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 LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)

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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Mar 15 Mai 2012 - 22:42

Certains m'ont demandé une suite... Accrochez-vous, ça va pas être triste...

- Mon parrain ! Je suis arrivé !
Vic eût un grand éclat de rire en ouvrant ses bras pour y recevoir son filleul. Aurelien sauta au cou du Guérisseur pour l'embrasser sur la joue, ses petits bras autour du cou, avant de se reculer pour un grand sourire.
- Alors, petit prince, te voici enfin parmi nous ? Le voyage n'a pas été trop long ?
- Oh non parrain, mais j'étais impatient de te revoir. Où est tante Estelle ?
- Elle est partie visiter ses malades, tu la verras ce soir. Allez viens, nous allons en cuisine, j'ai fait préparer des gâteaux au miel et du sirop de fraise.
Le petit bonhomme se suspendît à la main de Vic et, suivi par les gardes de son escorte, l'accompagna vers les cuisines. Tout en répondant aux nombreuses questions du petit, le Guérisseur l'observait en souriant. Aurélien était le portrait craché de son père, on aurait dit Voyageur Solitaire en "petit", à deux exceptions près : il avait hérité de sa défunte mère un teint clair qu'il gardait même sous le soleil ardent du désert et de superbes yeux verts. Pour le reste, c'était un enfant rieur, confiant et ouvert, loin de la mélancolie et du caractère taciturne de son père, d'esprit vif et curieux de tout. Par contre, il n'avait aucune sensibilité artistique, était sourd à la musique et rebelle au dessin, ce qui désolait Voyageur Solitaire. Il tenait de sa mère un goût prononcé pour les arts mécaniques et Guilibran s'était pris d'affection pour ce gosse, l'accueillant volontiers à la Grande Forge. Pour ses défauts, il savait être aussi borné et entêté que son père, ce qui n'était pas peu dire... Sitôt juché sur son tabouret, Aurélien se jeta avec ardeur sur les gâteaux, avant de demander, la bouche à moitié pleine et les mains collantes de miel :
- Parrain, on pourra aller voir ma cousine Aurore ?
- Je m'attendais à cette question... Bien sûr, elle doit t'attendre avec impatience elle aussi.
...
Encore une fois, Warlock pesta contre la chaleur. Ce début d'été était aussi brûlant que Jareth l'avait prédit. Le cabinet de travail se transformait progressivement en fournaise malgré les stores d'écailles qui le maintenaient dans la pénombre. Le Grand Erudit reposa sa plume et se frotta les yeux avant de relever la tête devant les portes qui s'ouvraient. Accompagnée de sa gouvernante, Aurore faisait son entrée en courant, toute excitée :
- Papa ! Mon cousin Aurélien est arrivé ! Je peux aller le voir, dis ? S'il te plait !
Warlock eût un rire et prît sa fille sur ses genoux, lui caressant les cheveux, avant de renvoyer la gouvernante.
- Du calme ma princesse, vous avez tout l'été pour jouer ensemble, laisse-lui le temps d'arriver, tu veux ?
La petite se blottit contre la poitrine de son père et Warlock resserra son étreinte. Voilà quatre ans que Sylvia avait lâché ses trois mots devant lui, un soir :"Je suis enceinte". La nouvelle lui avait fait l'impression d'un sac de noix lui tombant sur le crâne. Par la suite, il avait assisté à la grossesse de Sylvia dans un état second, comme anesthésié, regardant son ventre s'arrondir au fil des jours sans aucune émotion particulière, affichant un détachement qui avait fini par inquiéter son entourage et désoler la future mère. Au jour de la naissance, quand Vic lui avait remis sa fille dans ses bras, Warlock s'était senti horriblement mal à l'aise, comme s'il ne savait que faire devant cette petite boule frippée qui s'agitait et pleurait entre ses mains. Ce sentiment horrible de ne pas être concerné avait continué jusqu'au jour où la petite lui avait dit "papa" en lui souriant et en lui tendant ses petits bras ronds. Et là, tout avait basculé. Du jour au lendemain, le Grand Erudit avait rattrapé le temps perdu, d'autant plus qu'Aurore se montrait curieuse, l'esprit éveillé, avec des dizaines de questions pour lesquelles son père avait désormais des dizaines de réponses. Il lui avait appris à lire, à écrire, l'initiait à l'astronomie, à l'histoire, à la musique... Et quand elle l'écoutait religieusement, juchée sur ses genoux, les yeux grands ouverts d'admiration, il se sentait alors le roi du monde. Désormais, il était courant de croiser dans les couloirs de la Maison du Savoir et de la Connaissance le maître des lieux tenant par la main sa petite princesse qui trottinait à ses côtés. Dans le même temps, Voyageur Solitaire avait pris l'habitude d'envoyer son fils passer l'été au Forum pour fuir la chaleur infernale qui régnait alors à Atalis. Aurélien s'était rapidement lié avec sa "cousine" qui, bien que sa cadette d'un an, en faisait ce qu'elle voulait... Ils se poursuivaient, jouaient à cache-cache dans les jardins du Grand Palais et cherchaient à capturer des papillons tout en se chuchotant à l'oreille des secrets sans importance. Warlock se leva, reposant la petite au sol avant de lui prendre la main :
- Allez, tu as gagné : nous allons chez Vic voir ton cousin.
...
Requiem fixait le plafond en silence, allongé sur le divan tendu de velours. A côté de lui, Vic soupira, assis sur un tabouret ouvragé :
- Toujours ce même rêve ?
- Oui... Je me revois fuyant Absalon... Fuyant à travers le désert de la Désolation Rouge, brûlé par la soif... Je titube, ma langue est comme une pierre dans ma bouche, ma peau me brûle, ma vue se brouille... Je marche à travers les sables et les dunes poudreuses comme un homme ivre avant de m'effondrer, de sombrer dans le coma. Quand je reviens à moi, David est penché sur moi, me baignant le visage avec un linge mouillé, me disant que je suis hors de danger...
- Tu revis ta fuite d'Absalon et ta rencontre avec Voyageur Solitaire autrefois, il y a plus de 1000 ans, c'est tout.
Requiem se leva sur un coude et prît la main du Guérisseur :
- Mais il y a cette femme avec moi Vic... Elle est à mes côtés, je lui tiens la main... Mais je n'arrive pas à voir son visage. Je... Je sens presque le parfum de sa chair, le toucher de ses cheveux, sa présence à mes côtés... Elle est là, si proche, si réelle ! Mais je ne vois jamais son visage.
Vic se rembrunît et se leva, mal à l'aise. La femme du rêve était Atala bien sûr... Requiem l'avait oublié sous l'effet de la potion d'oubli qu'Alin l'avait forcé à boire. Mais au fond de lui-même, dans les tréfonds de son inconscient, son esprit se débattait contre cet oubli, cherchait à ramener ce souvenir à la surface de sa mémoire. Atala avait obsédé Requiem pendant des siècles, il avait passé plus de 1000 ans à penser à elle, nuit et jour... Elle était en lui, à jamais. Pour l'instant, l'effet de la potion perdurait, mais pour combien de temps encore ?
- Vic ?
- Excuse-moi, j'étais distrait. Je vais te donner une potion qui t'aidera à mieux dormir. Ce rêve finira par passer, j'en suis convaincu.
- J'ai confiance en toi, fît Requiem en s'asseyant pour remettre ses sandales avant de changer de sujet : Il parait qu'Aurélien vient d'arriver ?
- Oui, il vient passer l'été chez moi comme chaque année avant de rentrer à Atalis à l'automne.
- J'espérais que son père l'accompagnerait cette année...
Vic sortît un petit flacon d'un cabinet d'acajou précieux et le tendît au nécromancien :
- Voyageur Solitaire est roi d'Atalis désormais. En cinq ans, il a relevé un tas de ruines pour en faire une cité brillante et puissante. Il est trés occupé. Une cuillère chaque soir avant ton coucher...
Requiem prît la potion et Vic le raccompagna jusqu'à sa voiture. Le soleil dardait cruellement ses rayons sur la ville et le lac dans un silence écrasé de chaleur, seulement troublé par le bruit des insectes. Le fidèle Nepher ouvrit la portière et déploya le marchepied. Au moment de monter, Requiem se retourna vers le Guérisseur :
- Vic, tu étais au courant de ce qui unissait David et Antocidas ?
- Non, seule Penthésilée le savait et elle est morte. Antocidas également. Pourquoi cette question ?
Requiem eût l'air rêveur soudain :
- Je connais David depuis des siècles... Pourtant, il ne m'en a jamais parlé...
- Nous avons tous nos petits secrets... Question pour question, pourquoi apelles-tu VS David ?
- C'est son vrai nom, celui sous lequel je l'ai connu autrefois avant qu'il ne devienne Voyageur Solitaire. Merci Vic, à bientôt.
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VIK
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Mer 16 Mai 2012 - 0:25

