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 Le Cycle des Disparitions

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Marmouscule
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Lun 13 Juin 2011 - 13:09

sunny Un soleil éclatant répandait ses rayons cuivrés sur les vertes prairies champêtres encadrées de dômes karstiques partiellement boisés. Un paysage hautement bucolique qui, contemplé de loin, parvenait à en faire oublier les innombrables dangers dont il recelait, entre les bandits de grand chemin, les manipulateurs de magie, les tribus d'anthropohages munis d'un anneau dans le nez ou les armées de cavaliers du redoutable Archimage qui sillonnaient parfois cette province la plus méridionale du Kalkhabad.

Arrow Surgi de nulle part, sur un chemin de terre battue, le grand Voyageur Solitaire progressait de bout-en-train dans la campagne hostile. Il se colportait d'un village à l'autre que ce fier combattant en armure rutilante et à la chevelure soyeuse provenait du Royaume voisin d'Analand et que son souverain, Sa Majesté d'Arkleton, l'avait missionnné afin de récupérér un précieux butin dérobé par les Hommes Oiseaux pendant la Lune Noire: La Couronne des Rois. La sélection fut sévère à l'Académie de Mâchebaie: Maximus était expert dans le maniement des armes, Warlock un inconditionnel des tours de magie & de charme tandis que le stupéfiant Requiem avait acquis dans sa jeunesse une étrange faculté, celle du mimétisme. Pour autant, c'est bien Voyageur Solitaire que les Maîtres portèrent sur l'Autel des Vainqueurs, tant pour sa bravoure que sa ruse et sa dextérité, face à toute épreuve. Ce guerrier de légende n'avait pas acquis sa réputation en repoussant des hordes de zombies pendant la Guerre des Quatre Royaumes ni en terrassant les armées allésiennes de Balthus Le Terrible au solstice de printemps, mais tout simplement... en survivant au Marmouscule, le pire fléau qu'on ait jamais connu dans le Vieux Monde.

Aussi loin que remontent les Textes Sacrés des anciens, on ne murmurait qu'à voix basse le nom de ce peuple de créatures à la peau verte et gracile, dotées d'ailes translucides et vrombissantes, autrefois surnommées les Adorateurs de Chronada. Plus haïs que les essaims de moustiques lors de l'enfumage des marécages dans l'extension des cultures ou que les pirates de la côte d'Opale, les Marmouscules avaient la fâcheuse habitude d'être d'humeur (trop) causante et de parasiter des humains isolés pour qui ils se prenaient "d'affection". La mystérieuse aura dont ils étaient naturellement dotés avait , de surcroît, le pouvoir unique de repousser toute forme de sorcellerie (du sort de magie basique à la nécromancie la plus élaborée) et leur vélocité extraordinaires les empêchait d'être écrasés contre un mur ou attrapés par des filets à papillons.

Jann était d'entre eux, le Prêtre Svinn l'avait éradiqué d'un coup de baguette magique anti-Marmouscule et c'est avec un soulagement intense que Voygeur Solitaire, ragaillardi, avait repris sa route en direction de la Ville Fortifiée de Kharé sur les confluents du Fleuve Jabaji à l'embouchure du Lac Lumlé, persuadé à tort qu'il était que la minuscules créatures avait rejoint ses ancêtres dans les limbes.... En réalité, Jann avait survécu, se retrouvant comme par enchantement dans un Champ de Lotus Noirs fânés voisin des rizières des Collines:

confused "Où est mon ami d'Analand?" s'exclama le malheureux volatile. "Puisque c'est ainsi, je me fixe comme objectif de reconquérir son amitié...."
Marmouscule :dwarf:


Dernière édition par Marmouscule le Lun 13 Juin 2011 - 15:49, édité 1 fois
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Lun 13 Juin 2011 - 14:48

Hé hé hé... Pas mal... Par contre, pour la chevelure soyeuse, tu repasseras ! Au cas où tu l'aurais oublié, j'ai les cheveux coupés trés courts à la tondeuse. C'est l'ami WARLOCK qui entretient sa crinière Wink .
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Marmouscule
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Lun 13 Juin 2011 - 15:50

Voyageur Solitaire a écrit:
Hé hé hé... Pas mal... Par contre, pour la chevelure soyeuse, tu repasseras ! Au cas où tu l'aurais oublié, j'ai les cheveux coupés trés courts à la tondeuse. C'est l'ami WARLOCK qui entretient sa crinière Wink .

bom Je pensais à ton heaume, celui de ton présent avatar de centurion!

Marmouscule :dwarf:
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Lun 13 Juin 2011 - 20:03

- Je n'arrive pas à le croire... Tu me demandes de...
Sous le coup de la stupéfaction mêlée de colère, ADRIAN s'interrompît. Assis derrière son bureau croulant sous les parchemins ornés de sceaux à cordons de soie, il regardait VS, debout face à lui. Les conseillers et scribes s'étaient retirés en silence. Seul MILOS assistait à l'entretien, debout aux côtés du Roi.
- Tu es devenu fou, VS ! Je ploie sous les demandes, les soucis de reconstruction, la nourriture à distribuer aux plus démunis, les marchés à ravitailler... Et tu viens me demander de libérer THAURAM !
Le Voyageur voulût répondre, mais MILOS lui coupa la parole :
- VS, c'est une occasion unique d'en finir avec la Guilde et son emprise sur le Quartier Sud ! Après toutes ces années où nous avons dû composer avec ces maudits voleurs, nous avons enfin la possibilité de reprendre notre autorité sur ce quartier. THAURAM restera notre otage et sera le garant de la bonne conduite de ses hommes.
- Tu crois vraiment que c'est si facile, MILOS ? Les habitants de ce secteur soutiennent ces voleurs. Ce sont ces hommes qui ont libéré le quartier, qui ont repoussé l'envahisseur, pas nos soldats...
MILOS blémît et se mordît la lèvre, serrant les poings. Il allait reprendre quand ADRIAN le précéda, tapant du plat de la main sur la table, faisant vibrer encrier, plumes et rouleaux :
- Il suffit ! Même si THAURAM m'a sauvé la vie autrefois, même si j'ai empêché SOMBRECOEUR de le tuer quand il a découvert qu'il détournait des fonds, aujourd'hui ma décision est prise ! Et il n'y a pas à y revenir ! Laissez-moi maintenant, j'ai du travail.
La porte aux vantaux de laque rouge grinça désagréablement aux oreilles du Roi. ADRIAN resta pensif un moment avant de saisir son presse-papier de verre coloré et de le jeter avec rage sur les mosaïques. Pourquoi VS tenait-il tant à THAURAM ? Quel mystère cachait donc cette obstination ?
Dans le couloir, MILOS rattrapa VS, le retenant par le bras et l'immobilisant dans le carré de lumière d'une fenêtre :
- Qu'est-ce qui t'a pris de demander une faveur pareille ?
- Ce sont mes affaires, MILOS, répondît le Voyageur en se dégageant. A plus tard...
...
WARLOCK consulta les plans que l'architecte venait de lui transmettre. Excellent... La Maison du Savoir et de la Connaissance allait renaître, peu importe le temps que celà prendrait... Pourtant, le Grand Erudit montrait un front soucieux en faisant moutonner la cire dans son godet de pierre noire. Les travaux de reconstruction allaient coûter une petite fortune. Il allait falloir persuader le Roi de débloquer des fonds supplémentaires pensa WARLOCK en apposant son sceau sur la cire tiède.
...
- Désolé WARLOCK, mais je n'ai pas les moyens de satisfaire à ta demande. Pas dans l'immédiat du moins.
Le Grand Erudit restait figé, abasourdi, et c'est d'une voix sèche qu'il répondît :
- Tu plaisantes, ADRIAN ? Je suis l'un des Seigneurs du FORUM, j'ai été une divinité majeure, j'ai versé mon sang comme les autres pour la Cité pendant le siège... Tu ne peux me refuser ma demande.
ADRIAN laissa exploser sa colère :
- Par les dieux, allez au diable avec votre foutu orgueuil ! Si je cédais à chaque demande des Seigneurs de cette ville, il me faudrait le trésor du Sorcier de la Montagne de Feu ! Sous prétexte que vous êtes les piliers de la Cité, d'anciens dieux, vous pensez avoir tous les droits ? Moi, je suis le Roi ! Le Fondateur ! C'est moi qui ait bâti cette ville, l'oubliez-vous ? C'est moi qui y règne ! Tu peux te retirer.
WARLOCK, le visage fermé, sortît en claquant la porte.
Une fois seul, ADRIAN se laissa tomber sur son siège, las et amer. Il commençait à réaliser que maintenir la paix et la concorde était parfois plus difficile que gagner une guerre. Difficile en effet de diriger une ville avec ces Seigneurs, ces puissants personnages aux pouvoirs énormes, couverts de gloire, orgueuilleux et déterminés. Après l'union sacrée du champ de bataille, il lui fallait trouver un moyen de les réunir autour de lui à nouveau. Et vite... Le Roi poussa un soupir : YAVANNA lui manquait... Avec sa féminité, sa douceur, elle avait toujours réussit à apaiser les tensions... Où était-elle donc ?
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Mer 15 Juin 2011 - 15:38

Prés du terrible donjon maudit,les ouvriers travaillaient sans relâche.Les grandes murailles on été fortifiées.Des tours ont été mise pour augmenter considérablement la défense de la forteresse.Les piégés ont été cachés grâce aux gnomes.
Maximus faisait le tour de sa nouvelle forteresse.Il inspectât d'abord les pouponnières.Accompagné de quatre gardes (des armures grandes et vivantes armées de haches)il entra dans le souterrain qui menaient vers le lieu ou' la reine des insectes pondaient ses œufs.Plus il approchait,et plus les murs étaient couverts d'une toile verte.Des ouvrières fourmis géantes de la taille d'un orque s'affairaient à ramasser la nourriture et à conduire les œufs dans la salle des larves.Plusieurs gardes étaient postés,menaçants,ne bougeant pas d'un poil.Maximus regarda pendant un moment l'énorme guêpe noire aux pattes acérées (la reine) dévorant une vache tout en pendant des dizaines d’œufs.
Puis il sortit et alla dans des failles à même le sol ou' les gobelins artificiers travaillaient sous le commandement d'Azog.Ce dernier expliqua le rôle de chaque arme.
_Vous voyez cette énorme baliste avec ce levier et cette roue,c'est une baliste à répétition.Elle est capable de tirer plusieurs carreaux sans être obligé de la recharger à chaque tir.Et celle ci,c'est un tir-flamme.je vais vous montrez comment sa marche.
Azog poussa la curieuse invention vers le centre d'essais.Il s'essuya le front sous la chaleur des fourneaux que les gnomes alimentaient en bois.Maximus,lui,restait impassible.Azog prit un épouvantail et le posa dans un coin un peu éloigné.Puis il ordonna à un gobelin d'actionner une pompe.Ce dernier commença à pomper et soudain,des flammes liquides jaillirent de l'orifice et tombèrent sur l'épouvantail.
_Il suffit de pomper pour que de l'huile jaillisse,entre en contact avec un torchon enflammé posé devant l'orifice pour que le tir-flamme crache un jet de flamme brulant sur une longue portée.
Maximus jeta un dernier coup d’œil sur la cible fondante puis sur le reste des armes avant d'aller au donjon.Là,il prit sa boule de cristal et explora les lieux.Il vit que les ogres travaillaient sans relâche à rassembler le bois des forêts.Plus loin,la forêt enchantée devint la forêt noire,un lieu dangereux ou' les araignées géantes on prit domicile après l'accord du seigneur des ténèbres.Puis il inspectât la forteresse qui était en train d’être construite dans cette même forêt.Il sentit aussi la présence des Balrogs qui se rassemblaient pour le rejoindre.Mais quand il regarda la cité pour voir la progression de son armée...
....................................................................................................................
Ecthelion dit au roi Adrian:
_Nous devrions attaquer la forteresse des maléfices avant que Maximus n’envoie une nouvelle armée.Je vous conseille de rassembler vos troupes.Mon frère Aldir a fuit lors de l'attaque des lycanthropes,et son palais est devenu le repaire des araignées géantes.Je ne veut pas que ce cruel personnage ne contrôle le continent.
Adrian regarda la fenêtre:
_J'aurais besoin de plus de soldats.Et je pense que Maximus ne connaitra la nouvelle qu’après que les survivants de son armée ne soit arrivés.
_J'ai bien peur que Maximus n'ait d'autres moyens pour nous épier...
Tout à coup,un éclair formidable vint frapper le donjon,et la terre trembla pendant quelques secondes.
_Ciel,poussa Adrian en regardant les foudres frappés le donjon.
_Ceci mon ami,et la façon dont Maximus exprime sa colère,donc il a sans doute reçu la nouvelle.Les elfes et les nains sont mes alliés.Ils peuvent envoyer une armée nous aider.
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Mer 15 Juin 2011 - 19:28

