville quelques jours ?
- Je ne pense pas que ce soit trés souhaitable. Je vais faire un passage à mon atelier, saluer Antocidas et repartir.
- Bon... A une prochaine fois alors...
Le Régent monta dans la caisse laquée de noir, le cocher remonta le marche-pied, referma la portière et sauta sur son siège. Le carrosse s'ébranla vers l'Agora dans le martèlement des sabots. Debout au pied des marches, le Voyageur semblait réfléchir, perdu dans ses pensées, le front barré d'un pli soucieux sous son capuchon, insensible au vent qui s'engouffrait sous son manteau. Il se mordît la lèvre et se mît en route vers son atelier.
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Maximus
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Ven 13 Avr 2012 - 13:31

( Cool le retour de VS ! )

Le Donjon maudit se dressait , ombre sinistre de pierre noire aux contours menaçants . Autour de lui , l'antique cité des maléfices était à moitié en ruine , entièrement abandonnée . Nombres d'anciens bâtiments et tours de gardes ne sont plus que tas de cendres et de gravats suite à la guerre civile qui se déchaîna lorsque le Maître des lieux perdit conscience . Les légions noires avaient chacune quittées la forteresse pour s'installer ailleurs . Seuls désormais des bêtes maléfiques et des groupes d'orques et de gobelins rodaient toujours dans les ruelles fantômes .

Une sombre silhouette avançait vers la forteresse . Le personnage encapuchonné passa au dessus de la grande porte Nord ouverte . Il regarda pendant un moment autour de lui pour s'assurer que personne ne le suivait , puis continua son chemin vers le Donjon maudit , seul monument intact de la forteresse . Il marcha lentement sur le pont qui donnait accès au donjon , posa une main noire aux griffes aiguisées sur la porte de pierre , et aussitôt cette dernière s'ouvrit lentement . Il dévala les longs escaliers , passant près des nombreuses statues de divinités sombres et de gargouilles menaçantes . Il s'arrêta dans un couloir gris aux dalles de pierres rouges . De nombreuses tapisseries étaient fixés sur les murs . Certaines représentaient les divinités du chaos et des ténèbres , d'autres montraient d'antiques scènes de combats et de batailles , comme la guerre des ténèbres contre les Shadakines , la guerre des Titans , la chute des Vardass ...
Le sinistre personnage passa près de nombreuses armures noires et de têtes empaillés avant de s'arrêter devant une porte de bois bardée de fer . Le type au capuchon posa de nouveau sa main noire sur la porte et cette dernière s'ouvrit . Mais un piège l'attendait : trois arbalètes apparurent près de la porte et criblèrent l'intrus de flèches . Les carreaux se plantèrent dans le tissu du capuchon , mais l'inconnu ne bougea même pas d'un pouce . Aucune goutte de sang ne tomba sur le sol , aucun bruit ne se fit entendre . L'intrus pénétra alors la chambre comme si de rien n'était . Devant lui , une grande table couverte de cristaux étaient activée . Sur cette table se couchait le terrible seigneur du Mal Maximus .
Le personnage encapuchonné passa sa main au dessus du corps du seigneur endormis , et c'est alors que ce dernier ouvrit ses paupières et se releva . Il respira de longues bouffées d'air avec avidité , regarda autour de lui puis l'homme encapuchonné .
_ Qui est tu ? Pourquoi m'as tu soigné ? Est que c'est il passé ?
_ Je suis un messager des Dieux du mal . Naar en personne m'as envoyé avec l'accord des autres dieux pour te délivrer de ton coma . Tu étais endormis durant quelques mois , et pendant ce temps les armés du mal se sont entre-tuées par absence de commandant . Alors les dieux ont décidés que ce seras toi qui reprendras le flambeaux , et pour t'aider , il t'offre l'immortalité en échange de ton coeur .
- Voila pourquoi je ne ressent plus de battements ... je suis très honorer par le choix de mes dieux . Je ferais tout pour faire régner le mal de nouveau .
_ Excellent , à vous de jouer seigneur Maximus ...
Loin dans la salle , le petit pigeon espion du Forum voleta pour aller prévenir les forumeurs de la menace imminente du retour de Maximus .
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Ven 13 Avr 2012 - 15:13

Bon retour sur le Forum VS, en espérant que tu y trouves plus d"attraits que dans les terres sauvages.
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Ven 13 Avr 2012 - 16:46

Gilibran savonna ses mains dans la chaleur du feu, se hissa sur une chaise et alluma sa pipe de bruyère avec un soupir de plaisir. Dehors, le vent aigre de la nuit soufflait dans les branchages, faisant craquer les ramures des arbres. Rien n'avait changé à la Grande Forge depuis le départ de dav-ID, Gilibran y avait veillé. Le fidèle nain veillait personellement à l'entretien de la chambre de son maître, comme si ce dernier s'apprêtait à rentrer le soir même. On frappa à la porte et un des gnomes de la forge entra :
- Gilibran...
- Hum ?
- Le seigneur VS est ici et demande à te voir.
- Je vous ai déjà dis d'y aller mollo sur l'herbe à fumer des hobbits...
- Gilibran, je suis sérieux, il attend en bas.
Le brave nain descendît dans le hall et dût se rendre à l'évidence : impossible de se méprendre sur la haute et mince silhouette qui attendait, appuyée des deux bras au dossier d'un haut fauteuil. Gilibran avait deux raisons d'en vouloir au Voyageur : d'abord sa taille (le nain lui arrivait à la ceinture) et ensuite, il le considérait comme responsable du départ de son maître. Pour bien lui faire comprendre, Gilibran ne fît pas de révérence, se contentant de saluer de la tête. VS ne releva pas (bien qu'il soit assez à cheval sur le protocole)...
- Bonsoir Gilibran... Je suis juste de passage. Je voulais simplement avoir des nouvelles de ton maître... si tu en as...
- Mon maître est parti. A cause de toi.
- J'en ai conscience et je le regrette. Celà ne m'empêche pas de m'inquiéter pour lui et de vouloir de ses nouvelles.
- Mon maître est parti, je te l'ai dis. En son absence, je veille sur sa maison. C'est pourquoi je pense que tu n'es pas le bienvenu ici et tu devrais partir.
Il y eût un lourd silence, pesant.
- Tu sembles oublier à qui tu t'adresses, Gilibran...
- Au contraire, je sais parfaitement à qui je m'adresse. Par conséquent, je te prie de sortir. Bonne nuit.
...
Le vase se fracassa sur le sol. Antocidas n'en continua pas moins à jouer de sa lyre tandis que VS tournait comme un lion en cage dans le salon, martelant les motifs floraux du sol de ses bottes.
- Arrête de tourner comme ça, tu me donnes le vertige. Sérieusement David, tu t'attendais à ce que Gilibran t'accueille les bras ouverts et la bouche en coeur ?
- Bien sûr que non ! Mais de là à me faire insulter par un esclave !
- Gilibran est libre, dav-ID l'a affranchi il y a longtemps.
- Ah merde ! Ne joues pas avec les mots, tu veux !
Sans répondre, Antocidas entreprît d'accorder son instrument en réglant les chevilles d'os et d'ivoire qui tendaient les cordes. Le Voyageur continuait à tourner en rond, écumant, le visage fermé.
- Tu me fais rire David, tu es toujours aussi orgueilleux... Après ce qui s'est passé, après ton éclat devant toute la Cour, tu reviens comme une fleur... Et tu voudrais que tout le monde t'accueille avec les honneurs, comme si rien ne s'était passé ? Tu es ridicule, tu te conduis exactement comme Sombrecoeur, tu as exactement la conduite que tu lui as reproché si violemment. Toi et lui, vous vous croyez indispensables, ce défaut vous perdra.
- Je voulais simplement avoir des nouvelles du Forgeron, c'est tout.
- Et qui te dit qu'il a envie de t'en donner ?
Le Voyageur s'arrêta brusquement, interdit, comme si son ami l'avait frappé. Dehors, une nuit noire et froide s'étendait sur le lac, un vent furieux faisait ondoyer et craquer les grands aulnes et les pins.
- Franchement David, je suis heureux de te voir et tu le sais. Tu sais combien est fort le sentiment qui nous lie toi et moi. Mais je pense que tu as fait une erreur en revenant, même pour quelques jours.
- Je suis seulement de passage, pour déposer mes ouvrages à la bibliothèque, sur demande d'Alin.
- Oh non... ça, c'est ton prétexte. Tu es revenu parceque le FORUM te manque, même si tu refuses de l'avouer et de le reconnaître, c'est tout. Et tu n'as pas apprécié de te faire remettre à ta place. Toi et Sombrie vous êtes pareils, décidemment.
Un deuxième vase s'écrasa sur le marbre et le Voyageur sortît en claquant la porte avec une telle violence qu'il faillit en faire sauter la poignée.
"Bon, je pense qu'il est l'heure d'aller se coucher" soupira Antocidas en reposant son instrument...
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Requiem
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Ven 13 Avr 2012 - 17:17