Voyageur Solitaire a écrit:
Certains m'ont demandé une suite... Accrochez-vous, ça va pas être triste...

je m'accroche, je m'accroche... thumleft
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Warlock
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Mer 16 Mai 2012 - 1:20

Très bon choix j'adore le prénom Aurore Mr.Red
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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Mer 16 Mai 2012 - 13:47

Accoudé au large rebord de la terrasse, Voyageur Solitaire contemplait en silence le crépuscule de feu mauve qui embrasait sa ville. Un ciel de feu, une formidable palette d'ocre, d'orangé, de vermillon et de violet striant les nuées, comme un manteau de roi s'étendant lentement sur les tours et les toits plats. Atalis lui apparaissait semblable à la ville qui l'avait vu naître il y a si longtemps. La majeure partie de la colossale fortune du Voyageur y était passée car il avait fallu tout reconstruire en faisant venir matériaux et ouvriers par caravanes depuis Irsmun, Griseguilde ou de plus loin encore. On avait creusé d'immenses fosses remplies par la suite de terre fertile venue à grands frais du Sommerlund pour les cultures, il avait fallu creuser des canaux d'irrigation, des pompes pour capter l'eau des deux sources sur laquelle la ville était bâtie pour alimenter réservoirs et bassins... Pas de murailles : Atalis était enclose de hautes falaises infranchissables de roche rouge et orange aux formes fantastiques sculptés par le vent, le sable et le passage des siècles. Le seul accès à la ville était un étroit et long défilé, facilement défendable. La population demeurait majoritairement masculine et guerrière, composée à la base des 3000 mercenaires du défunt Antocidas. Mais certains avaient pris compagne et on croisait désormais des enfants dans les rues et les jardins. Beaucoup de marchands également, attirés par les richesses de la ville : Atalis possédait plusieurs mines et gisements sur son sol et déjà, les anciens ataliens avaient été des orfèvres et joailliers réputés. Les négociants venaient donc échanger lapis-lazulis, opales, aigue-marines, ambre et jade contre les biens que la cité ne produisait pas. Sans oublier le sel, indispensable pour conserver les aliments, et dont la cité ne manquait pas, de même que l'huile de roche, trés présente, et dont on se servait pour les lampes.
Cette réussite avait nécessité un labeur de tous les instants qui avait prélevé sur le nouveau roi un lourd tribut : sa liberté. Cinq années passées à construire, diriger, régner, faire, défaire... Voyageur Solitaire avait l'impression qu'il n'y avait pas assez d'heures dans ses journées. Et dans ses nuits, il y en avait beaucoup trop... Des nuits où semblaient flotter le fantôme de Penthésilée et d'Antocidas, comme un remord, une blessure qui ne se refermerait jamais. Dans tout celà, son fils avait été largement occulté. Le Voyageur n'avait jamais eu la fibre paternelle et comme pour Warlock, s'était trouvé plus embarassé qu'autre chose devant cet imprévu. Les choses avaient changé certes, quand son fils avait grandi, avait commencé à parler, à comprendre, à questionner. A partir de ce moment là, un échange, un dialogue, avait pu enfin avoir lieu entre le père et le fils. Malgré tout, ces deux-là se voyaient peu et le père avait constitué un entourage de serviteurs aimants, complices et attentionnés autour de son fils pour mieux compenser ses absences. C'est aussi pour celà qu'il l'envoyait chaque été au Forum où son parrain, ses "oncles" et sa "cousine" lui procuraient une famille qu'il n'avait pas vraiment ici. Surtout Sylvia, sa marraine, qui lui procurait une présence maternelle indispensable pour le gamin qu'il était encore.
- Majesté ?
Le maître d'Atalis se retourna, le regard interrogateur, vers le chef de ses ennuques.
- Une femme demande à te voir. Elle est grande et souple comme un jeune saule, sa peau est pâle comme l'ivoire, les fleurs semblent trouver une nouvelle vie sous ses pas et les chiens sauvages se couchent à ses pieds, confiants. Elle s'est présentée à l'entrée du défilé, enveloppée d'un manteau vert à capuchon et chevauchant une licorne à la robe neigeuse. Elle a demandé aux gardes de te donner ceci.
L'ennuque tendît une fleur, une digitale pourpre.
- Yavanna...
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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Mer 16 Mai 2012 - 23:15