La maison de jeu d'ALBATUR se situait non loin du Grand Bazar Couvert. C'était une grande bâtisse à deux étages, au toit de tuiles rouges, aux murs de crépi rosé, donnant sur une petite place où bruissait une fontaine bordée d'amandiers. Cette nuit là, de nombreux joueurs se pressaient dans les salons feutrés aux rideaux tirés, éclairés par des lustres de quarante bougies. ALBATUR donnait une fête pour célébrer la fin du siège, même si la guerre était loin d'être terminée. Alors que le maître des lieux allait et venait entre les tables, certains des Seigneurs invités bavardaient à voix basse, commentant les dernières nouvelles.
- ECHTELION a demandé au Roi de lever une armée pour attaquer la forteresse de MAXIMUS, disait justement VIC à ses interlocuteurs.
- C'est de la folie, gromella MILOS en triturant nerveusement les cordons tressés qui ornaient le col de sa tunique indigo... Nous venons à peine de remporter la victoire, nous enterrons encore nos morts. Nos troupes doivent reprendre des forces avant de repartir à l'assaut.
NEMEION tiqua, ses sourcils froncés sous son bandeau de soie blanche, avant de répondre :
- Ne vaut-il pas mieux battre le fer tant qu'il est chaud comme dirait dav-ID ? Chaque jour passé à attendre renforce le pouvoir de MAXIMUS. Nous devons agir, et vite.
- C'est au Roi que revient la décision finale, rétorqua JARETH en se joignant à la conversation. Si ADRIAN le veux, dés demain, il peut ordonner à l'armée de se mettre en route.
MILOS allait répondre, mais il fût interrompu par l'épouse d'ALBATUR qui venait les saluer, accompagnée du lancinant va et vient de son éventail aux reflets d'automne. VIC en profita pour se demander où était VS. Le guérisseur parcourût les tables de jeu du regard, mais il ne voyait le Voyageur nul part. Il avait bien reçu une invitation pourtant...
...
SABRAL était le geôlier du Grand Palais depuis de nombreuses années. Son univers se résumait à un monde souterrain, humide et sombre, puant l'égoût et le rat crevé. Un monde souterrain et silencieux, coupé du jour, du reste du monde, plongé dans une nuit permanente. Aussi fût-il stupéfait de voir apparaître devant lui une longiligne beauté noire, au corps souple et musclé, découplée comme une panthère et qui lui souriait d'un sourire à la dentition blanche et parfaite.
- Qui es-tu, ma fille ? Que fais-tu ici ?
- Je suis une nouvelle esclave, j'ai pris mon service aujourd'hui... Mais le palais est si grand, désert, silencieux... J'ai peur dans ces immenses pièces désertes et il n'y a personne pour me rassurer...
Le gros geôlier adipeux eût un sourire torve et une lueur salace dans le regard tandis qu'elle s'approchait. Soudain, alors qu'elle était tout prés de lui, elle lui souffla une poudre jaune dans les narines. SABRAL partît en arrière, toussant et crachant, avant de s'effondrer comme une masse sur les pierres graisseuses.
- Maître, vite !
VS sortît de sa cachette, se pencha sur le corps inanimé et prît le gros trousseau de clefs fixé sur la ceinture de cuir.
- Ne t'inquiète pas... Quand il se réveillera, il aura perdu tout souvenir de ce qui s'est passé... Attends-moi ici...
Cinq minutes plus tard, le Voyageur revenait, portant par l'épaule THAURAM, à demi inconscient. Aidé par ZULA, il lui fît monter l'escalier et ils gagnèrent le rez-de-chaussée. Un bruit de pas se fît entendre... Ils se dissimulèrent derrière une lourde tenture, laissant passer la patrouille de nuit. Une fois le danger éloigné, ils se dirigèrent vers la petite cour de service qui donnait sur les écuries. Familier du Palais, VS savait que cet endroit était mal gardé. Arrivé dans la cour plongée dans la pénombre, il ouvrît la portière de la voiture laquée de noir qui attendait et y fît monter THAURAM, l'installant sur la banquette capitonnée. Il monta avec lui et ZULA prît les rênes. Les gardes en faction laissèrent sortir l'attelage sans poser de questions : il y avait toujours du va et vient de ce côté, entre serviteurs, cochers, messagers et fournisseurs. Une voiture de plus ou de moins... Sitôt quitté les abords du Grand Palais, le carosse prît de la vitesse, ses roues tournoyant sur les pavés glissants inondés de lune...
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Dim 19 Juin 2011 - 1:01

SABRAL s'effondra à terre, l'oeil gonflé comme une pêche. Blême de fureur, ADRIAN se dressait au-dessus de lui, les yeux flamboyants, les mains s'ouvrant et se refermant en une envie de meurtre mal réfrénée :
- Imbécile ! THAURAM s'est échappé et tu me dis que tu ne te souviens de rien ? Veux-tu donc goûter toi-même à tes geôles ?
- Seigneur Roi, je te jure... bêla lamentablement l'adipeux geôlier.
- Silence ! Emmenez-le ! Je statuerai plus tard sur son sort.
Les gardes entraînèrent l'infortuné SABRAL hors de la salle. Resté seul, ADRIAN posa son front contre la vitre, les yeux fermés. Tout semblait lui échapper... Lui glisser comme du sable entre les doigts... Une sourde opposition se développait en ville. Ses orgueuilleux seigneurs redressaient la tête, MILOS et GWINETH se déchiraient, le premier refusant de partir en guerre contre MAXIMUS, la seconde soutenant cette idée, WARLOCK lui battait froid depuis qu'il lui avait refusé les fonds pour la reconstruction de la Maison du Savoir... Et VS... VS était derrière l'évasion de THAURAM, il en était sûr... Mais il n'avait aucune preuve. Impossible d'accuser un Seigneur comme le Voyageur sans preuves...
ADRIAN eût l'impression d'être au bord du gouffre. Il se redressa, respira à fond et prît sa décision : dés demain, l'armée marcherait contre MAXIMUS, une partie restant pour assurer la sécurité de la Cité. Une croisade... Une croisade contre l'ennemi... C'était le seul moyen de les unir à nouveau autour de lui.
...
Quand WARLOCK avait appris l'évasion de THAURAM, ses esprits s'étaient retournés. Il s'était précipité chez VS. Comme il s'y attendait, sa maison des collines était déserte, son ancien palais également. Il se fît déposer à son atelier et y trouva le maître des lieux en plein travail. Le Voyageur avait troqué pourpoint matelassé, manteau de laine chinée et épée contre une ample blouse de toile blanche et ses pinceaux en poil de lièvre. Il était au travail au milieu d'un vaste désordre de toiles, cartons à dessin, bâtons de couleurs et godets de faïence emplis de peinture.
- THAURAM s'est échappé !
- Je sais... On ne parle que de celà en ville ce matin.
- Et c'est tout l'effet que ça te fait ? VS, par l'enfer, tout le monde te soupsonne !
Le Voyageur posa sa palette, essuya ses mains à un chiffon :
- Vraiment ? Qu'ils le prouvent alors ! C'est ridicule...
WARLOCK s'emporta :
- Ne me prends pas pour un imbécile ! Nous nous connaîssons trop bien toi et moi, je sais que tu es derrière cette évasion. Pourquoi ? Tu es devenu fou ! C'est de la trahison !
VS allait répondre mais fût interrompu par un messager du Grand Palais qui apportait un pli scellé. Pendant que le Grand Erudit fulminait en faisant les cents pas dans l'atelier, VS brisa le sceau et la feuille se déroula dans un bruissement.
- Il va falloir affûter ton épée, WARLOCK.
- Que veux-tu dire ?
- C'est un message d'ARAGORN... Nous sommes tous convoqués au Grand Palais. ADRIAN a décidé de marcher contre MAXIMUS... Notre Roi va désigner ceux qui l'accompagneront et ceux qui resteront pour défendre la ville.
...
Depuis les hauteurs de la colline, GWINETH contemplait les bâtiments de l'Arsenal le long des rives du Lac des Songes. Avec fierté, elle laissa glisser son regard sur le chantier naval, les 120 bassins couverts abritant les navires de guerre, les docks et les entrepôts, les dépôts de toile pour les voiles... Plus de 2500 ouvriers y travaillaient, de jour comme de nuit. On murmurait que la vie était courte dans l'enfer de l'Arsenal. Mais la fière guerrière savait que pour ceux qui y travaillaient, le temps s'était arrêté... Elle chassa ses pensées inopportunes d'un mouvement de tête. Le Roi s'était décidé. Elle et ses partisans avaient obtenu gain de cause, MILOS avait dû céder, la rage au coeur. Elle avait déjà été proclamée "Protectrice du FORUM" pour son intervention salvatrice pendant le siège de la ville. La décision du Roi venait de lui faire gravir une marche de plus vers le pouvoir.
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Dim 19 Juin 2011 - 23:06