je ressens une petite pointe de nostalgie dans ton premier post du jour VS, en tout cas beau texte comme d'habitude

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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Ven 13 Avr 2012 - 18:59

Je n'ai jamais "pollué" le beau topic de VS mais pour le coup:

Citation :
Après ce qui s'est passé, après ton éclat devant toute la Cour, tu reviens comme une fleur... Et tu voudrais que tout le monde t'accueille avec les honneurs, comme si rien ne s'était passé ? Tu es ridicule, tu te conduis exactement comme Sombrecoeur, tu as exactement la conduite que tu lui as reproché si violemment. Toi et lui, vous vous croyez indispensables, ce défaut vous perdra.

Moi, je serai heureux que tu reviennes définitivement VS; ta plume nous manque mais sans doute moins que ta présence...

Tandis que le Voyageur ressassait les souvenirs en usant les pavés de son regard songeur, il n'apercevait pas encore l'ombre haute et glaciale qui lui barrait la route. Relevant la tête presque par réflexe, il fut d'abord saisi par le râle sifflant de celui qui se tenait fermement devant lui. Puis il vit la main gantée de noir qui se tendait vers lui; elle n'attendit pas que le Voyageur la saisisse. Le Sombre Seigneur Sith anticipa et lui délivra une accolade aussi brève que puissante avant de l'apostropher:
" Eh là, l'ami! Hors de question que tu quittes ces lieux avant d'avoir franchi les portes de cette taverne".
Voyant l'hésitation de VS, il poursuivit immédiatement:
"Tu ne peux me refuser cette invitation! D'ailleurs c'est un peu grâce à moi que cette nouvelle échoppe se tient là... Et comme tu as des milliers de choses à raconter, tu risques d'avoir la langue sèche au bout d'une demi heure..."

Derrière le masque, il n'était pas difficile de deviner le sourire et le clin d'oeil que le Seigneur Vador esquissaient. Sentant que toute résistance était vaine, VS fut le premier à pénétrer dans la salle envahie par la fumée et le bruit des chopes s'entrechoquant...


Dernière édition par vador59 le Ven 13 Avr 2012 - 19:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Ven 13 Avr 2012 - 19:28

La pluie s'était mise à tomber, une pluie froide, une pluie d'hiver, précoce en cette nuit d'automne. Au Grand Palais, Alin reposa sa plume et fixa Requiem comme s'il voyait émerger un démon des abysses :
- VS ? Tu as croisé VS à la bibliothèque ?
- Oui, ce matin. Il venait déposer un exemplaire de ses récits de voyage- à ta demande d'ailleurs- et je cherchais une recette de fondant au choco... Enfin, bref ! Et Vador lui est tombé dessus également, ils ont bu un verre chez Squallion.
Alin repoussa son siège et se frotta les yeux avec un soupir, comme un homme qui cherche à dissiper un mauvais rêve.
- Et il t'a dit s'il comptait rester ?
- Je ne pense pas, il est juste passé saluer Antocidas et récupérer des affaires à son atelier.
Alin s'assombrît, les sourcils froncés :
- Antocidas... Je me demande quel est le lien qui les uni ainsi l'un à l'autre... A moins qu'il ne fasse partie de votre joyeuse bande d'immortels lui aussi ?
Requiem sursauta violemment et tourna un visage stupéfait vers le Juge Suprême.
- Oui, Reki... Je connais votre histoire à toi et VS... Ton amour pour Atala, ta fuite, ta rencontre avec VS à Atalis il y a plus de 1000 ans... Et ton projet insensé de faire revenir Atala parmi les vivants... Tu aurais dû faire comme VS et absorber la potion d'oubli, tu n'y arriveras jamais.
- C'est moi que celà regarde, Alin. J'ai aimé Atala d'un amour qu'aucun de vous ne peut comprendre ou ressentir. En ces temps, l'amour était autre, une force primordiale et fusionelle, aussi brillante qu'un soleil comparé à la flamme d'une bougie. Atala sera à nouveau à moi, je l'ai juré et je tiendrai mon serment. Bientôt d'ailleurs...
- Tu as vu ce que celà a donné avec Sadastor...
Le Maître de la Nuit frémît. Alin avait touché une corde sensible, le souvenir de Sadastor et de son sacrifice était une brûlure, une blessure ouverte qui ne se refermerait jamais.
...
La pluie tombait et crépitait sur les toits et les dômes du palais du lac, s'écoulait en un son plus flûté dans les gouttières de cuivre. On frappa à la porte.
- Oui, entre, fît VS.
Antocidas entra dans la chambre plongée dans la pénombre, vînt s'asseoir au bord du lit et passa un bras autour des épaules du Voyageur :
- Je me doutais que tu n'arriverais pas à dormir.
Sans répondre, VS fixa la pluie qui tambourinait et ruissellait sur les vitres. Après une hésitation, le mercenaire osa la question qui lui brûlait les lèvres :
- David... Tu te souviens de Zula ?
- Qui ? De qui me parles-tu ?
- Non, rien, laisse...
Dans la pénombre, le guerrier dissimula un sourire froid. La potion d'oubli des Herboristes Sacrés avait fait son effet, indiscutablement. Antocidas n'avait jamais supporté la liaison entre VS et la belle esclave, sa jalousie était devenue un noyau dur fiché dans son coeur. Que VS ait complètement- et définitivement- oublié Zula n'était pas pour lui déplaire.
...
La fête battait son plein à la Maison des 1001 fleurs. Dans les salons illuminés, les invités allaient et venaient, au milieu des rires et des conversations, tandis que les musiciens jouaient en sourdine. Radieux, Rapha déambulait avec à son bras la belle Murielle, rayonnante. La liaison entre ces deux-là ne cessait d'étonner tout le Forum. Que Rapha soit amoureux ne surprenait personne : quel homme ne rêverait pas de tenir une femme comme Murielle dans ses bras ? Mais elle ? Pour beaucoup, l'intriguante à la tête froide n'était pas du genre à se perdre dans les méandres de l'amour. Pourtant, le couple, magnifiquement assorti, tenait bon.
- Elle est vraiment rayonnante, fît Lowbac avec une pointe de jalousie.
- Oui, mais si j'étais Rapha, je me méfierais, répondît Albatur. Avec une femme comme ça à ses côtés, on ne doit jamais être vraiment certain de se réveiller le matin...
- Tout à fait d'accord, enchaîna Donald. Je ne lui laisserai pas un poignard à portée de main...
Soudain, un grand silence étonné se fît et les danseurs s'arrêtèrent : Requiem en personne venait d'entrer. Les invités échangèrent un regard étonné en plongeant dans leur révérence. Ce genre de soirée n'était pas vraiment dans les habitudes du Régent... Aussi surprise que les autres, Murielle vînt saluer cet invité innatendu, avec un sourire un peu forcé.
- Seigneur Régent, quelle surprise... Et quel honneur pour ma maison.
Requiem prît la main douce et parfumée, y porta ses lèvres :
- Chère Murielle... Je m'attache à ton bonheur bien plus que tu ne le penses...
La courtisane frémît, mal à l'aise. Le regard sombre du Maître de la Nuit s'attardait sur elle. Elle avait l'habitude du regard, du désir des hommes posé sur elle. Mais là, c'était autre chose... Requiem semblait nourrir de sombres desseins en l'observant et elle fût vraiment soulagée lorsqu'il la laissa pour aller saluer Youpi et Néméion.
- Tu l'as invité ? demanda Rapha en lui passant un bras autour de la taille.
- Non, je te le jure... Je suis aussi étonnée que toi de le voir là...
Là-bas, Requiem bavardait, mais son regard venait se poser régulièrement sur Murielle. La jeune femme frémît et agita nerveusement son éventail. Pour la première fois depuis longtemps, l'intrépide aventurière connût le frisson glacé de la peur.
Dehors, le tonnerre grondait et la pluie redoubla de violence dans la nuit noire et froide.
...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Ven 13 Avr 2012 - 23:36