Assise sur un banc de pierre rouge dans l'antichambre, Yavanna regardait autour d'elle avec un sentiment de surprise et d'angoisse diffuse. Comme ce monde était différent du sien ! Le palais royal d'Atalis était en fait entièrement creusé dans la roche des falaises, formant un monde minéral et austère, un monde de roche rouge, fauve, carmin et orangé, strié par endroits d'affleurements mauves et violets, comme des diaprures. Habituée au vert occelé d'or de ses forêts sous un ciel bleu à la lumière changeante, Yavanna se sentait perdue dans cet univers minéral aux couleurs éclatantes et inondé d'une lumière crue, presque violente. Pas de fleurs, de mousse humide sous ses pieds délicats ou de bruissement du vent à travers les arbres... Pas de chants d'oiseaux, de murmure argentin des sources, de vol d'insectes ou de parfum d'herbe mouillée par les pluies du printemps... Atalis était d'une majesté austère et écrasante, plongée dans le silence d'un désert brûlant et inondé de lumière. En ce crépuscule de feu rose, de grandes ombres s'allongeaient à travers les pièces, entre les colonnes, dessinant des contours étranges et fantastiques. Habituée à la vie grouillante, bruyante et frémissante des forêts et des vallons boisés arrosés de fraîches rivières, la divine se retrouvait dans un monde figé et sec qui lui laissait le sentiment d'une épouvantable solitude. L'apparition de VS ne fît que renforcer son impression : il avait maigri, il n'y avait pas le moindre gramme de graisse superflue sur sa silhouette sèche et musclée, comme s'il s'était dépouillé de toute superficialité. Sa peau avait pris un hâle cuivré qui soulignait ses traits nets et farouches sculptés par la lumière. Sa tenue, une simple tunique de coton blanc dépouillée de toute parure (hormis la dague passée à sa ceinture de cuir tressé) ne faisait que souligner cette impression de dépouillement, celui d'un homme qui s'était complètement replié sur lui-même. Mais son sourire était sincère et chaleureux. Par réflexe, elle lui tendît sa main à baiser, il la regarda, surpris, et ils éclatèrent de rire.
- Pardon, fît-elle en lui donnant une embrassade chaleureuse. Je me crois encore au Forum, j'oublie qu'ici, le roi c'est toi.
Sans répondre, il la tenait à bout de bras devant lui, la détaillant avec un sourire. Elle était toujours la même, grande et souple comme un jeune saule et sa peau avait la pâleur d'une lune vagabonde. Ses cheveux étaient sombres comme une nuit sans étoiles et un parfum d'amande et de giroflée sauvage imprégnait sa peau. Dans ses yeux verts, on pouvait voir danser des ombres fugitives comme dans la pénombre des sous-bois. Elle jurait dans ce décor car elle avait trop l'habitude de se profiler sur le fond vert et moussu des bois de son enfance.
- Tu restes la même malgré les années qui passent. Comment fais-tu ? Quels secrets les elfes qui t'ont élevée t'ont-ils transmis ? Viens, nous serons plus à l'aise dans mes appartements.
Elle le suivit le long de grands couloirs éclairés de lampes de bronze jusqu'à une double porte massive en bois sombre cloutée d'or et frappée de son symbole, gardée par deux colosses à la peau brune et aux bras croisés. Elle eût un sourire en retrouvant le désordre insouciant du Palais du Lac : des livres dispersés un peu partout, des coussins jonchant les tapis, une foule d'objets venant de maintes contrées lointaines, des chats voluptueusement étendus... Des cartons à dessin entassés dans un coin, une cithare à cinq cordes appuyée contre le mur... Le bureau était encombré de papiers, de plumes et d'encriers, une grande coupe en vermeil débordait de papyrus ornés de sceaux colorés... Elle aperçut un petit cadre orné d'un portrait dessiné d'un trait habile et qui représentait un petit garçon aux cheveux noirs et au regard confiant. Gêné, VS rangea le portrait qu'il avait fait de son fils et fît asseoir sa visiteuse sur un divan dont le flot des coussins se referma sur elle. Il s'assît sur un haut pouf de cuir à ses côtés et lui prît la main :
- Ma douce, que me vaut cette visite ?
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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Jeu 17 Mai 2012 - 22:29

Guilibran se laissa tomber à terre en riant tandis que les enfants se bousculaient autour de lui, s'amusant à lui tirer sur ses tresses et sa barbe. Il se dégagea, se libéra des petites mains d'Aurore avant de les mordiller, ce qui fît rire la petite aux éclats pendant qu'Aurélien se juchait sur ses épaules. Le brave nain de dav-ID était devenu la coqueluche des enfants du Forum. Il se sentait bien avec eux : les enfants sont innocents, ils ne jugent pas. Avec eux, Guilibran n'avait jamais eu de regard déplacé, de moue ironique ou de moqueries sur son embonpoint ou sa petite taille... Avec eux, il se sentait libre, heureux, libéré de ce complexe d'infériorité qu'il éprouvait devant les seigneurs du Forum. Comme à son habitude, il avait invité les enfants d'Alin et le petit d'AqME à venir goûter à la Grande Forge et jouer avec lui. S'y étaient rajoutés Aurélien et sa petite "cousine". Mais l'heure de rentrer approchait, la voiture de Sylvia venait de s'immobiliser dans la cour. La jeune femme en descendît, observant la scène avec un sourire avant de frapper dans ses mains pour rapeller tout ce turbulent petit monde. Aurélien vînt lui prendre la main pour attirer son attention :
- Marraine, Guilibran veut me montrer comment on forge une épée, je peux rester, dis ? S'il te plaît ?
Le brave nain se tourna vers la baronne indécise :
- Je ne le garderai pas longtemps. La voiture de la forge le ramènera chez le seigneur Vic dans la soirée avant le coucher du soleil, je te le promet noble dame.
Sylvia hésita, se mordillant la lèvre. Elle avait confiance en Guilibran mais Aurélien n'était pas comme les autres, il était le prince héritier d'Atalis, son père le confiait au Forum... S'il lui arrivait quelque chose, les conséquences pourraient être sérieuses. Finalement elle céda, à la condition que ce soit elle qui vienne récupérer l'enfant dans deux heures.
Guilibran prît donc la main du petit et l'entraîna vers l'atelier principal. Le nain s'était pris d'une affection sincère pour ce petit bonhomme : Aurélien avait hérité de sa mère un goût prononcé pour les arts mécaniques, le travail du métal, l'horlogerie et la serrurerie, au grand dam de son père. Il posait à Guilibran plein de questions sur la forge et son fonctionnement, s'interessait aux soufflets, au four, aux outils, ce qui enchantait le nain. Alors que ce dernier prenait le gros trousseau de clefs pendu à sa ceinture, il fronça les sourcils... La porte était ouverte alors qu'il l'avait verrouillé... Et il était le seul à avoir la clef... Il poussa le panneau de bois de sa petite main aux doigts épais, l'autre main sur le manche de sa hache tout en repoussant Aurélien derrière lui. L'atelier était éclairé, un manteau de voyage posé sur le dossier d'une chaise paillée et une haute silhouette se découpait devant le four de brique ouvert et allumé. Manches retroussées, l'homme alimentait le four avec de grandes pelletés de charbon, ses mains gantées noires de suie et Guillibran plongea dans sa révérence.
- C'est bien beau de jouer avec les enfants, gromella dav-ID, mais il ne faudrait pas en oublier le travail non plus... Nemeion veut sa nouvelle épée pour la fin de la semaine et...
Le forgeron s'arrêta, surpris. Il venait d'apercevoir le petit bonhomme au teint clair et aux cheveux noirs qui le regardait en silence, ses yeux verts plein de curiosité, à moitié caché derrière Guilibran.
- Qui est-ce donc ?
- Le prince Aurélien d'Atalis, Maître. Le fils de Voyageur Solitaire.
dav-ID en resta les yeux ronds et la bouche ouverte pendant plusieurs secondes, sa pelle à charbon à la main.
- Un fils ? VS a un fils ?
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Ven 18 Mai 2012 - 15:40