Dans la salle de torture,Maximus frappait un jeune soldat d'une
patrouille qui rodait près de sa forteresse.Il avait envoyé ses
chevaucheurs de lézards les arrêtez,en précisant de laisser trois
survivants pour les interrogez.
Deux soldats avaient péris sous les tortures du Maitre de souffrance.Maximus était venus s'occuper du troisième.
_Réponds moi,misérable créature inférieure,que prépare cet crapule d'Adrian?
Le prisonnier resta muet.Le seigneur des ténèbres dégaina son épée.La
lame noir était envahi d'une aura de puissance diabolique de couleur
mauve.
_Tu vois cette épée? elle est faite par le fer du noir ennemie.Une seul
écorchure,n'importe quel blessure qu'elle inflige,et la victime meurt en
quelques instants.Si tu ne veut pas subir le même sort,je te conseille
de me révéler les plans de ton roi.
Le soldat le regarda un instant avant de faire non de sa tête.Maximus se
leva,tournoya son épée et frappa le bras droit de l'insolent.Ce dernier
poussa un cri de douleur,mais il sentit ses forces l’abandonner.Sa
vision devint flou,sa respiration difficile.La fatigue l'envahit.Il ne
sentit plus ses membres,puis quelques secondes plus tard,il perdit la
vie.
Il ordonna au Vordak (le maitre de la souffrance) de jeter son corps aux loups.
Il marcha dans un long couloir,puis,quand il était sur que personne,il se concentra.Son ombre bougea et quitta les pieds du seigneur des ténèbres.Il s'inclina bas.
_Que puis je faire pour vous mon seigneur?
_Volfgram,mon ombre,je t'ordonne d'aller me tirer des renseignements du palais royale du Forum.
_Tout de suite mon maitre.
Volfgram se transforma en un corbeau et alla vers la cité.
Une heure plus tard,il revint et lui dit:
_Maitre,le roi Adrian va attaquer la forteresse avec une grande armée.
_Bien...appelle les bandits de la citée des voleurs,ils nous aiderons.
_Mais mon seigneur,ils vous demanderons de l'argent,et notre armée est asser grande pour les anéantir facilement.
_C'est juste pour m'assurer d'avoir une victoire écrasante sur l'ennemie.Ils attaqueront l'armée,puis quand cette dernière arrivera,elle seras détruite avec tout les moyens de défense et la brume qui entoure ma forteresse.Et s'ils survivent et qu'ils reviennent pour l'or...
Il fit apparaitre un bandit avec de la fumée au creux de sa mains gantée.Ce dernier faisait signe d'attendre d’être payé.Maximus l'écrasa avec son autre main.
Volfgram rit et alla en direction de la cité des voleurs avec l’apparence d'un loup.
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Lun 20 Juin 2011 - 20:06

Sous un soleil éclatant, la population s'était massée le long de la Voie des Processions pour saluer l'armée sur le départ. Au milieu des acclamations et des fleurs jetées depuis les balcons et les toits, un long défilé d'hommes en cuirasse, de cavaliers, de chars de guerre et de soldats se déployait. Casques emplumés et cuirasses étincelaient au soleil, de même que les plaques de métal gravées de charmes protecteurs ornant les chars et protégeant les chevaux. Suivaient les Eclaireurs, des hommes discrets et furtifs, montés sur de petits chevaux nerveux et rapides aux pattes fines, emmenés par ARAGORN. Vinrent les archers, en tenue matelassée légère, leurs redoutables arcs en bandoulière, le carquois empli de traits à empenne de feutre noir et or, dirigés par ANTARES. Les engins de siège accompagnaient les lourds chariots de nourriture et de matériel, tirés par de massifs aurochs aux cornes redoutables. Les acclamations redoublèrent quand les Seigneurs apparurent. NEMEION, RAPHA, ALBATUR, LOWBAC et JARETH venaient en tête, suivis de la Garde d'Or emmenée par MILOS et GWINETH, chevauchant côte à côte. 1500 colosses cuirassés de métal, casqués, aux jambières d'airain, tenant d'une main leur redoutable hache à double tranchant et de l'autre leur bouclier gravé de charmes protecteurs. Ce fût du délire quand ADRIAN déboucha de l'Arc de Triomphe qui menait au FORUM. Un formidable grondement salua le souverain qui avançait, entouré de WARLOCK et d'ALIN, suivi par la cavalerie royale sous les ordres d'ORION . La tête de la colonne avait déjà franchi la Porte des Guerriers que les derniers régiments s'étiraient encore sous les ovations.
Depuis le balcon du Grand Palais, REQUIEM, VIC, OORGAN et VS suivaient le défilé du regard en compagnie de DONALD S et d'ASTUR, l'officier de confiance de MILOS.
- Pourquoi dois-je donc rester en ville ? pesta OORGAN. N'aie-je pas fait mes preuves malgré mon jeune âge ?
VIC eût un sourire :
- Ta blessure est encore trop récente, jeune effronté. Tu dois te reposer afin d'être parfaitement remis.
REQUIEM se détourna et rentra dans la Salle des Audiences. ADRIAN lui avait laissé le commandement de la Cité en son absence. Il s'assît sur un divan avant de se tourner vers VS :
- Tu souperas avec moi ce soir, il y a beaucoup à faire en ville avec la reconstruction, le ravitaillement... J'aurai besoin de tes conseils.
- Entendu.
- Vous pouvez vous retirer, je veux être seul.
Après le départ de ses compagnons, REQUIEM frappa dans ses mains. Une porte treillissée s'ouvrît et SADASTOR le zombie apparût. Ce n'était plus qu'une caricature, une grossière parodie de vie, couturé de cicatrices et de blessures horribles, la démarche traînante, le regard vide. Mais il était toujours là...
- Oui, Maître ?
REQUIEM se leva et se dirigea vers un socle ouvragé sur lequel étaient posées deux sphères de cristal. Il en prît une et la tendît au zombie :
- Ce sont des sphères de vision, crées par JARETH. Tu vas suivre ADRIAN et tu tiendras toujours ce globe devant toi. Ce que tu verras apparaîtra ici, dans le deuxième globe et j'assisterai ainsi aux évènements. Va !
Le zombie s'inclina et sortît sans un bruit.
...
La lueur d'une lampe tira THAURAM de son sommeil agité. Il se redressa sur sa couche, sa main protégeant ses yeux de la lampe de terre cuite tenue par ZULA. VS se profilait derrière la sculpturale guerrière noire.
- Reveillé ? Parfait, nous devons parler toi et moi et j'ai peu de temps, REQUIEM m'attend au Palais.
- Où sommes-nous donc ? demanda le Roi des Voleurs.
- Dans le Palais de SOMBRECOEUR, sur le FORUM...
THAURAM ouvrît des yeux incrédules et VS éclata de rire en s'asseyant face à lui :
- Quel meilleure cachette que dans la gueule du loup ? Ce bâtiment est abandonné depuis que SOMBRIE a quitté la ville. Ce que tout le monde ignore, c'est qu'il m'a laissé les clefs de cet endroit avant son départ. Qui penserait venir te chercher ici ? La cachette la plus évidente est parfois la meilleure...
Le Voyageur jeta un oeil sur la clepsydre à monture de bronze doré :
- L'heure tourne... Il est temps que nous ayons une discussion toi et moi...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Mar 21 Juin 2011 - 18:57

Eh bien ! Ça faisait longtemps que je n’avais plus lu les textes de notre belles cités.
Je viens de me farcir toute l’histoire, et même si le ton est clairement différents de l’ancien topic « LES DIVINITES DU FORUM », j’apprécie beaucoup tout ça.

Au fait, THAURAM, ça ma également fait pensé à ce bon vieux Lilian...
Drôle de nom quand même.
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Mer 22 Juin 2011 - 19:10

L'armée royale s'était installée pour son premier bivouac. MILOS avait choisi l'endroit repéré par ARAGORN : un vaste vallon cerné de crêtes violettes et bordé de pins. Une fois les sentinelles en place, les tentes montées et les feux allumés, les hommes commencèrent à se détendre et se reposer de leur longue marche. On se groupait autour des feux qui flambaient haut sous les premières étoiles, des outres d'eau et de la nourriture circulaient, on soignait les bêtes, vérifiait le matériel... Certains sortaient de leur pourpoint matelassé une paire de dés, d'autres jouaient de la musique, écoutaient les récits de farouches batailles racontées par les anciens... Plus loin, un soldat dansait en jonglant avec des sabres tandis que les autres l'accompagnaient en claquant des mains... Une fois sorti de sa tente, RAPHA jeta un regard vers la silhouette voûtée assise à l'écart, enveloppée dans son manteau de laine. L'ancien dieu des athlètes eût une grimace et caressa furtivement la poignée de son glaive. Il se tourna vers JARETH qui venait le chercher pour le repas :
- Devons-nous vraiment supporter la présence de... de ce...
- SADASTOR est ici sur ordre de REQUIEM. Pour quelle raison, je l'ignore. Et franchement, je ne tiens pas à le savoir... Tu viens ?
De son oeil unique veiné de rouge, l'ancien paladin devenu zombie regarda s'éloigner les deux Seigneurs. Il tenait discrètement dans sa main décharnée aux ongles noirs un globe de cristal qu'il tendait devant lui. A des centaines de kilomètres de là, dans son cabinet de travail, REQUIEM contemplait le bivouac, à travers le deuxième globe posé sur son bureau...
...
- Pourquoi m'as-tu amené ici ? demanda THAURAM.
- Par curiosité... Quand tes hommes m'ont capturé pendant le siège, tu as dit que tu attendais cette rencontre depuis longtemps, que tu avais des projets pour moi, pour nous deux... Je n'ai cessé de m'interroger sur le sens de tes paroles depuis. Je veux savoir le fin mot de l'énigme.
Le Roi des Voleurs hésita, puis se lança :
- VS, je voudrais une alliance entre nous deux. Nous sommes si semblables, toi et moi. Deux hommes libres, indépendants, partis de rien... Tu es le Voyageur, tu as parcouru ce monde et d'autres, tu n'as pas d'attaches, tu es resté en dehors de tout dogme ou toute philosophie... Comme moi, tu es libre. Nous sommes des poussins issus de la même couvée toi et moi. Nous ne devons rien à personne... Imagine ce que nous pourrions faire ensemble ! Deux hommes forts, décidés, n'ayant ni dieu ni maître...
- Tu es fou, en vérité ! Je suis un Seigneur du FORUM, l'oublies-tu ? Je me suis battu, j'ai versé mon sang pour cette ville, cette communauté.
- Et tu viens d'en trahir le roi en m'enlevant...
VS se mordît la lèvre. THAURAM reprît, essayant de contrôler le feu qui l'animait :
- Pourquoi VS ? Tu ne dois rien à personne. Tu étais libre avant. Tu allais et venais à ta guise, sans entraves, le monde t'appartenait. Tu n'avais pas de maître. Aujourd'hui, ADRIAN siffle et tu accours.
- Porc insolent !
- Il n'y a que la vérité qui blesse... Et oui, à la niche le bel aventurier... Comme les autres... Joins-toi à moi David ! Le monde peut nous appartenir ! Oublie cette foutue cité, il y en a d'autres, plus belles, plus riches... Il y a d'autres royaumes fabuleux, d'autres mondes merveilleux... Retrouve ta liberté, redeviens toi-même ! Tu es encore jeune, riche et puissant. Viens avec moi et mes hommes et retrouvons le vent, la forêt, la liberté. Tu es fait pour arpenter le monde, pas pour t'enfermer entre des murs de marbre...
- Assez !
Le Voyageur se leva brusquement, renversant son tabouret sculpté. Il se mordait la lèvre, en proie à des émotions contradictoires, l'air troublé. Il semblait hésiter... THAURAM était bon orateur, il était persuasif. Et il le savait. Soudain, VS parla, d'une voix plus calme :
- C'est à moi de décider quoi faire de ma vie. Et à moi seul, tu entends ? ZULA, veilles sur lui, personne ne doit savoir qu'il est ici. Sois vigilante, ses voleurs doivent le rechercher dans toute la ville dans l'espoir de le délivrer. Et les hommes de MILOS aussi pour le ramener au Grand Palais. Je reviendrai demain.
L'esprit troublé, le Voyageur quitta discrètement le palais de SOMBRECOEUR. Il avait tellement l'esprit ailleurs qu'il ne vît pas la silhouette encapuchonnée qui l'observait dans la pénombre d'un porche.
Cette nuit là, VS eût du mal à dormir.
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Dim 26 Juin 2011 - 18:34