Les derniers invités venaient de partir. En bas, dans les salons, les serviteurs allaient et venaient en baîllant, éteignant les lampes, récupérant bouteilles et plateaux pour les ramener aux cuisines tandis que le concierge faisait le tour de la maison, accompagné de son chien, pour fermer portes et fenêtres.
Dans sa chambre, Murielle se brossait les cheveux, assise devant sa coiffeuse et elle ne pût s'empêcher de sourire à son image dans le miroir. La lueur vacillante des bougies baignait d'un halo doré son visage au modelé parfait et mettait deux points d'or dans le vert de ses yeux. Allongé en travers du lit, Rapha semblait perdu dans ses pensées, fixant le haut plafond peint.
- A quoi est-ce que tu penses ? demanda la courtisane.
- A Requiem.
Murielle frémît, posa sa brosse à cheveux et se retourna vers son amant :
- Pourquoi ?
- Je reste étonné de sa présence ici ce soir... Ce n'est pas dans ses habitudes ce genre de soirée... D'un autre côté...
- D'un autre côté ?
Rapha se retourna sur le ventre et sourît :
- Requiem est un nécromancien : ses émotions et ses sentiments ne sont pas ceux d'un simple mortel. Les arts qu'il étudie ne le prédisposent pas à ressentir les émotions de tout un chacun.
- Il me fait peur parfois.
Rapha se leva et alla passer ses bras autour des épaules délicates de sa maîtresse, l'embrassant dans les cheveux :
- Tu n'as rien à craindre ma beauté. Je suis là pour te protéger.
- Oui, n'est-ce pas ? fît Murielle en se blotissant contre sa robuste et large poitrine.
...
Les esclaves silencieux déposèrent leur lourd fardeau avec précaution et, sur un signe de leur maître, se retirèrent sans bruit. Resté seul, Requiem s'approcha lentement, presque hésitant, du massif sarcophage ouvragé d'or qui avait traversé déserts, plaines, vallons et océans pour parvenir jusqu'à lui, ici, dans les profondeurs de son palais. Un long voyage, par bateau, en chariot, sur terre comme sur mer, dans le plus grand secret. Le couvercle du sarcophage était en verre, magnifiquement travaillé et ouvragé, avec tout l'art d'une civilisation hautement évoluée. Et à travers, on pouvait apercevoir son occupant, reposant sur un fond de velours améthyste. Une femme, les bras croisés sur sa poitrine d'ivoire... Elle semblait endormie plutôt que morte, comme si ses yeux aux longs cils d'or allaient soudain s'ouvrir. A la lueur de sa lampe, Requiem admira ce corps qu'il connaissait par coeur : ce corps souple et fluide, voluptueux et élancé, de la couronne de cheveux blond cendré aux petits pieds aux ongles laqués de nacre... Le visage aux traits purs, la petite bouche délicatement ourlée, le nez droit et fin, l'arc parfait des sourcils... Même les plus sages d'entre les sages n'auraient pu dire quel art mystérieux avait ainsi préservé ce corps splendide des outrages du temps. Personne ne pouvait savoir qu'à l'intérieur de ce corps à la chair ferme et souple, les organes étaient en place, intacts, parfaitement conservés eux aussi. C'était tout l'art, toute la science d'une race trés ancienne et disparue depuis des siècles qui se retrouvait là, dans la préservation incroyable de ce corps, de cette femme qui avait traversé les âges pour rejoindre l'homme qu'elle aimait. Avec émotion, les larmes aux yeux, Requiem caressa le couvercle ouvragé.
- Atala... Mon amour... Bientôt... Je te le promet... J'ai trouvé celle que je cherchais... Dans peu de temps, ce sera la Nuit de la Conjuration, la nuit qui ne survient qu'une fois tous les 1000 ans. Et alors, tu reviendras vers moi. Et si ce monde ne te plaît pas, j'irai t'en conquérir un autre...
La main et la voix du Seigneur de la Nuit tremblaient violemment, son corps semblait pris de fièvre. C'était sa dernière chance, personne ne devait se mettre en travers de sa route. Bientôt... Bientôt, ils allaient renaître. Tous les deux.

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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Sam 14 Avr 2012 - 15:56