Un silence étrange régnait sur le palais aux 1000 colonnes en cette nuit sans étoiles. Le bâtiment découpait sa masse sculptée sous la clarté scintillante de la lune, couvrant de son ombre la grande esplanade et les escaliers aux larges marches qui y menaient. Des lampes brûlaient à intervalles réguliers, projetant des ombres mouvantes sur les murs de roche rouge aux stries mauves et violettes. Dans sa chambre, celle qui l'avait vu naître 1000 ans plus tôt, VS reposait sur sa couche jonchée de coussins et protégée de voiles de gaze transparente. Le chat préféré était voluptueusement allongé sur son coussin, les yeux clos, de même que l'ennuque en chef qui dormait sur une couche de velours au pied de son maître. Tout était calme et tranquille, plongé dans un silence profond propice aux rêves. Pourtant, le maître des lieux s'agitait dans son sommeil, mal à l'aise. Il se redressa brusquement, les yeux grands ouverts, ruissellant de sueur, la main à sa poitrine comme oppressé. Tremblant, il se leva et fît quelques pas avant d'aller s'effondrer sur un divan, secoué de frissons. L'ennuque Aya ouvrît les yeux, bailla et s'étira, puis se précipita vers son maître, s'agenouillant à ses pieds, lui entourant les épaules :
- Majesté, qu'y a-t-il ?
- Antocidas... Je... Je l'ai vu ! Il était penché au-dessus de moi, ici même ! Il m'observait !
- Allons Majesté, tu vois bien qu'il n'y a personne et une dizaine de gardes dévoués veillent à ta porte. Et tu sais bien que le seigneur Antocidas est mort.
VS se mordît la lèvre. Son corps maigre et musclé était parcouru de frissons nerveux, il tremblait comme pris de fièvre, claquant des dents. C'était la première fois qu'Aya voyait son roi perdre ainsi son contrôle sur lui-même. Il restait même insensible au chat qui se frottait contre lui en miaulant doucement, ses grands yeux interrogateurs levés vers son maître.
- Yavanna... Va la chercher !
Sitôt entrée et informée, la Divine s'assît aux côtés de VS dans les amples plis de sa robe de nuit, lui frottant les épaules et caressant ses cheveux mouillés de sueur :
- Tu as rêvé, tu as même peut-être marché dans ton sommeil comme Jareth, c'est tout. Le souvenir d'Antocidas te hante depuis sa mort, ce n'est pas nouveau.
- Antocidas n'est pas mort.
Le silence qui suivît fût si intense qu'il en semblait palpable. VS secoua la tête :
- Je n'ai pas pu le tuer. Je n'ai pas pu... J'ai utilisé un sortilège appris de Yaztromo autrefois pour le plonger dans un sommeil éternel et je l'ai enfermé dans un sarcophage scellé, au coeur d'un mausolée oublié dans les sables brûlants, un endroit que je suis seul à connaître. Il est vivant, j'en suis sûr... D'une manière ou d'une autre il a réussi à briser l'enchantement. Peut-être un groupe de pilleurs de tombes qui aura découvert l'endroit et ouvert le sarcophage sans savoir... Il est revenu me hanter... Se venger...
La Divine eût un frisson, mal à l'aise, ayant conscience d'être au bord d'un terrible et ténébreux secret. Soudain, VS se redressa, tremblant :
- Mon fils ! Il va s'en prendre à mon fils, j'en suis sûr !
- Allons, Aurélien est au Forum, en sécurité. Que pourrait-il lui arriver ? VS, je suis certaine qu'il s'agissait d'un mauvais rêve. Ecoute : demain, je t'accompagnerai à ce fameux mausolée. Une fois là-bas, tu verras que tout est en place, que ce n'était qu'un rêve et tu reviendras à ton palais serein et apaisé, j'en suis certaine.
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dav-ID
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Ven 18 Mai 2012 - 16:16