MURIELLE baîlla, étira son corps souple et se leva pour aller s'installer devant la coiffeuse en bois de cerisier. Elle contempla son reflet avec un sourire : elle était toujours aussi belle, aussi séduisante malgré les années qui passaient. Rien ne semblait l'atteindre et surtout pas toutes ces nuits passées auprès des hommes... Elle avait beau être la Grande Courtisane du FORUM, la tenancière de la Maison des 1000 fleurs dans le Quartier des Jeux, elle restait aussi fraîche et pure qu'une prêtresse. WARLOCK, VS, CRAFT, NEMEION, DONALD S... Bien des Seigneurs du FORUM étaient passés dans ses bras parfumés à l'amande et à la rose... ADRIAN lui-même... Dans le reflet du miroir d'argent, elle observa VIC. Allongé à plat ventre parmi les coussins frangés en désordre et les draps froissés, bien éveillé, il semblait réfléchir. Elle prît sa brosse à cheveux et entreprît de coiffer le flot de ses boucles brunes :
- Tu sembles bien songeur... T'inquièterais-tu pour l'armée royale et le combat qui l'attends ?
Il n'était guère convenable qu'une courtisane questionne un Seigneur, mais MURIELLE avait souvent recueilli bien des confidences sur l'oreiller. Certaines lui avaient même permis de sauver sa vie...
- Non, je ne pensais pas à ça, fît VIC. Je pensais à VS...
- Tu penses au Voyageur quand tu fais l'amour avec moi ?
- Ne sois pas idiote... Ni insolente. Il est bizarre ces derniers jours. Il semble perturbé, l'esprit troublé, comme s'il se posait des questions... Des questions sans réponses...
MURIELLE reposa sa brosse à cheveux :
- Quelle importance ?
- C'est mon ami. S'il ne va pas bien, je veux pouvoir l'aider.
La jeune femme se leva et revînt s'allonger aux côtés du Guérisseur, se penchant vers lui :
- VIC... Tu penses trop aux autres et pas assez à toi, comme d'habitude... VS est assez grand pour se débrouiller tout seul... Si nous nous occupions plutôt de toi, hum ?
VIC éclata de rire en refermant ses bras sur son corps souple et frémissant.
...
Dans le silence de son cabinet de travail, VS réflechissait. Depuis deux jours, il refusait toutes les invitations, toutes les cérémonies officielles. Avide de silence et de tranquillité, il s'était réinstallé dans son ancien palais, au bord du Lac des Songes. Il repensait aux paroles de THAURAM, à sa proposition... Malgré lui, il chavirait dans son passé, se revoyait voyageant à travers le monde, chevauchant sans fin à travers les steppes, ivre de vent, ou se tenant sur le pont d'un navire éclaboussé d'écume, sillonant les océans. Il revoyait défiler toutes les routes, tous les soleils et toutes les lunes de ses nuits de bivouac... Avait-il changé ? Etait-il toujours le même depuis qu'il était venu s'installer ici, au FORUM ? Aujourd'hui, il était l'un des Seigneurs les plus puissants et influents de la ville. Au prix de sa liberté ?
Il se leva avec un soupir et passa sur la terrasse éclaboussée de soleil. Il savait trés bien à quoi s'en tenir sur les sentiments et les véritables motivations de THAURAM à son égard. Tout le monde en ville savait que le Roi des Voleurs préférait les hommes. Le Voyageur s'en moquait. Mais THAURAM avait semé le trouble dans son esprit avec sa folle proposition. VS poussa un soupir, posa ses mains à plat sur le large rebord de pierre tiède et ferma les yeux, s'imprégnant du silence et du parfum des amandiers en fleurs. Tout était si tranquille ici... L'armée royale en marche, la bataille qui s'annonçait, tout celà lui semblait si lointain, ne semblait même pas le concerner...
Il se mordît un pouce jusqu'au sang.
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Lun 27 Juin 2011 - 15:56

THAURAM fût tiré de sa sieste par un bruit. Un bruit furtif, léger, comme le frottement de pieds nus sur le marbre. Il se redressa sur sa couche, les sourcils froncés :
- ZULA ? C'est toi ?
Pas de réponse. En cette chaude journée écrasée de soleil, une lourde torpeur régnait sur la ville. Dans le palais abandonné de SOMBRECOEUR, un silence épais semblait tout envelopper comme un linceul. Le Roi des Voleurs se leva et fît quelques pas, mal à l'aise. La cordelette de cuir s'enroula autour de son cou et il fût violement tiré en arrière. Il se débattît avec force mais son adversaire était aussi souple et résistant qu'un câble d'acier... Impossible de briser sa prise... Avec un râle, THAURAM tenta de mettre sa main entre le tranchant du cuir et sa gorge. Il ne fît que s'entailler le dos de la main jusqu'à l'os. Le sang gicla, des étoiles dansèrent devant ses yeux, la pression augmentait, irrésistible... Son cou se ployait vers l'arrière, en un angle impossible...
- VS... Pourquoi ? murmura-t-il une seconde avant que ses vertèbres ne craquent comme du bois mort.
Le corps du Roi des Voleurs tomba sur les mosaïques à fond d'or comme une poupée de chiffon et roula jusqu'aux pieds de la statue de SOMBRECOEUR. Un silence de mort régnait dans la pièce.
...
Livide, les yeux dilatés de stupéfaction, REQUIEM regardait le messager agenouillé devant lui :
- THAURAM, mort ? Tu en es sûr ?
- Oui, Seigneur. Son cadavre a été retrouvé par la milice, le cou brisé, devant les portes du Palais de SOMBRECOEUR.
REQUIEM se mordît la lèvre. Le Quartier Sud allait s'enflammer quand les voleurs apprendraient la mort de leur maître. Ils pouvaient même penser que THAURAM avait été exécuté secrètement sur ordre d'ADRIAN. Ils risquaient de mettre le Quartier Sud à feu et à sang...
Le Seigneur des Morts se tourna vers VS. Assis sur un divan tendu de velours rouge, le Voyageur ressemblait à une statue, figé dans une expression de stupeur presque comique.
- Ce n'est pas tout, Seigneur, reprît le messager en tirant un objet de la poche de sa tunique. Les miliciens ont trouvé ceci près du corps.
L'homme tenait à la main, du bout des doigts, un médaillon d'or martelé gravé d'une gourde et d'une couverture roulée sur fond de soleil levant. Les deux Seigneurs devinrent blêmes en contemplant l'objet.
- C'est ton symbole... Celui de tes fidèles... fît REQUIEM dés qu'ils furent seuls. Tu es devenu fou ou quoi ? Tu veux déclencher une guerre civile ? Les voleurs vont mettre le Quartier Sud à feu et à sang dés qu'ils apprendront la nouvelle.
- Je te jure que je n'y suis pour rien ! Ce médaillon a été mis là pour m'incriminer !
- Ne me prends pas pour un imbécile ! Tout le monde sait que c'est toi qui a fait évader THAURAM, même s'il n'y a aucune preuve. Je ne sais pas à quel jeu tu joues, VS, mais ne vas pas trop loin, c'est un conseil...
Une fois seul, le Voyageur s'effondra sur le divan, pris de tremblements violents. Qui ? Qui avait osé ? Qui avait découvert le lieu où THAURAM était retenu et qui l'avait tué ? Qui tentait de lui faire porter le chapeau ? Un membre de la Guilde voulant profiter de la confusion pour prendre la tête de l'organisation ? Possible... Quelqu'un de la ville cherchant à lui nuire ? Possible aussi... Et ZULA, où était-elle ?
Un roulement de tambour résonna du côté du Quartier Sud, suivi d'un grondement de mauvais augure qui s'amplifia.
- Ils ont appris la nouvelle... murmura VS.
Il frissonna violement.
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Lun 27 Juin 2011 - 23:47

La forteresse des maléfices était prête pour la guerre.Les orques avaient garnis les murs d'enceinte,prêts à tirer une pluie de flèches sur les assaillants,restant à l'abri dans le mur,hors d'atteinte des projectiles ennemies.Les gobelins s'étaient postés dans les tours de défense,protégeant ainsi plusieurs parties de la forteresse.Des trolls gardaient l'énorme porte d'entrée en versant de l'huile bouillante et du plomb fondu sur les hommes.Les ogres s'occupaient de faire rouler les boules d'épines dans des orifices pour ressortir par des trous sur le bas des murs et ainsi écraser plusieurs victimes.Des catapultes étaient prêtes à lancer des rochers tandis que les balistes tireraient une série de grande lances pour abattre tout soldat.Des Loups Garous sanguinaires et des insectes redoutables constituaient la défense au cas ou des troupes réussiraient à monter par les murs.Des drakarimes étaient postés dans plusieurs coins stratégiques pour intervenir en tant que renfort.Des cavaliers gobelins sur des loups et des hommes lézards chevauchant des lézards géants constitueraient le marteau de l'armée. Des gardes lézards armées de lances pourraient embrochés la cavalerie ennemie si jamais elle entrait.Des vouivres et des kraans hurlaient et s'agitaient,impatients de lancer des projectiles explosives et de foncer vers les soldats malchanceux.
Tel était l'armée qui allait écraser l'attaque ennemie,sans oublier les Balrogs qui se rassemblaient dans les Montagnes ....
...................................................................................................................
Au loin , Boris le teigneux , chef des bandits et des voleurs , donna le signal pour attaquer les troupes ennemies .Volfgrame avait convaincu le chef d'aider Maximus en affaiblissant l'armée royale contre une coquète somme.Il ajusta son bandeau ,et retourna sa grosse face bourru vers ses hommes : 100 bandits des grands chemins,125 bandits Eldenoriens,60 pirates,20 assassins noirs d'élites.
Il cria soudain d'un ton brutal : "à l'attaque" et prit son gros gourdin en criant telle une bête en courront avec ses vers les Forumeures .
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Mar 28 Juin 2011 - 22:01