Le lendemain fût un vrai matin d'automne, doux et tranquille. Le soleil avait séché les pluies de la nuit et satinait les tuiles et les arêtes des toits d'une douce lueur blonde. Les jardins de Balthus, le jardin d'hiver, le parc du Grand Palais se couvraient des dernières flamboyances de la saison, dans une explosion de couleurs. De l'autre côté du lac, sur les coteaux escarpés, les vignerons achevaient les dernières vendanges. Au Grand Palais, l'ambiance était nettement moins bucolique...
- Ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas possible ! s'exclama AqME.
- Nos espions sont formels, soupira Alin. Il semble bien que Maximus soit revenu parmi nous...
- Par les dieux, ne pouvais-tu terminer ton oeuvre et le tuer ce jour-là ? demanda AqME, furieux, à Requiem.
Ce dernier, accoudé au manteau de marbre de la cheminée, eût un sourire froid :
- Ce n'est pas si facile que ça... Le sortilège de l'Extraction nécessite une force qui me faisait défaut à ce moment.
Le Maître de la Nuit tentait de cacher son trouble. Quand Alin avait convoqué un conseil extraordinaire des Régents pour leur annoncer le retour de Maximus, Requiem avait crû sentir son être vital se liquéfier. La Nuit de la Conjuration était dans trois jours, Murielle ne se doutait de rien... Et voilà que trois ans après la fin de la Guerre des Titans, un démon surgissant du passé risquait de tout faire échouer. Non... Personne ne se mettrait en travers de son chemin.
Warlock, assis dans un fauteuil au haut dossier sculpté, haussa les épaules :
- Inutile de s'alarmer et s'affoler inutilement : Maximus est loin d'avoir sa puissance d'autrefois, sa forteresse n'est qu'un tas de ruines noircies, son armée détruite, ses lieutenants se sont tous entretués. Que pourrait-il faire ?
- Avec lui, on est jamais sûr de rien, répondît AqME. J'aimerais que mon fils grandisse en paix, tu vois.
Requiem poussa un soupir :
- Allons, Warlock a raison. De plus, l'écran magique fonctionne toujours et reste infranchissable. Il a été renforcé sans cesse depuis la fin de la Guerre des Titans, depuis trois ans. Sans oublier l'Alliance Sacrée : les peuples amis qui nous ont aidé sont prêts à se battre à nouveau à nos côtés : Les Amazones, le Kaï, les Herboristes Sacrés, Antocidas et ses hommes...
Alin fît la grimace, jouant nerveusement avec son presse-papier en verre coloré :
- Je n'ai guère confiance en Antocidas, tu le sais.
- Tu devrais : il est à la tête de 3000 mercenaires aguerris et disciplinés, c'est un guerrier redoutable, ce n'est pas le moment de semer le doute et la confusion dans son esprit. De toutes façons, VS n'a qu'un mot à dire et Antocidas fera ce qu'il voudra, il lui obéit sans chercher à comprendre.
Warlock fronça les sourcils en reposant son verre :
- Tu parles de VS comme s'il était parmi nous.
- Il est à son ancien palais depuis hier.
Un silence lourd suivit la réponse de Requiem, AqME et le Grand Erudit échangèrent un regard stupéfait. Alin se leva, dans le bruissement de sa robe de brocart vert brodée d'or :
- Mieux vaut savoir où nous mettons les pieds. Qu'une unité de la Garde d'Or parte immédiatement pour les ruines de la forteresse de Maximus. Nemeion en prendra le commandement. Que Squallion fasse rentrer toutes les réserves d'eau et de nourriture en ville, que Donald mette la flotte en état d'alerte et qu'on double la garde. En attendant, silence absolu sur cette affaire, inutile d'affoler la population inutilement. Le conseil est terminé.
Dés qu'il fût dans l'antichambre, Warlock ordonna qu'on lui selle un cheval. De son côté, Requiem se tourna vers Nepher, son fidèle esclave, qui attendait non loin :
- Tu connais Murielle, la Grande Courtisane ?
- Oui, Maître.
- Elle est sous ma protection désormais. Fais-là suivre discrètement par tes hommes. Quelques soient les évènements à venir, il ne doit rien lui arriver, absolument rien, tu m'as compris ?
- Oui, Maître.
Resté seul, Requiem se mordît la lèvre au sang. La Nuit de la Conjuration approchait et Murielle en était la pièce maîtresse. Il ne devait rien lui arriver, elle devait être intacte pour ce moment fatidique que Requiem attendait depuis 1000 ans...
...
Au palais du lac, Warlock appris que VS était en promenade à cheval avec Antocidas.
- Mais tu es le bienvenu, Seigneur Régent, fît le chef des ennuques en s'inclinant. Le maître ne devrait pas tarder à rentrer, tu peux l'attendre ici sans problèmes.
Le Grand Erudit se retrouva donc dans le salon principal, les mains croisées dans le dos, contemplant les rives par les grandes porte-fenêtres. Un esclave vînt faire du feu, disposa une collation légère et se retira silencieusement, tête inclinée et mains jointes. Bientôt, des éclats de voix et de rires se firent entendre, mêlés aux hennissement des chevaux. Quelques minutes plus tard, le Voyageur pénétrait dans la pièce, suivi d'Antocidas, tapotant ses cuisses avec ses gants de peau souple.
- Warlock ! En voilà une surprise !
- Je pourrais dire la même chose... Depuis quand ne préviens-tu pas tes amis de ton retour ?
- Ah, ne me fais pas la morale, tu veux, fît VS en riant et en serrant l'érudit dans ses bras, lui tapotant amicalement le dos. Je ne suis que de passage en fait.
- Dans ce cas, tu as mal choisi ton moment...
- Que veux-tu dire ?
Warlock jeta un regard vers Antocidas, resté à proximité et VS se retourna :
- Laisse-nous.
Le mercenaire hocha la tête et se retira. Warlock tiqua, mal à l'aise :
- Je n'ai jamais vraiment compris la relation qui vous unit toi et lui...
VS haussa les épaules en se laissant tomber sur le divan aux coussins chamarrés :
- C'est lui, c'est moi, et nous nous sommes rencontrés. C'est là toute l'histoire.
Le chef des ennuques entra, s'inclina :
- Maître, pardonne-moi de te déranger, mais Penthésilée, Reine des amazones, est ici et désire te voir.
Avant que le Voyageur ait pû répondre, une femme entra. Grande et magnifiquement proportionnée, elle dégageait une vitalité inhabituelle chez une représentante de son sexe, une force qui n'empêchait nullement sa féminité de s'exprimer. Sa tenue de voyage, simple et fatiguée, faisait ressortir son teint d'ivoire, le feu ardent de ses cheveux roux et le vert de ses yeux. Il émanait d'elle une majesté, une autorité certaine, car elle était Penthésilée la Guerrière, Reine des Amazones. Elle et ses femmes avaient combattu pour le FORUM pendant la Guerre des Titans, trois ans plus tôt et depuis, un solide traité commercial liait les deux royaumes. La farouche souveraine n'avait jamais caché son attirance pour VS, stupéfaite de trouver un homme aussi indépendant, fort et libre qu'elle. Elle avait même été le voir à Griseguilde, dans son exil, et on racontait qu'ils avaient eu une liaison brève mais passionnée, formant un couple assez détonnant. Du coup, elle et Antocidas se vouaient une rivalité féroce, la guerrière enrageant de toujours trouver le mercenaire sur son chemin. De passage au FORUM en visite officielle, elle avait appris la présence de VS en ville et s'était précipitée pour le voir, croyant le trouver seul. En découvrant Warlock debout prés de la cheminée, elle se mordît la lèvre, stoppée dans son élan...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Dim 15 Avr 2012 - 1:10

Un peu surpris par ces visites imprévues, VS proposa de déjeuner tous ensemble puisque midi approchait. L'ambiance du repas fût plutôt surréaliste : à peine installés, Penthésilée et Antocidas se lancèrent dans une compétition de sous-entendus, de petites phrases assassines et d'allusions graveleuses l'un sur l'autre. A chaque fois que la flamboyante guerrière tentait de marquer sa propriété en apellant VS "mon voyageur" ou "mon guerrier", Antocidas la contrait en nommant le Voyageur par son prénom (il était le seul à oser se le permettre). Et à chaque fois, la rousse souveraine lui souriait de toute sa haine. Stoïque, VS se contentait de piocher avec entrain dans son plat de calamars aux herbes d'Allansia tandis qu'à l'autre bout de la table, Warlock se sentait si étranger à cette tempête de signes que la seule phrase qu'il avait réussi à placer était : "Quelqu'un pourrait me passer le sel, s'il vous plaît ?"...
Au Grand Palais, Alin allait et venait dans son cabinet de travail, sa longue robe jaune traînant comme un pétale de narcisse sur les marqueteries du plancher. Le visage sévère et tendu, les sourcils froncés, le Juge Suprême tournait comme un fauve irrité. Il faut dire que ces dernières trois années écoulées avaient été fastes pour Alin : après le départ de VS et l'exil volontaire de Yavanna et Adrian, lui et Requiem avaient nommé en urgence Warlock et AqME corégents pour rétablir la situation. Mais Requiem se renfermait de plus en plus sur lui-même (et maintenant Alin savait pourquoi), AqME était trop occupé avec son fils d'un côté et son école de l'autre et Warlock faisait passer la Maison du Savoir et de la Connaissance avant le reste. Du coup, Alin concentrait la majeure partie du pouvoir entre ses mains, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Ancien héritier du trône de Durenor spolié de son héritage et contraint de fuir, il trouvait là une revanche sur la vie et son sang royal gazouillait dans ses veines, heureux de retrouver son rang. Pour l'instant, ce n'était pas Maximus qui l'inquiétait, mais Requiem. Ce dernier préparait quelque chose, c'était évident, mais quoi ? Le retour-même temporaire- de VS ne le réjouissait pas vraiment non plus. Il n'avait rien de personnel contre le Voyageur, bien au contraire, mais le retour de ce personnage fort et charismatique risquait d'être un facteur de division à la Cour et de mettre en péril le fragile équilibre actuel. Alin avait pris goût au pouvoir, aux responsabilités, et sans l'équilibre émotionnel apporté par sa femme et ses enfants, il aurait été à deux doigts de basculer. Le pouvoir ne se partage pas, il était bien placé pour le savoir, lui que les intrigues avaient chassé de son royaume légitime autrefois. Oui, l'exercice du pouvoir avait opéré un changement subtil, mais profond dans l'esprit du Juge Suprême. Comme Requiem, il était désormais fermement décidé à ne laisser personne se mettre en travers de son chemin...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Dim 15 Avr 2012 - 22:58