dav-ID n'en revenait pas. Il regardait le gamin fixement en se demandant si il avait bien entendu ou si c'était juste le bruit du feu qui lui avait fait des tours. Il s'appuya sur le manche en bois de sa pelle qui craqua et coupa son fidèle compagnon.
- Minute, j'ai bien entendu, tu m'as dit que VS avait eu un fils ???
- Oui, le prince Aurélien que voici. Dit bonjour à dav-ID voyons.
Le jeune garçon fit une révérence maladroite imitant le nain qui se mit à rire bruyamment.
- Pas comme ça voyons et enlève ton doigt de ton nez c'est sale"
- Un fils, VS a un fils, lui qui aime partir en voyage dans les quatre coins du monde, le voila avec un enfant sur les bras maintenant"
- Vous savez maître, il y a eu pas mal des changements au forum pendant votre longue absence, il y a eu des départs, des arrivées, ect. Il y en a eu de l'eau sous les ponts"
- Il est vrai que je me suis absenté un bon bout de temps dans les montagnes pour méditer en solitaire, mais j'ai aussi ouvert de nouvelles forges à plusieurs endroits du globe. Je suis un homme d'affaire maintenant, je dois faire en sorte que ma petite entreprise avance dans le bon sens"
Le brave nain, attrapa une serviette pendu à une poutre au plafond et la tendit au forgeron qui dégoulinait de sueur. Lui donnant un aspect digne d'un orc des collines, aspect qui faisait trembler le jeune garçon qui se cacha un peut plus derrière les petites jambes du nain.
- Allons, allons, faut pas avoir peur, il est pas méchant en fait."
- Oui c'est vrai, je suis gentil". dav-ID fît un grand sourire. "- Même si il m'arrive de manger un petit enfant de temps en temps pour mon repas".
Cette fois, Aurélien se mît à pleurer.
- Voyons maître, il faut pas dire des trucs comme ça, allons, arrête de pleurer. Vous devriez vraiment trouver une femme, je suis certain que vous feriez un très bon père et je serais très content de pouvoir m'occuper de votre descendance...Imaginez une ribambelle d'enfants en train de jouer ici et là, de quoi animer cette grande maison si vide et si triste".
Faisant mine de regarder le feu, dav-ID attrapa sa pelle et rajouta du charbon dans le fourneau en faisant grand bruit.
- Hein quoi ??? tu disais ??? j'ai pas entendu avec le bruit".
- Je disais juste que..."
- Oui, oui, j'aimerais manger des raviolis à midi, merci".
- Non, je disais juste que...et zut, allez viens Aurélien, laissons donc notre ami travailler au lieu de goûter les plaisirs de la vie"
Une fois seul, le forgeron reposa sa pelle, il avait parfaitement entendu les paroles de son ami, mais il avait fait mine de ne pas entendre. Il ramassa sa serviette par terre, s'essuya avec, s'approcha de la fenêtre donnant sur la rue principale de la cité, il regardait les gens en soupirant et en réfléchissant".
- Moi avoir une femme et des enfants. Mouais, qui pourrais bien vouloir...enfin, je laisse ça pour les autres, même si...non rien...Mais quand même, VS a eu un enfant. C'est dingue. Faudrait que je sorte histoire de parcourir la cité et que j'aille un de ces quatre au grand conseil dire bonjour aux autres".
Sortant de ses réflexions, il se tourna vers le fourneau, poussa un cri à la vue du feu en train de mourir et se précipita la pelle à la main.
- NEMEION va me tuer si il n'a pas son épée".


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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Ven 18 Mai 2012 - 19:02

Si Yavanna s'était sentie perdue à Atalis, ce n'était rien en comparaison de ce qu'elle ressentait maintenant... Dans les forêts qui l'avaient vu naître, il y avait toujours un repère, un arbre au tronc tordu, un rocher couvert de mousse, un petit bois de saules, un ruisseau, une clairière... Ici il n'y avait que du sable où qu'elle porte son regard et toutes les dunes se ressemblaient. A nouveau, la Divine ressentît un sentiment de solitude épouvantable dans cette immensité silencieuse et intemporelle. Pourtant VS savait parfaitement où il allait, guidant sa monture avec assurance. Bientôt apparût un monument trés ancien qui semblait émerger des sables brûlants, se découpant sur le bleu du ciel vitrifié de chaleur. Vers des sables, démons étranges et créatures mystérieuses sculptées dans la pierre encadraient les lourdes portes de métal gravées de soleils d'or pur. Le vent, le sable et le passage des siècles avaient érodé ces sculptures, leur dessinant des contours encore plus fantastiques. Le Voyageur descendît de selle, ôtant le voile qui lui protégeait le visage du sable et de la poussière, puis il tendît les bras à Yavanna pour l'aider à descendre de l'étrange créature bipède et écailleuse, ressemblant à une sorte d'autruche et qui servait de monture dans ces régions.
- Où sommes-nous ?
- Au milieu de nulle part... J'ai découvert cet endroit étant enfant après qu'une tempête de sable m'ait séparé des autres au cours d'une promenade. De retour à Atalis, je n'ai rien dit et j'ai gardé l'endroit en mémoire. Viens...
Ils s'approchèrent lentement des grandes portes ouvragées et VS sentît son pouls s'accélérer : son sceau gisait à terre, brisé, et les lourds vantaux étaient ouverts... Avec un cri de rage, il dégaina son sabre et se rua à l'intérieur comme un fou, suivi par Yavanna. Retroussant ses robes, la jeune femme descendît le grand escalier aux larges marches descendant vers les profondeurs et s'engagea dans le long couloir orné de fresques aux couleurs intactes avant de buter sur quelque chose. Un corps... Un homme maigre à la peau brune, pieds-nus, une corde et un grapin à la ceinture, une sacoche à outils en bandoulière... Un autre corps semblable était étendu plus loin... Les deux avaient la gorge tranchée. Des pilleurs de tombes...
- Nooooon ! Que tous les feux du désert m'aveuglent plutôt que de me montrer ceci !!
Yavanna entra dans la pièce principale, un vaste rectangle de granit haut de plafond et au sol peint. Trois autres corps gisaient sur le sol au milieu d'outils, de marteaux et de burins. Au centre, sur une estrade se tenait un massif sarcophage de granit ouvragé, ouvert... et vide. Le couvercle gisait, brisé en deux, sur les marches. Figé de stupéfaction, VS contemplait le cercueil vide, ses mains s'ouvrant et se refermant en un sentiment de frustration impossible à contenir.
- Il est vivant... Ces maudits pilleurs de tombe ont dû ouvrir le sarcophage sans savoir... et l'enchantement qui le maintenait dans un coma artificiel s'est rompu...
- Et il les a tués, murmura Yavanna en contemplant les corps. Aucun doute là-dessus, les blessures avaient été faites par un professionnel, un tueur.
VS se dressait au-dessus du sarcophage vide, immobile, semblable à une quelconque divinité funéraire s'apprêtant à juger les âmes.
- Mon fils. Il va s'en prendre à mon fils.
- Allons, Antocidas n'est pas du genre à s'en prendre à un petit garçon.
- Certes, mais il va s'en servir pour m'atteindre.
Yavanna ne répondît pas. Comme tous les autres, elle n'avait jamais vraiment compris cette relation ambigüe entre VS et Antocidas. Ces deux-là semblaient par moments ne pas pouvoir se passer l'un de l'autre et à d'autres moments semblaient ne plus pouvoir se supporter. Yavanna avait vu Antocidas se permettre avec VS des choses incroyables que personne d'autre n'aurait osé, mais dés que le Voyageur fronçait les sourcils, le mercenaire filait comme un matou dompté. La voix de VS la tira de ses pensées.
- Je rentre au Forum. Je dois rejoindre mon fils.
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Ven 18 Mai 2012 - 20:36