Quelques minutes avant l'attaque de BORIS...
ADRIAN blêmît en lisant le rapport d'ARAGORN qui décrivait l'état des forces adverses. Pendant trois jours, le Rôdeur avait observé, dissimulé dans les montagnes, la forteresse ennemie, endurant le vent glacé et mordant, les nuits sans sommeil et les positions inconfortables.
- Ce serait de la folie, fît le Roi en tendant le rapport à MILOS avant de se laisser tomber sur sa chaise.
Dehors, la pluie continuait à tomber, tambourinant sur la tente, glissant le long des parois de toile, transformant le sol en bourbier. A l'intérieur, la lueur des lampes vacillait, projetant en ombres chinoises les silhouettes des sentinelles. Une forte odeur de terre meuble et détrempée imprégnait l'air, presque de manière étouffante. Un gros poêle de fonte chauffait la tente, repoussant l'humidité.
- C'est un trop gros morceau pour nous, déclara MILOS en reposant le document sur la table couverte de plans et de cartes déroulées. Attaquer de front serait du suicide et un siège nous épuiserait...
- Je sais, je sais... Il nous faut bien trouver une solution pourtant.
- Il nous faudrait une puissante magie, proposa ARAGORN. Pourquoi ne pas solliciter l'aide de la Guilde des magiciens ?
MILOS haussa un sourcil et eût une moue dubitative :
- Et pourquoi diable nous aideraient-ils ?
- Il suffit de savoir les convaincre. Et nous avons celui qu'il faut pour celà : VS est un proche de YAZTROMO, le Maître de la Guilde. Envoyons le Voyageur en ambassade auprès de la Guilde.
ADRIAN allait répondre mais il fût interrompu par une sentinelle annonçant l'arrivée d'un message urgent. Le messager entra, son manteau ruissellant de pluie, les bottes maculées de boue et se jeta aux pieds du Roi :
- Seigneur Roi, j'ai galopé à bride abattue pour te prévenir : THAURAM a été retrouvé mort, étranglé, devant le Palais de SOMBRECOEUR... Un médaillon portant le symbole du Seigneur VS a été trouvé près de son cadavre... Tout le Quartier Sud est en ébullition, les voleurs crient vengeance, accusant le Voyageur du meurtre...
Il y eût un long silence, troublé par le grondement du tonnerre et la lueur spectrale des éclairs. ADRIAN se leva et se retourna vers ARAGORN :
- Retourne en ville et ramène-moi VS. Pars sur l'heure. Laissez-moi maintenant.
Dehors, les hommes pestaient contre l'eau qui s'infiltrait partout. La pluie continuait à tomber, plus obstinée que jamais.
...
MURIELLE se leva d'un geste gracieux du banc de marbre où elle attendait avant de plonger dans sa révérence. VS la releva, l'observant à la dérobée : ses épais cheveux nattés étaient aussi sombres que le fond d'un puit et le teint laiteux de sa peau faisait ressortir le vert ardent, presque tropical de ses yeux aux longs cils. Sa robe de mousseline légère brodée de fleurs d'oranger au fil d'or ne dissimulait guère ses formes pleines. Il lui prît le bras et ils commencèrent à marcher le long de l'allée de gravier, sous les frais ombrages des saules pleureurs.
- MURIELLE, tu es toujours aussi belle, en vérité.
Elle déploya son éventail d'un geste gracieux :
- Merci. Mais tu ne m'as pas fait venir ici, dans les Jardins de Balthus pour me parler de ma beauté ?
- Certes non. J'ai besoin que tu m'aides, répondît VS en jouant avec la rose orangée qu'il avait à la main.
- Comment ?
- Beaucoup de monde défile dans ta maison et tu vois et entends beaucoup de choses... Tes filles en savent parfois plus que bien des espions...
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Ven 1 Juil 2011 - 19:26

Dans le silence de son cabinet de travail, REQUIEM étudiait les différents dossiers étalés devant lui, en une multitude de parchemins et documents enluminés, ornés de sceaux et de cordons colorés. Le Seigneur de la Nuit reposa sa plume dans l'encrier de pierre noire, poussa un soupir et se laissa aller en arrière, se frottant les yeux : il y avait tant à faire pour organiser la reconstruction des quartiers endommagés par le siège, approvisionner les marchés, faire repartir le négoce interrompu par l'occupation des routes commerciales... Sans oublier le climat de soulèvement dans le Quartier Sud depuis la mort de THAURAM... Les voleurs étaient prêts à soulever toute la populace du quartier pour venger leur maître. Son regard fatigué et cerné se posa sur le globe de cristal posé sur sa table et il sursauta. Le globe était strié de zébrures rouges, d'éclairs et de poussière tourbillonnante. REQUIEM se pencha au-dessus de la sphère brillante :
- SADASTOR... SADASTOR !
Il vît alors le combat furieux sous la pluie battante, les corps à corps enragés à la lueur des éclairs, les chevaux crevés et les hommes bataillant furieusement dans la boue, l'eau et le sang. Un tourbillon d'images confuses et cahotiques, de fureur et de bravoure, sur fond de pluie et d'orage... Une vision se dégagea soudain avec une netteté étonnante : MILOS levant sa lourde hache pour fendre en deux le crâne de BORIS jusqu'aux dents dans une mare de sang et de cervelle... Le reflux des ennemis sous la grêle de traits des archers d'ANTARES, la charge des hommes de la Garde d'Or, piétinant les cadavres empilés de leurs pieds sandalés... Puis tout se brouilla et la scène disparut soudainement comme une bulle qui éclate. Le Seigneur des Morts ne contemplait plus qu'une sphère de cristal vide reflétant son visage blême.
...
MURIELLE éclata d'un rire frais en jouant avec ses boucles brunes. VS accentua sa pression sur la main blanche et délicate qu'il tenait dans la sienne :
- Je suis sérieux. Je veux savoir qui est derrière le meurtre de THAURAM. Essaie d'en savoir un peu plus sur cette affaire... Quelqu'un finira bien par en parler... Malgré le secret, quelqu'un finit toujours par parler.
- Comme tu voudras. Mais... Mes services ne sont pas gratuits, tu es bien placé pour le savoir, précisa-t-elle, lui jetant un regard moqueur de ses yeux verts.
- Tu auras ton prix.
Ils étaient arrivés au dernier niveau des Jardins suspendus de BALTHUS. Au-delà des épaisses frondaisons, la cité se déployait aux pieds des thuyas et des citronniers. Un parfum de cédrat et de rose musquée flottait dans l'air tiède.
- Je pars dans l'heure, je vais m'absenter quelques jours, lâcha soudain VS.
- Vraiment ?
- Oui... Sur demande de REQUIEM... Le Quartier Sud est en ébullition, on m'accuse du meurtre de THAURAM... Un groupe d'émeutiers a même tenté d'incendier mon atelier... Il vaut mieux que je me fasse oublier quelques temps...
- Et où vas-tu ?
- A Griseguilde sur la Lande. J'y possède un petit appartement dans la rue des Sept Péchés.
Une heure plus tard, enveloppé dans son manteau et vêtu d'une tenue pratique et discrète, le Voyageur quittait la ville par la Porte du Lac sur une monture rapide et vigoureuse. Au même moment, ARAGORN qui venait le chercher sur ordre d'ADRIAN franchissait la Porte des Guerriers, au rythme du galop effréné de son cheval écumant de sueur.
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Ven 1 Juil 2011 - 22:27

(Cette histoire de dingues m'inspire vachement, alors je me lâche... Mr. Green )

- Parti ? Parti ! Mais pour où, par les cinq enfers ?
ARAGORN se tenait dans le cabinet de travail de REQUIEM, titubant de fatigue, les traits tirés, ses vêtements maculés de poussière et froissés. REQUIEM, assis dans son fauteuil d'ébène à haut dossier se mordît la lèvre :
- C'est moi qui lui ai demandé de partir. Depuis le meurtre de THAURAM, les voleurs sont prêts à soulever le Quartier Sud contre nous. Ils réclament sa tête et crient vengeance comme une meute de chiens enragés. Il vaut mieux qu'il s'éloigne quelques temps.
- Mais ADRIAN le réclame ! Nous avons besoin de lui pour convaincre YAZTROMO et la Guilde des Magiciens de nous venir en aide ! Ce n'est pas possible... VIC ! VIC doit forcément savoir où il est allé.
REQUIEM secoua la tête avec amertume :
- Je lui ai déjà posé la question, il n'en sait rien.
ARAGORN se laissa tomber sur un divan, accablé par un sentiment de découragement et d'impuissance.
- Il nous reste une chance, reprît REQUIEM. CRAFT l'a croisé aux Jardins de BALTHUS en compagnie de MURIELLE, la Grande Courtisane, cet après-midi. Elle sait peut-être quelque chose... En attendant, je dois te prévenir : nos troupes ont été attaquées par le brigand BORIS et ses hommes, mais nous sommes vainqueurs. MILOS a tué personellement BORIS.
Un frisson parcourût la nuque du Rôdeur :
- Comment fais-tu pour avoir des nouvelles aussi fraîches ?
REQUIEM désigna le globe de cristal posé sur son bureau :
- JARETH m'a fait là un cadeau fort utile... Va te reposer maintenant et...
Ils furent interrompus par le vacarme du Grand Beffroi. La lourde cloche de métal sonnait à la volée, faisant s'enfuir, effrayés, les oiseaux postés sur les corniches et les toits de tuiles. Les deux hommes se précipitèrent sur la terrasse. Un lourd nuage de fumée s'élevait du Quartier Sud, la lueur des flammes se détachait sur le bleu du ciel, une sourde rumeur se faisait entendre...
Un messager hors d'haleine fît irruption dans la pièce :
- Seigneur ! Les voleurs ont incendié les entrepôts du Quartier Sud ! Une patrouille a été massacrée ! Des émeutiers ont pris possession des rues !
- Vite ! Préviens SQUALLION ! Que ses hommes actionnent les pompes à eau et combattent l'incendie ! Où est ASTUR ?
- Il est au Jardin d'Hiver, près de l'Hippodrome, Seigneur.
- Qu'il revienne ici le plus vite possible !
Resté seul, REQUIEM serra les poings. Quel vent de folie soufflait donc sur la ville ? Etaient-ils donc tous maudits ? Les dieux lui faisaient-ils payer son audace d'avoir réveillé les morts ?
...
La dilligence filait bon train sur la grande route à travers les steppes. Appuyé à la vitre, assoupi par la monotonie du paysage, VS regardait défiler les hautes herbes le long de la route poudreuse. L'or d'un champ de colza flamba sous le soleil. Au loin se dessinait déjà la Passe de MOTOYRA et ses 1000 statues géantes sculptées dans la roche ocre des parois. Le Voyageur soupira en jouant avec le châle frangé qui lui couvrait les genoux. Ainsi allait la vie...
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Mer 6 Juil 2011 - 22:43

ASTUR arracha son casque bosselé et le jeta au loin, laissant couler un filet de sang de son cuir chevelu. Autour de lui, la situation se stabilisait : la foule des émeutiers refluait de la Place du Faune devant les cavaliers de la milice. La lueur des incendies embrasait le ciel, une chaleur de fournaise, étouffante, enveloppait tout le quartier. Dés le début, les miliciens avaient été pris à parti par les hommes de THAURAM, postés sur les toits et les bombardant avec des pierres, des pavés, des tuiles. Les archers avaient dégagé le terrain et les cavaliers avaient chargé, laissant nombre de cadavres sur les pavés glissants. Pour l'instant, les hommes d'ASTUR repoussaient la foule en colère, au milieu des cris, des hennissements des chevaux et des insultes. ASTUR hésitait... La route était dégagée pour atteindre la Taverne du Hibou... Pourquoi ne pas en profiter pour en finir avec la Guilde ? Mais REQUIEM n'avait pas donné d'ordres en ce sens. Et puis, il serait difficile de faire manoeuvrer ses hommes dans ce lacis de ruelles étroites et tortueuses, propices aux embuscades. Malgré tout, c'était tentant... L'occasion d'en finir une bonne fois pour toutes ne se représenterait pas de sitôt... L'officier serra les dents, triturant les rênes de cuir écarlate frangées d'or de sa monture. Soudain, il jeta un ordre à son lieutenant :
- MONGO ! Reste ici et prends le commandement ! Je veux trente de tes meilleurs hommes avec moi !
Au Grand Palais, les messagers se succédaient dans le cabinet de travail de REQUIEM, l'informant de l'évolution de la situation. Drapé d'une robe de satin noir ornée de broches d'ivoire en têtes de mort, le Seigneur de la Nuit consultait les cartes étalées sur la table de marbre. SQUALLION pointa son doigt sur l'une d'elles :
- Mes hommes ont réussi à contenir l'incendie, mais en d'autres lieux, le feu progresse... La seule solution est de faire un contre-feu en abattant des maisons alentours...
REQUIEM se mordît la lèvre. Il jeta un regard vers le globe de cristal posé sur son bureau. Aucune nouvelle de SADASTOR.
...
La dilligence s'arrêta dans le grincement de ses essieux et les passagers descendirent. Le relais se trouvait à l'entrée d'un village aux maisons de briques crues. Le ciel était noir sur les collines, le vent soufflait. Au loin, le tonnerre gronda. VS resserra son manteau de laine sur ses épaules étroites et assura son épée à sa ceinture de cuir clouté. Au moment où les passagers s'apprêtaient à entrer, un galop effrenné se fît entendre. Tous se retournèrent : un cavalier cravachait sa monture écumante en galopant vers eux comme un forcené, comme poursuivi par un régiment de démons. L'homme arriva à leur niveau et s'écroula de fatigue en même temps que sa monture. Les passagers se précipitèrent pour le dégager et VS poussa un juron :
- ARAGORN !
La pluie se mît à tomber.
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Jeu 7 Juil 2011 - 20:45