La pluie menaçait quand Murielle sortit de la boutique de l'orfèvre Tullien. La jeune femme releva le capuchon de son manteau et pressa le pas pour rejoindre Rapha avant l'arrivée de l'averse. Le Maître des Athlètes devait la récupérer devant les portes du Grand Gymnase à la quatrième heure. Entendant un bruit derrière elle, la courtisane s'écarta pour laisser passer une lourde voiture atellée à deux chevaux noirs comme une nuit sans étoiles, sobrement arnachés de cuir laqué. La voiture la dépassa, puis s'arrêta dans le crissement des essieux et une portière s'ouvrît, lui barrant le passage :
- Salut à toi, Murielle.
La courtisane se figea : assis sur la banquette capitonnée de velours sombre, Requiem en personne la fixait avec un sourire froid :
- Mon cocher t'a reconnu et m'a alerté... La pluie menace, permet-moi de te déposer.
- Ce... Ce n'est pas utile, Monseigneur... Je suis attendue.
Une main impérieuse, gantée de noir, fût tendue.
- J'insiste.
Avec hésitation, la jeune femme monta dans la caisse et s'assît sur la banquette opposée comme sur des charbons ardents. Requiem claqua la portière et donna un ordre bref. La voiture s'ébranla, se balançant doucement au rythme des pavés luisants.
- Tu sembles nerveuse ?
- Disons... Un peu intimidée.
- Il n'y a pas de quoi, tu es en sécurité avec moi, je te l'assurre.
La voiture tourna autour de la place du Centaure, prenant la direction de l'Agora.
- Monseigneur, ce n'est pas le chemin. Rapha m'attend au...
Sans prévenir, Requiem bondît, ceintura la jeune femme et plaqua un mouchoir sur son visage. Murielle se débattît, paniquée, ruant des pieds et des mains, mais sa vitalité de chat sauvage ne pouvait rien contre l'étreinte solide du Maître de la Nuit. Le chlorophorme qui imbibait le mouchoir fît rapidement effet : ses mouvements se firent plus lents, ses yeux dilatés de panique se fermèrent lentement et Requiem sentît le corps souple se détendre dans ses bras. Avec d'infinies précautions, il déposa la jeune femme sur la banquette et dégagea doucement son visage de la masse soyeuse de ses cheveux noirs. Le carrosse prît la direction du Palais des Sépulcres.
...
Au Palais du Lac, les premières gouttes tombaient et crépitaient sur les dômes de cuivre et les toits de tuiles. La chambre de VS était plongée dans la pénombre, seulement troublée par la lumière du feu qui crépitait dans l'âtre en marbre vert de Varetta. Assise au bord de la couche aux soieries en désordre, Penthésilée remettait de l'ordre dans le flot d'or rouge de ses cheveux défaîts. Une lueur de triomphe semblait danser dans le vert ardent, presque tropical de ses yeux. VS dormait encore, calé contre un rempart de traversins et de coussins frangés, les yeux clos sur des songes qui n'appartenaient qu'à lui. La guerrière se leva, offrît ses bras blancs à la chaleur du feu avec un soupir d'aise, fît crépiter la masse flamboyante de sa chevelure avec une grâce étudiée.
- Je ne m'attendais pas à te revoir.
Elle sursauta, se retourna : bien réveillé, le Voyageur l'observait, calé contre ses coussins. Comme elle avait été naïve de se fier à son sommeil... Avec lui, on n'était jamais sûr de rien et c'est ce qu'elle aimait chez lui.
- Tu le regrettes ? demanda-t-elle avec un sourire moqueur.
- Certes non. Mais je sais combien tu supportes peu la présence d'Antocidas à mes côtés.
- C'est vrai. Mais vois-tu, depuis quelques temps, Antocidas ne me gêne plus. Plus du tout.
Le Voyageur se redressa et s'assît pour mieux la fixer dans la pénombre tiède.
- Tu parais bien sûre de toi.
- J'ai de quoi l'être...
Il fronça les sourcils. Il détestait jouer au chat et à la souris (surtout quand c'était lui la souris).
- Pourquoi es-tu venu me voir ? demanda-t-il.
- Mais, pour t'annoncer la bonne nouvelle... Elle ne manquera pas de te réjouir, j'en suis certaine.
- Quelle nouvelle ?
- Je suis enceinte. De toi.
Dehors, le tonnerre gronda.
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Lun 16 Avr 2012 - 14:09

Maximus était assis sur son ancien trône , toujours intact . Aucun lierre , aucune toile d'araignée ne recouvrait la salle du trône du Donjon Maudit tant la puissance négative on émane encore . La tête sur son poing , il était en train de réfléchir sur les plans à venir .
Sa priorité , c'était bien le forum , mais il avait appris maintenant que même avec une armée puissante et nombreuse , les seigneurs forumeurs pouvaient défendre avec efficacité leurs forteresse .
Le seigneur des ténèbres se releva lentement du grand trône de cristal noir , marcha sur les dalles mauves et s'arrêta devant la grande table centrale . Là , il posa sa pierre de vision pour espionner de nouveau le Forum . Il jeta un regard avide sur la pierre .
Avant d'être neutraliser , le cruel Maximus réussit à laisser dans différentes parties de la cité des scarabées espions . Par le biais de ces insectes , il pouvait suivre les nombreux seigneurs et connaître tout leurs plans .
Ainsi donc , les régents ont envoyés des hommes l'arrêter ? Mieux vaut les accueillirent comme il se doit . Et puis , il ne savent pas que nombres de bêtes carnivores rodent dans la forteresse en ruine . Ils risquaient de le payer chers .
Mais quelque chose d'autre attira l'attention de l'ancien membre du forum : C'était Requiem . Maximus serra fort son poing . C'était à cause de lui qu'il à perdu son pouvoir sur les terres voisines . Il était maintenant décidé à se venger de lui coûte que coûte . Et il n'allait pas tarder à le faire . Il commença à comprendre peu à peu les plans de Requiem . Ainsi il souhaite faire revivre sa jeune demoiselle dont il est si amoureux ? Quel plaisir ce serait si il empêchait le nécromant de réussir !!
_ Bien bien bien .... il est temps que je refasse mon apparition sur le forum !

..........