Le vent se leva et se mît à balayer violemment les artères de la ville, soulevant la poussières et les divers objets au sol. Les quelques habitants encore dans les rues à cette heure-ci de la nuit se précipitaient en courant pour rentrer chez eux. De lourds nuages survolèrent bientôt la cité et des lueurs se mirent à parcourir le ciel. La pluie fît son apparition à son tour, d'abord faible puis rapidement averse, inondant les rues dans un clapotis sonore, soulevant une agréable odeur d'ozone.
Marchant des les rues, une voix râleuse se fît entendre. Un petit groupe s'abrita sous un porche.
- Grumble, si j'avais su, j'aurais passé ma soirée bien au chaud dans mes pantoufles dans la chaleur de ma forge" dit dav-ID en agitant ses vêtements "Au lieu de ça, mr voulait que nous partions boire un coup à la taverne de Squallion".
- Boah, ça va, arrête de râler, pour une fois que tu viens, et puis entre nous, il y avait des tas de jolies filles hein ???", Albatur poussait le forgeron avec son coude en rigolant.
- C'est vrai ça, il y avait même une jolie demoiselle qui te tournait autour, mais toi tu faisais genre qu'elle n'existait pas et tu buvais de la limonade, de la limonade ha ha ha ha", enchaina Jareth.
- Boh ça va, même pas vrai en plus", il baissait les yeux par terre.

Pendant ce temps, dans la maison de Warlock, dont ce dernier avait du mal à dormir à cause du bruit sourd du tonnerre et des hurlements de sa fille, se leva et s'approcha de la fenêtre.
- Que voila un bel orage, c'est pas une mauvaise chose remarque, depuis le temps, la terre est sèche et les récoltes mauvaise".
Il est vrai, que le FORUM avait eu un hiver étrangement doux pour la saison, limite chaud et sans pluie. Une catastrophe pour les paysans et les agriculteurs qui se bousculaient en masse au palais pour réclamer de l'aide au roi Adrian.
Le grand érudit tourna la tête, Sylvia pénétra dans la pièce, tenant Aurore dans les bras.
- Allons, allons, chut, ça va passer".
Warlock esquissa un sourire et s'approcha à son tour de sa fille.
- Et bien, pourquoi ce gros chagrin ???"
- J'ai peur de ce bruit" Elle se boucha les oreilles lorsqu'un craquement déchirant claqua dans la pièce.
L'érudit tendit son bras et caressa les cheveux de sa fille toujours en souriant.
- C'est rien ça. Ce sont les nuages qui se percutent, ça fait du bruit et ensuite ils se mettent à pleurer, c'est pour ça qu'il y a de la pluie".
- Les pauvres, ils doivent avoir mal, il faudrait demander à Vic de les soigner".
Warlock et Sylvia se mirent à rire, couvrant le bruit du tonnerre.
- Et Aurélien ???".
- Il dort comme une masse, le bruit céleste semble ne pas avoir de prise sur lui".
Elle ne termina pas sa phrase. Un bruit différent, comme celui d'une vitre qui explose. Les deux époux se regardèrent et se précipitèrent vers le lieux de ce bruit, la chambre du fils de VS.
Warlock ouvrit la porte, Sylvia poussa un cri. Les deux battants de la fenêtre étaient ouverts en grand, le vent s'engouffrait dans la pièce soulevant les rideaux, un bruit infernal au milieu des éclairs, il y avait un homme, debout. La baronne poussa un nouveau cri, elle venait de reconnaitre l'homme en question.

Ce cri, tellement fort, arriva aux oreilles du groupes toujours sous le perron.
- J'ai entendu un cri", hurla Albatur pour se faire entendre.
- Moi aussi" hurla à son tour dav-ID.
- Il me semble que ça venait de la maison de Warlock", répondit Jareth.
En effet, ils se trouvaient à environ 100m de domicile du couple.
- Vite, allons-y".
Ils sortirent de sous le porche en courant dans la rue, ignorant la pluie et le vent. Ils grimpèrent les marches de la demeure et enfoncèrent la porte qui céda sous le poids. Se guidant grâce aux cris, ils grimpèrent à nouveau des marches en dégainant leurs armes pour atteindre le premier étage et pénétrèrent dans la pièce à la stupéfaction de Warlock.
- Mais ???".
Un éclair encore plus violent que les autres illumina la pièce. Un cri de stupeur souleva les poitrines à la vue de l'inconnu.
- Antocidas...LUI ICI ???".
Ce dernier, ne pouvant rien faire contre des seigneurs armés, recula et sauta par la fenêtre, il se réceptionna au sol comme un chat et se précipita en courant dans la rue avec dav-ID et Albatur sur les talons, mais ils le perdirent rapidement de vue et firent en jurant demi-tour.

Au même moment, un cheval arriva en trombe, une homme sauta au sol et se précipita, montant les marches quatre par quatre jusqu'à l'étage, dégoulinant d'eau. Il pénétra dans la chambre en ignorant les cris de surprise des occupants et s'approcha du lit où se trouvait toujours son fils en train de pleurer. Il le prit dans ses bras et le serra fort.
- Mon fils, mon fils, j'ai eu si peur qu'il ne t'arrive malheur".
- VS ??? toi ici ???".
Un frisson traversa le dos du voyageur au nom que prononça Sylvia.
- Antocidas, c'était Antocidas".
VS s'effondra sur un fauteuil. Warlock s'approcha de lui et lui posa la main sur l'épaule, pendant que Jareth refermait la fenêtre et qu'Albatur apportait une couverture pour réchauffer son ami.
- Mon cher, je ne sais pas ce qu'il se passe, ni pourquoi Antocidas qui devait être mort était là, mais je crois que tu as des explications à donner". Dit-il en jetant une buche dans la cheminée...
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Ven 18 Mai 2012 - 22:11