La lueur des incendies éclairait tout le Quartier Sud, faisant parfois ressortir le moindre détail avec une précision étonnante, comme une gravure à l'eau-forte. Les flammes montaient à l'assaut des maisons et des bâtiments, les poutres s'effondraient en craquant dans des gerbes d'étincelles, le plomb des coupoles fondait sous la chaleur et s'écoulait, visqueux et brûlant, dans les gouttières, l'air vibrait dans les brumes de chaleur dégagées par le brasier... Au sein de cet enfer, un groupe de guerriers progressait le long des murs, le pan de leur manteau sur la bouche, les yeux rouges, l'épée à la main. ASTUR commençait à regretter sa décision impulsive : l'incendie semblait s'étendre, incontrôlable. Mais il était trop tard pour reculer. D'autant plus que la Taverne du Hibou apparût bientôt. Le massif bâtiment se découpait sur le ciel de feu, avec ses trois étages et son toit de tuiles rouges orné de cheminées de briques. La porte principale était gardée par un fort parti de voleurs bien armés. D'autres se tenaient près de la pompe à eau avec des seaux d'eau prêts à servir au cas où le feu menacerait. Renfoncé dans l'ombre d'une porte cochère, ASTUR observa longuement le bâtiment. L'entrée principale était trop bien gardée... Il allait falloir essayer d'entrer par la cour des cuisines, sans doute moins surveillée.
Au Grand Palais, l'angoisse nouait le ventre de REQUIEM comme une hydre lui dévorant les entrailles : l'incendie s'étendait. Les maisons de bois et de tourbe des bas quartiers nourrissaient le feu qui se fortifiait à chaque pâté de maisons consumé... Dans les rues, sur les toits et les terrasses, les gens se regroupaient, se massaient, de plus en plus inquiets, montrant du doigt le quartier embrasé au loin en chuchotant. On entendait le hurlement de ceux qui fuyaient devant les flammes. Un nuage noir commencait à s'étendre... Sur la Place du Faune, MONGO ordonna la retraite.
- Et ASTUR ? cria un de ses hommes.
- Nous n'avons pas le choix ! Il faut quitter cet enfer ou nous allons y rester ! Repliez-vous au nord, vers la Prison des Ames Perdues et le Jardin d'Hiver !
Les miliciens tournèrent bride, éperonnant leurs montures terrifiées. Le fracas des sabots fût submergé par le grondement des flammes.
SQUALLION entra en coup de vent dans la salle des audiences. Maculé de poussière et de suie, le visage rougi, il ruisellait de sueur :
- Il n'y a plus de temps à perdre ! L'incendie progresse... Il faut que les habitants puissent se réfugier en lieu sûr et vite !
REQUIEM examina les cartes étalées devant lui :
- Ouvrez le Jardin d'Hiver ! Qu'ils s'y réfugient, ils y seront à l'abri. Où en sont tes hommes ?
- Ils ont abattu une partie des murs intérieurs afin de faire un contre feu. Un groupe est parti vers les réservoirs pour augmenter le volume d'eau des fontaines. OORGAN est avec eux.
REQUIEM tritura nerveusement la chaîne d'or martelée qui ornait son cou, se mordant la lèvre. Un voile noir recouvrait le Quartier Sud, plongé dans l'obscurité trouée par l'éclat du feu.
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Jeu 7 Juil 2011 - 21:29

MURIELLE reposa son miroir au manche d'argent. Sa jeune esclave cessa de coiffer les boucles brunes de la Grande Courtisane et jeta un regard inquiet vers la fenêtre en verre coloré de Durenor :
- J'ai peur, Maîtresse... On dirait que l'incendie progresse...
- Allons, ce n'est pas la première fois qu'un incendie ravage le Quartier Sud.
- Certes, Maîtresse, mais celui-ci semble s'étendre.
MURIELLE fût empêchée de répondre par l'arrivée de DONALD S. Il entra sans se faire annoncer dans le boudoir aux boiseries délicates.
- Ce n'est pas le soir que j'ai fixé, DONALD.
- Je ne viens pas pour ça ! L'incendie menace de déborder les bas quartiers. Les habitants doivent se replier sur le Jardin d'Hiver.
- Nous ne craignons rien ici. Il est hors de question que je quitte ma maison.
- MURIELLE, par les feux des cinq enfers ! C'est sérieux ! Il faut vous mettre à l'abri, toi et tes filles. Un groupe de mes hommes vous attend pour vous escorter.
La jeune femme regarda par la fenêtre, ses yeux verts reflétant son hésitation. Puis elle se tourna vers un ennuque immobile, un géant à la peau brune, vêtu d'un pantalon de soie bouffant et de sandales, un sabre au côté, et qui se tenait immobile prés de la porte :
- STRATOR, regroupe les filles dans la cour. Qu'elles ne prennent que le minimum avec elles, vite !
- Bien, Maîtresse.
L'ensemble impressionant du Jardin d'Hiver se découpait, à la limite entre le Quartier Sud et le Quartier Est. Il s'agissait en fait d'une colline couverte de vastes jardins en terrasse. Edifié en l'honneur de MILK, l'ancien dieu du froid, l'endroit était, par un puissant sortilège, plongé en permanence en hiver : la colline formait un monde étrange et à part, de jardins enneigés, de givre et d'arbres dénudés. Un petit lac intérieur, souvent gelé, l'ornait en son centre, bordé de mélèzes et de sapins. Un monde étrange et fascinant, régie par une seule et unique saison, toute l'année. L'ancien temple de MILK se trouvait au pied de la colline, son toit recouvert de neige et ses corniches scintillantes de givre. Une longue file de fuyards terrifiés se dirigeait rapidement vers la colline, encadrée par les hommes de la Garde d'Or. A l'entrée des jardins, les anciens prêtres de MILK distribuaient des vêtements chauds, un bol de soupe, des couvertures... Les femmes et les enfants furent regroupés du côté du belvédère, sur la deuxième terrasse surplombant le lac intérieur. La masse épaisse des sapins et des conifères odorants semblait former une muraille protectrice autour des réfugiés. Si jamais le feu parvenait jusqu'ici, le sortilège de froid perpétuel le stopperait.
...
ARAGORN revînt à lui, allongé sur le lit d'une des chambres du relais. Une chandelle se consumait sur une petite table, éclairant chichement la pièce aux murs écaillés. La porte s'ouvrît en grinçant et VS entra, un bol de bouillon fumant à la main. Il eût un sourire en voyant le Rôdeur éveillé et tira un tabouret pour venir s'asseoir prés de lui :
- Tu es réveillé ? Il était temps, je commençais à m'inquiéter. Tu as dormi douze heures.
- Douze heures !
- Et oui... Tu as dû crever au moins trois chevaux pour me rejoindre ici. Qui t'as renseigné sur ma destination ? MURIELLE ?
- Oui... CRAFT vous a vu bavarder aux Jardins de BALTHUS hier après-midi. Si quelqu'un savait où tu étais, c'était bien elle.
Le Voyageur tendît le bol de bouillon fumant, à la bonne odeur de légumes :
- Attention, c'est chaud. Pourquoi cette poursuite ? Je te croyais avec le Roi et le reste de l'armée.
- C'est justement ADRIAN qui m'envoie. Il veut te voir, le plus vite possible.
VS se mordît la lèvre.
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Dim 10 Juil 2011 - 15:43

ADRIAN se redressa en sursaut, la main sur la poignée de son épée. Il s'apaisa en voyant MILOS penché sur lui, à la lueur de la lampe de bronze. En-dehors de la vaste tente, tout semblait tranquille. Seul le hululement d'un chat-huant perché dans un arbre proche troublait le silence de la nuit.
- Qu'y a-t-il ? Une nouvelle attaque ?
- Non, un message de REQUIEM vient d'arriver. Des émeutes ont éclaté dans le Quartier Sud, orchestrées par la Guilde des Voleurs après la mort de THAURAM. Les entrepôts ont été incendiés, le feu s'est propagé et a embrasé le quartier. REQUIEM a ordonné l'évacuation des habitants au Jardin d'Hiver. A l'heure qu'il est, l'incendie est maîtrisé, mais la moitié du Quartier Sud est détruite...
Horrifié, ADRIAN se laissa retomber sur sa couche étroite aux sangles de cuir et posa ses mains sur son visage :
- Par les cinq enfers... La moitié du Quartier Sud en ruines...
MILOS hésita, puis continua :
- ASTUR a disparu. La dernière fois qu'on l'a vu, il était à la tête de trente hommes de la milice et se dirigeait vers la Taverne du Hibou. Aucune nouvelle depuis... VS a quitté la ville... ARAGORN est à sa poursuite...
Lentement, ADRIAN se redressa pour s'asseoir, l'air hébété par cette avalanche de nouvelles. MILOS s'assît à ses côtés, tenant la lampe à la main. Le moment était venu de placer ce qu'il retenait enfoui depuis plusieurs jours :
- ADRIAN... Il faut faire demi-tour ! Nous devons rentrer. La forteresse de MAXIMUS est imprenable, sois réaliste ! Il faut rentrer en ville, les Seigneurs du FORUM seront plus utiles là-bas qu'ici.
Le Roi secoua la tête, les mâchoires serrées. MILOS s'emporta :
- ADRIAN ! C'est ton trône qui est menacé ! Certains habitants demandent le retour du Conseil, le retour des divinités, disant que tout ceci ne serait jamais arrivé avant ! Les réfugiés du Jardin d'Hiver se bousculent à l'ancien temple de MILK, disant que c'est lui qui les a protégé de l'incendie. Sans oublier la Guilde des marchands... Ils sont furieux que les entrepôts aient brûlé, ils disent que celà ne serait pas arrivé si FAUCON DE LUNE était toujours leur dieu. RONAN, le Maître de la Guilde, clame partout qu'il ne doit obéissance qu'à FAUCON DE LUNE, son dieu de tutelle.
- RONAN, ce gros porc puant de parfum aux doits chargés de bagues... Il vendrait sa mère pour trois pièces de cuivre...
MILOS posa sa main sur l'épaule du Roi. De par son rang, il était l'un des rares à pouvoir le toucher :
- ADRIAN, il faut rentrer, je t'en conjure. Les gens perdent confiance envers le pouvoir royal... Si nous revenons au régime du Conseil, c'est le retour des débats, des discussions stériles, d'un FORUM divisé où chaque divinité défendra ses petits intêrets... Il faut rentrer !
...
La voiture laquée de noir de REQUIEM s'arrêta dans le grincement des essieux. Le Seigneur de la Nuit ouvrît la portière et descendît. Abasourdi, il contemplait l'ancien temple de FAUCON DE LUNE. Le bâtiment, d'habitude désert et silencieux, était illuminé, les portes grandes ouvertes laissaient échapper des flots de musique et de vapeurs d'encens. De nombreux marchands, reconnaissables à leurs riches vêtements se pressaient sur le parvis de marbre. REQUIEM monta les larges marches quatre à quatre, traversa la mêlée pour saisir RONAN par le bras :
- Quelle est cette folie ? Qui a réouvert ce temple ?
- Moi et mes hommes... Nous voulons prier le Divin FAUCON DE LUNE, notre dieu, de nous protéger et de veiller sur nos biens. Si nous ne l'avions pas abandonné, si nous ne nous étions pas détournés de lui, tout ceci ne serait pas arrivé.
- Maudit chien !
REQUIEM frappa le gros marchand et ce dernier tomba sur le marbre, la lèvre fendue. REQUIEM détestait ce gros porc hypocrite aux paroles onctueuses, mielleuses et qui couinait de peur au moindre courant d'air. Sa vue le révulsait.
- Je te donne une heure pour foutre le camp d'ici, RONAN ! Sinon, tu connaîtras pire que la Prison des Ames Perdues et tu maudiras le jour de ta naissance ! Le seum maître du FORUM, c'est ADRIAN, notre Roi, ne l'oublie pas. Pars !
Soutenu par deux acolytes, le marchand quitta le grand parvis du temple, le regard lourd de haine et de menace. REQUIEM leva la tête vers le ciel. Un ciel lourd et plombé, chargé de noirs nuages aux flancs sales, annonciateurs des plus violents orages.
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Mar 19 Juil 2011 - 0:28