Dans la forteresse majestueuse du Forum , Maximus marchait lentement dans les rues sombres et peu fréquentées . Il marchait lentement , majestueusement , d'un air fier et sinistre . Il se dirigea vers Le grand palais . Une fois devant la porte , il se retrouva face à deux gardes d'or solidement armés .
_ Halte là ! vous n'avez pas ..... C'est .... Maximus !
Le seigneur des ténèbres , ne voulant pas être repéré , lança un sort de sommeil profond sur les deux gardes qui tombérent par terre . Il posa ensuite sa main sur la porte et des écritures écarlates se tracèrent sur le bois . Maximus laissa ce message :

" Pour Les seigneurs du Forum
Moi , Le seigneur des ténèbres , vous déclare solennellement mon retour ! Comme vous le craigniez , mes objectifs sont toujours les mêmes : vous réduire à l'esclavage . Je tiens juste à vous dire que , bien que mes forces renaissent petit à petit , j'ai encore le temps de m'amuser avec vous . J'ai pris dans plusieurs maisons royales des objets que vous chérissaient tant et je les aient cachés dans mon Donjon Maudit . A' vous de décider si vous êtes assez courageux pour aller les chercher .
Bonne chance !
Maxims "

Et les objets en question étaient : Le livre Blanc du Conseil des mages , la couronne royale d'Adrian , l'une des pierres qui activaient le bouclier protecteur et enfin , son meilleur trophée : Le sarcophage d'Atalla .
Celas feras sans doute trembler plus d'un ...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Lun 16 Avr 2012 - 18:27

- Cesse de me regarder comme si c'était moi qui était enceinte ! Et épargne-moi tes crises de jalousie, tu veux...
Antocidas restait figé sur son divan comme par un sortilège d'immobilité, la bouche ouverte tel un poisson hors de l'eau.
- Il s'agit bien de jalousie ! Mais tu es fou ! Tu n'as donc pas compris ? Elle t'a eu ! Elle a trouvé le moyen de t'enchaîner à elle, et par la plus douce, la plus exquise des chaînes : maintenant qu'elle porte ton enfant, elle sait trés bien que tu ne pourras plus rien lui refuser ! Elle t'as lié à elle comme un esclave à sa maîtresse !
Un silence passa, chargé de tension, tandis que VS allait et venait dans la pièce, incapable de rester en place. Il heurta un meuble et y envoya un coup de pied rageur, ce qui lui fît du bien.
- Peu importe, les choses ont changé. Plus rien ne sera pareil désormais.
Antocidas éclata d'un rire mauvais :
- En effet ! Que va-t-il se passer, tu veux que je te le dise ? Si c'est une fille, elle la gardera avec elle, pour qu'elle lui succède au royaume des amazones. Et si c'est un fils, elle s'en servira pour faire de toi ce qu'elle veut !
- J'ai moi aussi mon mot à dire dans cette histoire. J'ai également des projets pour cet enfant. Sa venue ouvre de nouvelles perspectives, réveille de vieux rêves enfouis... En attendant...
Le Voyageur se pencha sur Antocidas, prenant son menton entre son pouce et son index et approchant son visage du sien, avant d'articuler d'une voix froide :
- Ne t'avises pas de tenter quoique ce soit contre elle, tu m'as compris ? Elle est la seule à savoir ce qui nous unis toi et moi et tu ne l'as jamais supporté, ce que je peux comprendre. Mais par Atalis aux 1000 colonnes où je suis né, si tu t'en prends à elle... je te tuerai.
...
La porte de la taverne s'ouvrît, laissant entrer la pluie en rafales. Le nouveau-venu repoussa le panneau épais, puis baissa la capuche de son manteau de laine trempé. Immédiatement, rires et conversations s'arrêtèrent. L'inconnu était une femme, mais une femme comme aucun client de la taverne du dragon vert n'en avait encore vu... Grande, mince, le teint pâle comme baigné de lune, elle avait des cheveux blonds serrés en un chignon strict. Elle était belle, mais d'une beauté froide, glacée. Son visage était d'un ovale pur, avec des traits nets et précis, ses yeux gris sans peur ni hésitation. Le manteau s'ouvrît, dévoilant un corps mince, souple et deux sabres longs sur les hanches étroites. Elle créait le malaise : il n'y avait rien de doux en elle, elle évoquait plutôt une lame d'acier pur, droite et nette, inflexible. Les clients s'écartèrent sur son passage tandis qu'elle se dirigeait vers le comptoir d'un pas assuré. Le patron réprima une grimace et tenta de sourire :
- Bonsoir... Un verre ?
- Oui. Et aussi un renseignement.
Le tavernier tiqua : c'était la première fois qu'il entendait un tel accent... Et cette voix... On aurait dit une lame sortant de son fourreau de soie...
- C'est bien dans cette ville que vit Requiem le Nécromancien ?
- Le Seigneur Requiem ? Pour sûr ! Tu es au bon endroit.
L'étrangère eût un sourire. Enfin... Après tout ce temps... Elle touchait au but...
- Où puis-je le trouver ?
- Chez lui, je pense, au Palais des Sépulcres, sur l'Agora.
La femme posa plusieurs pièces sur le comptoir maculé de vin. Des pièces d'or trés anciennes, gravées du profil d'une cité inconnue et d'inscriptions archaïques.
- Ceci t'aidera à oublier notre conversation.
Le patron hocha la tête, mal à l'aise. Pas besoin d'or pour faire ce que cette femme lui ordonnerait tant elle l'effrayait...


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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Lun 16 Avr 2012 - 22:48