La pluie tombait à verse, crépitait sur les toits, ruisselait dans les gouttières de cuivre et tambourinait sur les dalles dans la cour. Le tonnerre résonnait et grondait et la maison se découpait par moments dans la lueur spectrale des éclairs. Appuyé contre la vitre ruisselante de pluie, Warlock poussa un soupir. Pour une fois qu'il dormait dans sa petite maison au lieu de ses vastes appartements de la Maison du Savoir et de la Connaissance... VS restait figé dans son fauteuil tandis qu'Aurélien, assis sur ses genoux, le contemplait en silence. Que faisait papa ici ? Pourquoi était-il si sombre, si triste ? Sylvia vînt prendre l'enfant pour le ramener dans sa chambre :
- Viens mon chéri, il faut laisser les grandes personnes entre elles maintenant. Allez, dis bonne nuit à tout le monde.
Suivît un long silence pendant lequel dav-ID et VS semblaient attirer tous les regards, suscitant une grande curiosité en raison de leur longue absence. Son éloignement avait été bénéfique au Forgeron : la vie au grand air dans le calme des grands espaces, loin du bruit et des autres lui avait fait beaucoup de bien. Il arborait un air serein, un teint éclatant de santé et une énergie positive à en revendre. Il lui arrivait même d'oublier l'étrange mélange de chair et de métal qui battait dans sa robuste poitrine. Heureusement, il n'oubliait pas ses médicaments grâce à la petite montre à gousset qui sonnait à l'heure prévue, un chef-d'oeuvre de mécanique que lui avait créé et offert Guilibran.
Par contre, le Voyageur faisait peur... Ces cinq années de règne, de labeur incessant, l'avaient privé de sa liberté, l'obligeant à rester à Atalis. VS s'était replié sur lui-même, se privant de ces voyages incessants qui étaient son oxygène, sa raison d'être. Il avait maigri, ses joues s'étaient creusées, son teint était blafard malgré son bronzage et il avait le regard d'une bête aux abois, d'un prisonnier. Il avait "ressuscité" Atalis pour son fils, pour lui construire un avenir, mais en agissant ainsi, il s'était piégé. dav-ID avait été mis au courant par Warlock de toute cette histoire de fous, Requiem et Atala, le pacte entre le Nécromancien et le Voyageur, la potion d'oubli, l'empoisonnement et la mort de Penthésilée par Antocidas... Oui, une histoire de fous. Ce fût Albatur qui rompît le silence :
- VS, quelle est cette folie ? Nous pensions que tu avais tué Antocidas quand tu as appris qu'il avait tenté de faire avorter Penthésilée et qu'il l'avait tué...
- Je n'ai pas pu... Je n'ai pas pu le tuer.
Le Voyageur raconta alors ce qu'il avait raconté à Yavanna, comment il avait plongé le mercenaire dans un sommeil éternel et l'avait enfermé dans le mausolée oublié. Où il serait toujours sans ces foutus pilleurs de tombes... Jareth se resservit à boire, hésita, puis osa :
- Merde, VS... Il a voulu faire avorter Penthésilée, par jalousie. Il a tué la mère de ton fils ! C'est pousser l'amitié un peu loin, non ?
- Ce n'est pas une histoire d'amitié, Jareth.
Le Devin s'énerva, s'agitant dans son fauteuil sculpté :
- Alors c'est quoi ? De l'amour ? Vous êtiez amants ?
Warlock sursauta tandis que les autres rougissaient violemment. Mais Jareth était lancé :
- Sérieux VS, quand on voit l'attitude que vous aviez parfois toi et lui...
- Ce qu'il y a entre lui et moi ne regarde que nous Jareth.
Le Seigneur des Gobelins se leva brusquement, laissant éclater sa colère :
- C'est trop facile VS ! Toi et Requiem vous vous croyez supérieurs parceque vous avez traversé les siècles et vous jouez les grands mystères ! Il est le Seigneur de la Nuit et toi le Prince d'Atalis ! Et nous, on compte pour rien ? On est pas assez bien pour vous, c'est ça ? Le pouvoir vous est monté à la tête en vérité !
Warlock intervînt d'une voix ferme :
- Il est tard, l'orage ne se calme pas et nous sommes tous fatigués. Allons dormir, nous y verrons plus clair demain. Vous dormirez tous ici, les chambres d'amis ne manquent pas.
- Je pense que...
- J'ai dit, Jareth.
Le Devin s'inclina en maugréant.
- A tes ordres, Seigneur Régent.
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Sam 19 Mai 2012 - 11:04

Enfin la tempête se calma, les nuages d'orages s'éloignèrent et il ne restait d'eux bientôt, plus que des lueurs dans le lointain. La pluie continua un bon moment encore et s'arrêta.
Dans les chambres, les esprits en ébullitions, ils avaient du mal à dormir. La rencontre avec cet homme revenu d'entre les morts les avaient marqués fortement.
VS lui aussi ne dormait pas, il était toujours assis à côté du lit de son fils qui dormait paisiblement, son épée posée le long du fauteuil à coté de la cheminée, le feu faisant jouer des ombres dans le pièces. Il ne voulait pas dormir, il avait peur, peur qu'Antocidas revienne et enlève son fils. Si seulement, si seulement il avait eu le courage de le tuer à l'époque. Il se leva enfin, s'approcha de la fenêtre. Le ciel dégagé maintenant, laisser apparaître une multitude d'étoiles.
- Il faut faire quelque chose, je ne pourrais pas vivre éternellement avec cette menace qui pèse au dessus de moi et de mon fils".
Il tourna la tête vers le lit, une lueur dans les yeux, cette lueur combative qu'il avait à l'époque et qu'il avait perdu.
- Oui, je dois faire quelque chose".

Enfin, cette nuit terrible se termina, le soleil se leva au chant du coq. Dans la rue principale, des marchants commençaient à installer des étals, garnissant ces derniers, de nombreux articles. Nous étions aujourd'hui samedi, jour de grand marché.