Volfgram passa entre les portes de la forteresse des maléfices , flottant lentement vers le donjon maudit .
Il monta rapidement les escaliers noirs après avoir traversé la grande porte du bâtiment.Il entra dans la chambre royale ou' Maximus était assis sur son trône de diamant noir avec des rayures rouges qui palpitaient comme un cœur.Il parlait avec plusieurs conseillés tout en caressant un grand cerbère noir dans les trois têtes grognaient de plaisir en montrant leurs grands crocs.Quand Volfgram entra , Maximus fis un signe de la main et les conseillés sortirent de la salle.L'ombre du seigneur noir se colla aux jambes de son porteur , prenant l'apparence d'une ombre normale.Il raconta le combat qui s'était déroulé entre l'armée de la cité et les brigands.Ces derniers furent tous tués , ce qui réjouit le maitre du donjon.
_Bien , au moins ils ont réussis à affaiblir cette horde de cinglés.Il s'écraseront sur les murs de ma forteresse comme l'eau sur les rochers.
_Mais bien sûr mon seigneur , dit Volfgram . Comment peuvent t'ils êtres assez fous pour s'attaquer à une cité aussi imprenable !
_D'ailleurs , je leurs ai préparer une surprise de taille.Si ils souhaitent vraiment demander l'aide à la guilde des magiciens , ils ne seront pas très heureux d’apprendre que cette dernière à disparu ....
............................................................................................................
Dans la guilde des magiciens , Sirius , un vieux et sage mage , feuilletait un livre sur les astres , quand ses pouvoirs sensibles l'avertirent de l'imminence d'un danger.Il attrapa son bâton magique,cherchant si il y'avait un quelconque assassin . Soudain , un homme portant un capuchon sortit des ténèbres.Ce dernier cachait entièrement son corps , ne laissant apparaitre que des mains griffues recouverte d'une espèce de carapace noir.Sirius prononça une formule magique , envoyant une boule de feu sur l'inconnu.Mais cette dernière faiblit tout en fonçant sur la cible , puis elle disparut.La créature encapuchonnée leva la main , et une fumée noir en jaillit , formant deux mains de fumées pointues qui attrapèrent le mage et lui brûlèrent la peau.Puis les mains se dissipèrent , laissant Sirius étendue par terre , la chair brulée.Il put apercevoir six autres silhouettes encapuchonnées.
_ Vous ...Vous êtes les sept sorciers noirs de Maximus , souffla Sirius.
Un autre homme avec des serres à la place de la main lui lança un jet d'acide sur la poitrine,puis laissant le corps fumant,les sept meurtriers brûlèrent la bibliothèque.Plusieurs magiciens arrivèrent , et tout en essayant d'éteindre l'incendie , les sept silhouettes jaillirent des flammes pour faire face aux magiciens de la guilde.
.......................................................................................................
Oorgan se promenait tout en frappant une pierre avec des coups de pieds.Il n'aimait pas être laissé là alors qu'une bataille palpitante allait se passer.Tandis qu'il ruminait ses pensés , il vit avec horreur que la guilde des magiciens était en proie aux flammes.Il courut pour aller voir ce qui se passait quand le toit du bâtiment explosa en un torrent de flammes et de pierres dans le ciel.Sept ombre surgirent tout à coup en volant et disparurent.Oorgan s'approcha et vit un vieillard devant l'entrée.Il courût vers lui puis s'assit pour le soigner.Une trace de griffures étaient tracés sur sa poitrine.Le sang coulait de la plaie.Le vielle homme tendit un bouquin au jeune aventurier.
_ Prend le , tu y trouveras tous sur les événements qui ce sont passés.Prévient tout le monde ....
Puis il s'effondra sur les bras d'Oorgan.
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Mar 19 Juil 2011 - 23:08

"Le retour des dieux... Manifeste pour le rétablissement du Conseil des Divinités... Réveillez-vous avant qu'il ne soit trop tard..."
VIC reposa sur ses genoux le texte imprimé que REQUIEM venait de lui donner. Les deux hommes étaient seuls dans le cabinet de travail du Seigneur de la Nuit. Les stores en écailles de tortue filtraient la lumière du dehors en fines lamelles sur le sol de pierre ocre. Une montagne de documents, lourds volumes reliés au fermoir de métal et dossiers s'entassait en désordre sur le bureau. VIC joua avec le papier du bout des doigts :
- Tout un programme ce torchon...
- N'est-ce pas ? En clair, son auteur réclame l'abolition de la monarchie et le retour du Conseil, la réouverture des temples, le rétablissement des anciens cultes...
- Et où as-tu trouvé si aimable prose ?
REQUIEM regarda VIC avec des yeux surpris, avant de se lever brusquement et de faire les cent pas dans la pièce :
- Où ? Mais partout ! Ce torchon a été placardé partout en ville ! Sur les murs des bains, des tavernes, des anciens temples, sur la place du Grand Marché, même sur les portes du Grand Tribunal, malgré les gardes !
- Le texte n'est pas manuscrit, mais imprimé, remarqua VIC.
- Oui, je sais... J'ai convoqué DONALD... Il est furieux, persuadé qu'un ouvrier de l'imprimerie s'est servi en secret de la presse à imprimer pour diffuser ce texte... Il a juré de cravacher à mort le coupable s'il le trouve.
- Il y a plus urgent. Nous devons rétablir la confiance dans le pouvoir royal. Maintenant que l'incendie est terminé, de même que le siège, il ne faut plus perdre de temps... REQUIEM, ADRIAN doit rentrer. Et vite.
...
MURIELLE se dirigea de sa démarche gracieuse vers le lieu du rendez-vous. Drapée dans son ample manteau à capuchon, elle traversa le bosquet au feuillage épais et odorant et prît l'allée de gravier blanc, éclairée par la lueur des deux lunes. Les jardins du Grand Palais étaient déserts. Au loin, le Grand Beffroi sonna minuit. La jeune femme arriva du côté de la Fontaine du Dieu de la Lune. La statue, édifiée en l'honneur de REQUIEM autrefois, le représentait, taillé dans le marbre blanc, émergeant du bassin sur un char tiré par des chimères. La fontaine bruissait doucement sous les étoiles, entourée de vapeur d'eau fantômatique. La courtisane jeta un coup d'oeil nerveux derrière son épaule. Si elle tombait sur la garde de nuit... Elle sursauta quand une silhouette trappue émergea de la pénombre. L'homme abaissa son capuchon, dévoilant un visage rond et joufflu, aux yeux de fouine et à la bouche humide.
- RONAN... C'est donc toi qui m'a fait venir ici... Que me veux-tu ?
- Parler affaires, ma chère... Mais pas ici... Viens.
Le marchand lui prît le bras et l'entraîna sous les frondaisons épaisses. Un peu plus loin, une voiture attendait, attellée à deux robustes coursiers noirs aux harnais de cuir laqué. Le cocher, muet comme une carpe, déploya le marchepied et ouvrît la portière, tendant la main à MURIELLE pour l'aider à monter. Une fois les passagers installés, il prît les rênes et la voiture s'ébranla, prenant la direction du Domaine des Dieux.
...
ASTUR revînt à lui, l'esprit engourdi et le corps contusionné. Il tenta de se relever, mais une violente onde de douleur dans le crâne l'arrêta net. Lentement, il se redressa, clignant des yeux dans la pénombre. Il se trouvait dans une cave sombre et humide, creusée à plusieurs pieds sous terre semblait-il. On lui avait enlevé ses armes et sa cuirasse, il ne portait que sa tunique d'officier et ses bottes. Une lourde chaîne entravait ses poignets. Il tenta de rassembler ses souvenirs... Que s'était-il passé ? L'incendie... Son raid sur la Taverne du Hibou... Où étaient ses hommes ?
Un bruit de métal, des verrous qu'on tire... Un rai de lumière se dessina sur le sol... La lueur aveuglante d'une lampe qui lui fît fermer précipitament les yeux... Une voix :
- Bienvenue, ASTUR. Bienvenue dans les souterrains de la Taverne du Hibou, siège de la Guilde des Voleurs. Ta visite est un honneur... Ne cherches pas tes hommes, ils sont tous morts. Toi aussi d'ailleurs. Tout le monde te croit mort dans l'incendie qui a ravagé le quartier.
- Qui... Qui es-tu ? demanda l'officier, toujours ébloui par la lampe.
- Disons que je suis le... successeur de THAURAM. Celui qui l'a fait tuer en faisant accuser VS du meurtre. Celui qui est derrière toute cette agitation en ville, celui qui a déclenché ces émeutes et l'incendie... Celui qui manipule ce gros porc de RONAN et ses marchands imbéciles... Mais nous aurons le temps de faire connaissance. Repose-toi en attendant...
La porte se referma. Le bruit de pas décrût dans le couloir, puis le silence et l'obscurité retombèrent comme un suaire.
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Jeu 21 Juil 2011 - 19:27