Le Palais des Sépulcres baignait dans un silence pesant au parfum d'éternité. Ses longs couloirs, ses cours intérieures et ses jardins étaient déserts. Serviteurs et gardes se terraient dans les chambres et salons, tremblant de terreur devant la rage et la fureur de leur maître. Prostré sur son siège d'ébène ouvragé d'or, Requiem était secoué de tremblements convulsifs, de sanglots plaintifs comme ceux d'un animal blessé. Depuis le vol du sarcophage d'Atala, plus personne ne pouvait l'approcher, le toucher. Le Maître de la Nuit semblait avoir quitté son corps, comme si son esprit même se recroquevillait dans un coin de son crâne. Mais lentement, la haine montait en lui, une haine aussi ardente que les gouffres des 7 enfers. Maximus... Cette fois, il l'anéantirait, même s'il lui fallait encore prolonger sa vie pendant des siècles pour y parvenir...
En attendant, il fallait se reprendre : la Nuit de la Conjuration approchait... Dans deux jours... Le nécromancien se leva lentement, puis se raidit en sentant une présence. Quelqu'un approchait... Qui pouvait oser ? Les portes ouvragées d'ivoire et de pierres de lune s'ouvrirent lentement et une femme entra. Rejetant sa chevelure en arrière d'un geste fier, elle s'avança pour s'arrêter au centre de la mosaïque ornant le sol, devant un Requiem livide, abasourdi. Tous ses sens, toute sa logique lui hurlaient que c'était impossible, que celà ne se pouvait pas.
- Brunhild...
- On entre dans ton palais comme dans un moulin... Tes gardes sont tellement terrorisés qu'ils se terrent dans les salons comme des enfants craintifs. Je n'imaginais pas parvenir à toi si facilement.
- Brunhild... Non, c'est impossible !
- 1000 ans Requiem... 1000 ans pour te retrouver enfin et te faire payer la mort d'Atala, ma petite soeur...
- Mais... Mais comment as-tu ...
- Après ta fuite, je me suis rendu dans ta maison : j'y ai récupéré tous tes papiers, tes notes, tes volumes et documents. J'ai passé bien des lunes à les étudier, les déchiffrer, les interpréter. Je savais au plus profond de moi que tu survivrais au désert de la Désolation Rouge. Plus tard, j'ai appris d'un marchand qu'un jeune nécromant avait été sauvé par un prince d'Atalis. Et comme par hasard, le corps d'Atala était volé un mois plus tard dans son tombeau. Je n'ai plus eu de doutes. J'ai découvert l'enchantement permettant de prolonger sa vie et l'ai utilisé sur moi.
Requiem blêmît et recula, une main sur la bouche :
- Par les sombres dieux d'Absalon... 1000 ans... Tu m'as cherché pendant 1000 ans...
- Et je t'ai enfin trouvé.
...
Dans la cour du Palais du Lac, les chevaux étaient sellés, les hommes de l'escorte se mettaient en selle : 30 guerriers parmi les meilleurs, combattants éprouvés, cuirassés et protégés par des amulettes de protection et des boucliers gravés de charmes protecteurs. Penthésilée leva les yeux vers les fenêtres de la bibliothèque, l'air inquiète. Pourquoi tardait-il tant ?
- Tu ne peux pas partir ! s'exclama Warlock. Maximus est revenu, il s'est joué de nous, s'est introduit en ville. Nous devons en finir avec lui !
Vêtu de sa tenue de voyage, VS enfila ses gants de peau souple, secouant la tête :
- Ce sera sans moi. Je pars. Je raccompagne Penthésilée dans son royaume où je resterai à ses côtés jusqu'à son accouchement.
- Je peux le comprendre. Mais par les dieux, pourquoi as-tu ordonné aux 3000 hommes d'Antocidas de ne pas se joindre à nous ?
- J'ai des projets pour eux. Tu crois que j'accepterai de me faire doubler par Penthésilée ? Qu'elle soit d'accord ou pas, je récupèrerai mon enfant lorsqu'il sera là. J'ai des projets pour lui et j'aurai besoin d'Antocidas et de ses hommes pour les mener à bien à ce moment-là. C'est pourquoi ils doivent m'attendre.
Le Grand Erudit se laissa tomber dans un fauteuil :
- Qu'est-ce que tu mijotes, VS ? C'est ça la vie que tu veux pour ton enfant ? Parcourir les routes, les auberges et relais, toujours sur les chemins ?
- Non Warlock. J'ai autre chose à lui proposer : le royaume que j'ai perdu autrefois lui reviendra, à lui.
L'érudit sentît un frisson glacé le parcourir :
- Atalis ? Atalis n'est plus qu'une cité oubliée, abandonnée, dont les ruines elle-mêmes sont en ruines ! C'est ça que tu veux donner à ton fils ou ta fille, un tas de gravats brûlés de soleil et de poussière ?
- J'ai les moyens de relever Atalis de sa déchéance, de lui redonner sa puissance, sa splendeur et son éclat d'autrefois. Ma fortune est suffisante pour la faire reconstruire. Antocidas et ses 3000 mercenaires en seront alors les premiers nouveaux habitants, les caravanes reviendront, les marchands s'y implanteront de nouveau, des colons y travailleront la terre dans les oasis... Je ferai revivre ma ville comme Requiem a voulu faire revivre Atala et mon enfant y règnera.
- Vous êtes fous tous les deux ! Aussi fous l'un que l'autre !
Le Voyageur eût un sourire en prenant son manteau :
- Il faut bien s'occuper... L'éternité, c'est long parfois...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Mar 17 Avr 2012 - 12:16

Maximus regardait la scène sur sa pierre de vision avec amusement . Le spectacle de la colère de Requiem était pour lui une jouissance extrême .
_ Enfin , tu connait la souffrance que tu m'as infligé ... et je te réserve encore bien pire .
Il avait caché chaque objet volé dans un lieu précis de la forteresse . Le livre Blanc était caché dans les profondeurs des tunnels qui servaient de nid aux hommes-insectes . La couronne d'Adrian était entre les mains des Orques , Maximus ayant donné cet objet royal à leur chef Grom La panse en échange de leurs loyautés . Et enfin , sa plus belle prise , le sarcophage , était dans l'une des salles du Manoir de l'Enfer , son ancienne demeure près du Forum . Tout était bien calculé , il avait même laissé des instructions sur la porte de la Grande Bibliothèque sur l'emplacement de chaque objet . Il se doutait bien qu'ils allaient foncé tête baissée dans ce piège tendu . Mais avant tout , il devait rappeler ses meilleurs généraux .
C'est alors que le bruit d'un puissant battement d'ailes se fit entendre . Maximus regarda en direction du bruit et sourit .
_ Tu est enfin revenu ! Depuis le temps , j’espère que tu n'as rien perdu de ta férocité !
Devant lui , marchant lentement avec ses pattes griffues , ses poils bruns reflétant la lumière des torches , ses ailes de chauves-souris repliés , sa queue de scorpion fouettant l'air .... la bête du Chaos était revenu pour servir de nouveau son maître .
_ Bien , maintenant , je vais réssuciter mon meilleur général . Quand je n'était encore qu'un simple apprenti au forum , j'ai pus lire plusieurs livres de nécromancie que Requiem gardait jalousement . Grâce à ces connaissances , je suis capable ... de ressuciter ton frère !
La bête du Chaos claqua de ses trois rangées de crocs pour exprimer son enthousiasme .
Maximus prit une poignée de poudre de Perlimpinpin avec laquelle il traça un pentacle . Il commença alors à ressuciter les mots de nécromants . Les torches prirent une lueur verdâtre , un froid sombre se fit sentir . De la fumée bleue jaillit soudain lorsque Maximus finis son incantation . Quand elle se dissipa , elle laissa place à un loup-garou de grande taille , à la fourrure noire , aux griffes aussi grandes que ceux de la bête du Chaos . Une puissante armure recouvrait son large torse .
_ Balthrox .... te revoilà parmi nous !
Le loup-garou s'inclina devant son maître :
_ Je vous remercie mon seigneur , me voila de nouveau à votre service .
_ Oui , et tu ne seras pas le seul ... car je vais ressuciter bien d'autres encore !

...........

Dans la grande salle du trône , d'autres nouveaux serviteurs revinrent à la vie pour servir leurs maître : Mozgoss le capitaine homme-lézard que VS avait tuer , les sept sorciers dont Asbeth , sans oublier le maître valet-démon et les spectres traqueurs . Mais il avait réussi à ressuciter de nouveaux personnages que le Forum avait térassé , à savoir : Davidou , Darknightmare , Le Roi Shadakine ... Tous lui obéiront au doigt et à l'oeil .
Un nouvel air de ténèbres allait naître ...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Mar 17 Avr 2012 - 21:09