Horrifié, OORGAN reposa doucement le corps inerte du magicien avant de lui fermer les yeux. Derrière lui, les flammes crépitaient et montaient en dansant le long des murs du siège de la Guilde de la Main Blanche. Puis, dans un fracas assourdissant, les poutres cédèrent et le bâtiment s'effondra sur lui-même dans un nuage de poussière et de cendres. Réagissant enfin, OORGAN se précipita vers son cheval, tenant le précieux volume serré contre sa poitrine. Sa monture roulait des yeux terrifiés en tirant nerveusement sur sa longe de cuir, les naseaux frémissants. Le jeune homme sauta en selle et éperonna son cheval, le coeur battant. Le siège de la Guilde était un bâtiment isolé, niché au creux de collines boisées et surplombant une route trés ancienne. Dévalant la pente, le cheval d'OORGAN ne tarda pas à rejoindre la route. Il s'agissait d'une voie trés vieille, large et imposante, pavée de grandes dalles de pierre blanche, mise en place il y a des siècles par une civilisation oubliée depuis longtemps. Les marchands la surnommaient "La chaussée des Géants". OORGAN encouragea sa monture, les troncs droits des pins basculèrent, le vent lui fouetta le visage et il prît la direction de la Passe de Motoyra. Son coeur battait la chamade, ses battements affolés semblant se confondre avec le galop terrifié de son cheval. Au loin, un crépuscule de feu mauve et orangé embrasait les hauts-plateaux aux crêtes violettes.
Appuyé au tronc d'un érable rouge, VS contemplait la fin du jour par-dessus les arêtes de tuiles vernissées dans la cour de l'auberge. La température baissait, les ombres s'allongeaient sur les champs ocre et vert tendre. Au loin, la Passe de Motoyra et ses 1000 statues sculptées dans la pierre fauve prenaient un relief saisissant, se découpant en une masse imposante et écrasante sous les feux écarlates du soleil couchant. Il se tourna vers ARAGORN en entendant crisser le gravier derrière lui. Le Rôdeur, drapé dans son manteau de laine chinée désigna la passe du menton :
- Tu ne t'es jamais demandé qui avait sculpté ces géants de pierre ?
- Tant de récits courrent à leur propos... Beaucoup pensent qu'une race ancienne et oubliée a taillé ces statues immenses dans les parois des deux côtés de la passe pour protéger les caravanes empruntant ce défilé. WARLOCK est certain que ces statues représentent des génies protecteurs, des esprits de la terre, sensés garantir leur protection aux voyageurs prenant ce chemin... Bon sang, il a dû leur falloir un siècle et des milliers d'esclaves pour sculpter ces falaises. Aujourd'hui, le vent, le sable et les pluies en ont raviné et usé la plupart.
- Elles n'en sont que plus impressionnantes.
VS fût empêché de répondre par un galop effréné venant dans leur direction. L'aubergiste, qui allumait la grosse lanterne de fonte de la porte d'entrée se retourna, surpris, l'allumette souffrée à la main. Le cavalier, un trés jeune homme, tira sur les rênes et sauta à terre :
- Vite, il me faut un cheval frais ! Je dois repartir tout de suite ! Peu importe le prix, fais vite !
- OORGAN ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ?
- VS ! ARAGORN !
...
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MessageSujet: LE CYCLE DES DISPARITIONS   Ven 22 Juil 2011 - 21:51

Le bruit de la clef dans la serrure tira ASTUR du sommeil tourmenté où il cherchait l'oubli. La porte de la cellule s'ouvrît en grinçant, dessinant un faible rectangle de lumière sur le sol de pierre froide. Une silhouette indistincte se pencha pour déposer un plateau de terre cuite empli de légumes, pain, fromage et fruits secs. C'était le moment qu'ASTUR attendait. Il bondît sans crier gare, faisant tournoyer la chaîne de ses menottes et l'abattît férocement sur son gêolier. Le crâne de ce dernier éclata sous l'impact et l'homme s'affaissa à terre, roulant mollement sur le sol. Galvanisé par son action, ASTUR enjamba le corps et jeta un oeil autour de lui, aux aguets. Un couloir principal d'où partaient d'autres galeries voûtées et obscures... Il eût beau fouiller le cadavre, impossible de trouver la clef de ses menottes. Avec un haussement d'épaules, il souleva le corps pour le déposer dans la cellule, tourné vers le mur. Puis il s'engagea à pas de loup dans le couloir principal, faiblement éclairé. A sa grande surprise, un véritable réseau de galeries semblait courir sous la Taverne du Hibou... Il se souvînt avoir consulté autrefois les plans de la ville, à la Maison du Savoir et de la Connaissance... Le Seigneur WARLOCK lui avait expliqué que cette partie du Quartier Sud était bâtie sur d'anciennes catacombes... Les voleurs avaient dû aménager ces anciennes galeries quand ils s'étaient installés ici... Errant au hasard, l'officier fût brusquement tiré de ses rêveries par un sentiment d'urgence, de danger. Quelque chose s'approchait dans la pénombre... Le frottement de pieds nus sur la pierre... Une odeur puissante et animale... ASTUR se retourna brusquement et ce qu'il aperçût à la lueur d'une torche le laissa figé d'horreur. Une sorte de singe monstrueux, immense, s'encadrait sous le haut plafond voûté. Une tête simiesque et animale, posée sur un cou puissant et épais, des bras anormalement longs et musclés, une poitrine large et velue, de courtes jambes... Des crocs jaunis longs comme des poignards, des griffes acérées... Le monstrueux antropoïde lui barrait le chemin de sa masse imposante et trappue, ses yeux rouges brillant d'un éclat bestial dans la pénombre. ASTUR sût qu'il avait devant lui un homme-singe des montagnes d'Imélie, la monstrueuse créature qui terrorisait pâtres et villageois de ces terres primitives. Le Seigneur VS lui avait souvent parlé de ces redoutables créatures qui hantaient les gorges et ravines de ces régions montagneuses et désolées, attaquant les troupeaux de chèvres. L'officier n'eût guère le temps de s'interroger sur la présence de ce monstre ici : dans un cri bestial et rauque, le gardien des souterrains se jeta sur lui. Malgré sa peur, ASTUR réagit et réussît à éviter la charge lourde et impêtueuse du singe. Dans un geste désespéré, il balanca la chaîne de ses menottes. Le lourd métal heurta la tête velue de plein fouet, un craquement se fît entendre, le sang gicla... Avec un grognement inhumain de douleur et de rage, la monstrueuse créature riposta d'un coup puissant de son énorme patte griffue. ASTUR, projeté en arrière, heurta violement le mur de pierre, à demi assommé. L'homme-singe fût aussitôt sur lui, refermant ses bras monstrueux en une terrible étreinte, étouffante, ses griffes lui lacérant le dos, déchirant sa tunique et sa chair. A demi étouffé par la fourrure épaisse et sale, les yeux plein de larmes, ASTUR tenta d'encercler le cou du singe avec sa chaîne. La pression augmentait, il sentait ses côtes s'enfoncer et compresser ses organes, un voile noir passa devant ses yeux... Il réussît cependant à encercler la chaîne autour du cou épais et tira de toutes ses forces déclinantes. Avec l'énergie et la rage du désespoir, serrant les dents à s'en faire saigner les gencives, il tînt bon, resserrant sa prise. La créature se mît à geindre et haleter, ses yeux se révulsèrent. Elle relâcha son étreinte et porta ses pattes à son cou, essayant d'écarter la chaîne qui meurtrissait sa chair. Le dos en sang, le corps irradié de douleur, ASTUR accentua sa pression, la tête enfouie contre la poitrine velue, faisant craquer les jointures de ses doigts... Au bout d'une éternité, un craquement sinistre et sec se fît entendre. Sans un bruit, l'homme-singe s'affaissa et retomba sur les dalles, le cou brisé. Titubant, au bord de la nausée, le dos poissé de sang et lacéré, ASTUR dégagea sa prise et se rattrapa à un pilier pour ne pas s'effondrer à son tour...
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MessageSujet: Re: Le Cycle des Disparitions   Dim 24 Juil 2011 - 21:36

Je persiste... Mr. Green

Trois cavaliers s'engageaient dans l'étroit défilé de la passe de Motoyra en cette aube fraîche et lumineuse. La lueur blafarde du jour naissant éclairait progressivement les immenses statues sculptées dans les parois de pierre ocre, dessinant le contour d'un visage, d'un corps ou d'un bras levé. Les plus proches de l'entrée du défilé avaient subi de plein fouet des siècles d'érosion, de vent, de pluie et de sable. Elles n'étaient plus que des blocs rocheux aux formes étranges et fantastiques, projetant leur ombre démesurée sur la terre rougeâtre. A l'intérieur, par contre, la plupart étaient encore en bon état, représentant d'étranges personnages, parfois sereins, parfois agités ou en colère. Les trois cavaliers progressaient en silence entre ces deux rangées fantastiques et imposantes. Par endroit, la passe se resserrait, ne laissant apercevoir qu'une étroite bande de ciel d'un bleu dur, là-haut, où tournoyaient les milans et vautours. Mal à l'aise, OORGAN jetait des coups d'oeil inquiets de chaque côté du défilé. ARAGORN lui fît un geste amical de la main et un sourire. De son côté, VS pensait au lourd volume à fermoir de métal rangé dans sa sacoche. Il n'y avait jeté qu'un coup d'oeil, mais si c'était vraiment tout ce qui restait de la Guilde de la Main Blanche, c'était un trésor sans prix. Et YAZTROMO ? Avait-il péri lors de cette attaque ? Qui étaient ces sept sorciers noirs qu'avait vu le jeune OORGAN ? Le Voyageur fût tiré de ses pensées par ARAGORN. Le Rôdeur leur fît signe de s'arrêter et leva les yeux vers les hauteurs, la main en visière.
- Qu'y a t-il ? demanda VS.
- On nous observe... Il y a quelqu'un ou quelque chose là-haut...
...
ASTUR se traîna le long du couloir de pierre humide. Moulu de fatigue, ses blessures lui cuisant et brûlant le dos, il avait perdu tout repère, toute notion du temps dans ce dédale souterrain. Le découragement et l'épuisement se disputaient son esprit lorsqu'il entendît soudain des voix étouffées et vît une vive lueur devant lui. Il s'approcha, se dissimulant dans la pénombre du passage voûté. Une vaste pièce s'offrait à son regard, aménagée avec un luxe innatendu. De lourdes tentures frangées dissimulaient les murs lépreux, d'épais tapis de laine brodée recouvraient le sol, des meubles de prix provenant de maintes rapines ornaient la pièce. De nombreux coussins et des fourrures jonchaient le sol en une profusion insouciante. Un grand lustre de cristal de Durenor de 40 bougies éclairait l'ensemble et l'humidité était chassée par le feu qui crépitait dans l'âtre de pierre. Au centre de la pièce se trouvait un couple qui semblait attendre en chuchotant à voix basse. ASTUR n'eût aucun mal à identifier l'homme, petit et gras, au visage joufflu, au sourire faux, à la calvitie précoce et au regard de fouine.
"RONAN... Le Grand Maître de la Guilde des Marchands... Qu'est-ce qu'il fout ici ?"
Le deuxième personnage était vraisemblablement une femme, vu ses vêtements et sa silhouette gracieuse sous son ample manteau à capuchon. ASTUR ne pouvait voir son visage de là où il était, mais il voyait qu'elle était hésitante, mal à l'aise... Un bruit de pas se fît entendre, une porte s'ouvrît et un homme entra dans la pièce...
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