Brunhild bondît sans prévenir, sa lame fendant l'air en sifflant. Requiem se rejeta en arrière et dans le même temps, Ténébreuse jaillit toute seule de son fourreau. L'épée intercepta celle de Brunhild, déviant le coup dans une gerbe d'étincelles et brisant la lame. Interdite, la guerrière recula, fixant avec stupéfaction sa lame brisée. Une seconde plus tard, elle se retrouvait plaquée contre le mur de pierre, la pointe de l'épée noire sur sa gorge frémissante.
- Ténébreuse, non ! Ne lui fais pas de mal ! ordonna Requiem.
Il y eût un instant de flottement où les battements de coeur de Brunhild semblaient résonner dans la pièce tandis qu'elle fixait la lame d'acier noir qui flottait et vibrait devant elle, la pointe pressée sur sa gorge. Puis, comme à regret, l'épée vola jusqu'à la main tendue de son maître. La guerrière dégaina sa dague, attaquant avec la vivacité d'un chat sauvage. Le nécromant tendit l'index et un rayon d'un blanc spectral en jaillit, foudroyant son assaillant en pleine course. Brunhild s'effondra et roula sur les mosaïques comme une chandelle soufflée. Elle semblait morte et seul le mouvement régulier de sa poitrine démontrait le contraire. Requiem frappa sur un gong d'ivoire en forme de crâne et ses serviteurs entrèrent.
- Emmenez-là et enfermez-là dans la crypte à côté de Murielle. Et vous maudirez le jour de votre naissance si jamais elle s'échappe.
Resté seul, le nécromant leva la tête, semblant écouter quelque chose qu'il était seul à entendre. De puissantes forces élémentaires se mettaient en place, des forces cosmiques et redoutables, signes funestes de grands bouleversements à venir. Le Maître de la Nuit eût un sourire mauvais.
"Ainsi donc, toi aussi tu t'amuses à réveiller les morts, hein Maximus ? Fort bien, nous allons donc jouer".
Une brève incantation fût prononcée, dans une langue morte et oubliée depuis longtemps. Puis le nécromancien quitta la pièce pour se préparer.
A des centaines de lieues de là, la pierre de vision de Maximus se mît à vibrer, de plus en plus fort, comme les battements d'un coeur affolé, puis soudain, elle explosa, projetant une averse de débris tranchants et enflammés dans la pièce. Dans le même temps, le roi shaddakine porta les mains à son cou, suffoquant, les yeux dilatés et la bouche grande ouverte, comme s'il se noyait. Sa peau se craquelait, se flétrissait et se creusait, prenant une teinte brunâtre... En quelques secondes, ce fût comme si le processus naturel de décomposition s'était accéléré. Le corps se recroquevilla, se tassa, se creusa... la peau se détacha en lambeaux et s'émietta, les muscles, organes et tissus fondîrent, les os cédèrent et tombèrent avec fracas sur le sol de pierre, avant de se décomposer eux aussi à une vitesse effrayante. Maximus se redressa, livide : du roi shaddakine, il ne restait qu'un peu de poussière emportée par le vent...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Dim 22 Avr 2012 - 23:40

La silhouette qui s'avançait avec prudence à travers les pontons glissants couverts d'algues et de débris détonnait avec la population du lieu. Dans ce village lacustre où se regroupaient les pêcheurs du lac, les habitants étaient généralement maigres et osseux, la peau brunie par le soleil, le corps fatigué par les travaux d'une vie âpre et difficile. C'est ici, dans ces maisons de planches sur pilotis, au-dessus des eaux stagnantes, que vivaient les exclus de la cité, ceux qui n'avaient pas les moyens de vivre en ville : prostitués des deux sexes, pêcheurs, mendiants, désoeuvrés, hommes ayant un méfait à cacher ou ruinés et fuyant leurs créanciers... Un monde crasseux et sordide, de bois vermoulu, de planches et de pontons, de baraques aux murs tendus de filets ravaudés, puant le poisson écaillé et le vin bon marché. Un endroit ravagé par les épidémies, les incendies... Celui qui s'avançait, enveloppé dans son manteau à capuchon détonnait, avec sa silhouette martiale et imposante, sa démarche souple et déterminée, son assurance.
- C'est ici, Seigneur, fît son guide, un maigre pêcheur couturé de cicatrices, paré de colifichets d'os et de cuir.
- Attends-moi ici.
Antocidas entra, se baissant pour éviter la poutre du chambranle et plissa les yeux : il faisait noir comme dans un four, une obscurité moîte, poisseuse et lourde. Le plancher gémissait et craquait sous ses bottes et l'odeur de remugles soulevait le coeur. Enfin, dans la pénombre, il vît la petite vieille accroupie devant son foyer, ses épaules maigres couvertes d'un châle rapiécé, le teint jaune et maladif. A ses côtés, une gamine se tenait assise, ses longs cheveux sales flottant sur sa silhouette osseuse. Ses joues creuses et sa maigreur n'étonnèrent pas Antocidas : il savait que dans ce quartier aux eaux stagnantes, la mortalité infantile était élevée, en raison du manque d'hygiène, de la malnutrtion et de la malaria.
- Ma grand-mère veut savoir le but de votre visite.
- Elle le sait déjà : je suis venu chercher une potion capable de... me débarasser d'un enfant non désiré.
Sur un signe de tête de la vieille femme, la petite se leva et alla prendre un petit flacon de terre cuite dans un coffre avant de le remettre au mercenaire.
- Voici. Il faut le mélanger à la boisson ou la nourriture. L'effet est lent et progressif pour donner l'impression d'une fausse couche naturelle.
Sans un mot, Antocidas déposa sur les planches vermoulues une bourse pleine qui valait pour ces gens le salaire d'une année et sortît.
Le mercenaire regagna la barque amarrée au ponton, le pêcheur prît sa perche et éloigna l'embarcation du quai jonché de trognons de choux et de poissons crevés. Tandis que la barque à fond plat glissait sur les eaux couvertes de nénuphars et de lentilles d'eau, Antocidas réfléchissait : comment faire absorber la drogue à cette catin rousse ? Il pouvait sans problème rattraper VS et Penthésilée et se joindre à eux, mais après ? Penthésilée était trés entourée... Cinq de ses femmes avaient pour unique fonction de goûter sa nourriture et sa boisson, à trois reprises. Elle était rarement seule et surtout, VS allait être trés attentif maintenant qu'elle portait son enfant. Comment faire ?
...
Penthésilée, reine des amazones, était une souveraine différente de celles qui l'avaient précédé sur le trône d'ivoire. Intellectuellement curieuse, plutôt ouverte et tolérante, elle avait largement ouvert son royaume aux influences extérieures, attirant à sa cour philosophes, érudits, astronomes et magiciens. Elle avait choisi de combattre aux côtés du FORUM et, en échange, avait obtenu un traité commercial fructueux, apportant à son petit royaume isolé dans les montagnes les biens qui lui manquait. Son passage au FORUM lui avait confirmé que le monde tourne et qu'il faut tourner avec. Cette ouverture d'esprit ne faisait pas oublier à la farouche souveraine d'où elle venait pour autant : au royaume de Korda, les femmes tenaient le haut du pavé, les hautes fonctions et responsabilités leur étaient réservées, les postes et grades importants interdits aux hommes et, juridiquement, la femme était plus importante que l'homme, considéré comme un éternel mineur, placé sous la tutelle de sa mère, son épouse ou ses soeurs. Quelles répercussions allaient avoir l'arrivée de VS dans ce monde ? C'est la question que la rousse guerrière se posait depuis leur départ... Emmener le Voyageur à Korda, n'était-ce pas introduire le loup dans la bergerie ? Elle lui jeta un coup d'oeil discret tandis qu'il chevauchait à ses côtés. Il était prévenant envers elle, attentif à ses moindres désirs, à son confort, ses caprices même. Par moment, l'austère Voyageur ressemblait à un matou dompté aux pieds de sa maîtresse. Mais quand l'enfant serait là, que se passerait-il ? Il mijotait quelque chose, elle en était sûre... Sa joie à l'annonce de sa paternité prochaine avait stupéfait tout le monde et il semblait sincèrement impatient de voir s'achever sa grossesse. Pourtant... Elle sursauta quand il se pencha vers elle depuis sa monture et lui prît la main :
- Tu es bien rêveuse... Tout va bien ?
- Oui... Oui, bien sûr. Un peu fatiguée, c'est tout.
- Veux-tu que nous fassions halte ? demanda-t-il aussitôt.
- Non, non, inutile. Continuons, j'ai hâte d'être de retour chez moi.
- Moi également, tu peux me croire, répondît VS d'une voix étrange.
Penthésilée se mordît la lèvre au sang.
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