A peine réveiller, Warlock se leva et s'habilla, il sorti de la pièce en fermant la porte, laissant sa femme dormir encore. Il se dirigea vers la pièce où se trouvait VS, comme il s'y attendait, ce dernier ne dormait pas, il avait des cernes et un air très fatigué.
- Je vois que tu n'as pas réussit à dormir".
VS leva les yeux en sursautant, comme si il venait de sortir d'un mauvais rêve. Il leva les yeux.
- Toi aussi, si j'en crois ce que me disent tes yeux".
- Difficile de dormir après les évènements de cette nuit".
- C'est vrai. C'est ma faute, j'aurais dû le tuer à l'époque, mais je ne le pouvais pas".
- Il arrive à tous de faire des erreurs que l'on regrette ensuite, c'est normal". Il lui posa une main amical sur l'épaule, puis se dirigea vers la cheminée pour agiter le feu mourant. "- Mais il faudra faire quelque chose, nous ne pouvons pas..."
- Rester avec cette menace qui pèse au dessus de moi et de mon fils, oui je sais, j'ai eu la même réflexion que toi".
- Il faut en parler à notre roi, il sera quoi faire, il pourra faire en sorte de te protéger".
VS eu un frisson. Depuis 5 ans, depuis 5 ans et le retour à la cité du roi, il n'était jamais passé au palais pour le saluer.
- Je sais à quoi tu penses, depuis son retour, tu n'es jamais aller voir notre roi. Tu sais, il me demande très souvent comment tu vas et si j'ai eu des nouvelles". Il avait finit de faire mourir le feu, posa le tisonnier contre le montant sculpté de la cheminée et tourna la tête en direction de la porte "Ma fille est réveillée, je l'entends, écoute, c'est la meilleure solution pour toi, nous irons au palais dans la matinée".
Il ferma la porte en sortant, laissant VS seul à nouveau.
- Voir le roi".
- Papa ??".
Il tourna la tête en direction de son fils. Se leva enfin, s'approcha du lit, pris son enfant dans ses bras et le serra fort.
- Pourquoi tu es triste ???".
- C'est rien mon fils, ça va passer".
Une larme lui coulait le long de la joue.

Plus tard dans la matinée, après une rapide collation, nos amis habillés descendaient les marches. Warlock embrassa sa femme et se fille et monta sur un beau cheval blanc comme la neige que tenait par la bride un domestique. Albatur et Jareth rentrèrent chez eux, Gillibran inquiet de ne pas voir son maître revenir était venu de son propre chef, soulagé de la voir là, il lui indiqua qu'il y avait un monde fou à la forge et qu'il devait revenir.
VS, grimpa à son tour sur un autre cheval blanc, son fils accroché dans le dos. Le petit Aurélien était excité comme jamais.
- Chuette, je vais faire du cheval avec papa".
VS tourna la tête, un sourire aux lèvres.
- Nous y allons ???", dit Warlock en levant le bras pour signaler à ses domestiques de lâcher les chevaux.
- Oui". Il leva la tête en direction du palais royal.

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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Sam 19 Mai 2012 - 15:01

La chaleur était infernale en ce samedi matin. L'orage de la nuit avait fait ressortir la chaleur emmagasinée par la terre, transformant la cité en bain de vapeur, au grand désespoir des paysans qui se courbaient et s'échinaient, ruisselant de sueur, au-dessus de cultures grillées de soleil.
Une fois à terre dans la cour du Grand Palais, Aurélien resta silencieux, impressionné par l'immense bâtiment qui se déployait en bordure du lac, ses ors scintillant sous le soleil. Il resta silencieux en traversant, tenant la main de son père, les couloirs, salons et galeries où les courtisans s'inclinaient sur leur passage. Le Voyageur n'était pas trop dépaysé : certes, il n'était plus Régent du Forum, mais il était roi d'Atalis et à ce titre, les gardes lui présentaient les armes et ceux qu'il croisait s'inclinaient respectueusement. Pour cette visite, VS avait fait un effort, piochant sans gêne dans le nécessaire de toilette de Sylvia : fard et poudre dissimulaient cernes et joues creusées et il portait une tenue de cour luxueuse en soie saumon et satin bleu nuit discrètement rehaussée d'or. Un chambellan vînt prévenir que le roi était avec Voltaïc l'oiseleur dans les serres de Yavanna.
- Sa Majesté ne va pas tarder à vous rejoindre.
VS s'assit, son fils sur ses genoux, en proie à des émotions contradictoires. Le Voyageur n'avait jamais eu la fibre paternelle. Il était resté indifférent aux premiers mois de son fils et aurait été incapable de se souvenir de ses premiers pas ou de ses premiers mots. Quand le bébé pleurait la nuit, c'était Ayla, le vieil ennuque, qui s'en occupait pendant que son maître gromellait dans son lit, un coussin sur les oreilles... Quand Aurélien avait commencé à parler, à comprendre, VS s'y était enfin interessé. Mais il avait été déçu de voir son fils sourd à la musique, indifférent au dessin, à la sculpture, la peinture, l'architecture, l'art, tout ce que son père aimait. Il lui racontait ses voyages pour l'endormir le soir et avait été atrocement vexé de voir le petit soupirer et baîller d'ennui. Quand Aurélien parlait à son père avec enthousiasme de mécanique, de forge et d'inventions, il le saoûlait trés vite. Bref, le père et le fils n'avaient pas grand-chose en commun... Pourtant, la nuit dernière, il avait cru devenir fou en voyant son fils en danger et ce sentiment nouveau et innatendu le perturbait, le désorientait.
- Papa ?
- Hum...
- Quand c'est que tonton Antocidas revient de voyage ?
Warlock tourna un regard interrogateur et surpris vers le Voyageur. Ce dernier poussa un soupir avant de parler à voix basse :
- Je n'ai pas su tout de suite ce qui s'était passé. J'ai longtemps cru que Penthésilée était morte des suites naturelles de son accouchement. Ce n'est que peu de temps après les trois ans d'Aurélien que j'ai appris la vérité.
- Tu veux dire que le petit connaît Antocidas ?
- Oui. Je dois le reconnaître, Antocidas a été comme un deuxième père pour lui, ce qui m'arrangeait. Il jouait avec lui, lui racontait des histoires, l'emmenait en promenade, s'en occupait... Quand j'ai appris ce qui s'était vraiment passé, j'ai cru devenir fou. Tu connais la suite... Bien sûr, Aurélien a été surpris de ne plus voir "tonton 'cidas" auprès de lui. Je lui ait fait croire qu'il était parti pour un trés long voyage...
- Le Roi !
Les deux hommes se levèrent à l'entrée d'Adrian. La situation politique du Forum restait assez confuse... Adrian était revenu mais restait en retrait, n'intervenant guère dans les affaires. Officiellement, la Régence était toujours en place avec Alin, Requiem, AqME et Warlock à la tête des affaires. Adrian ne faisait que survoler les documents officiels, y apposant sa signature sans même les lire parfois. Le départ de certains seigneurs importants, de Yavanna, le conflit entre VS et Sombrecoeur autrefois, les frictions entre certains, le banissement de Marmouscule... Tout celà l'avait déstabilisé et il s'était mis en retrait de ce Forum qu'il trouvait changé, bien loin de la modeste cité qu'il avait fondé autrefois. La présence de VS le désorienta un peu plus : la dernière fois qu'il l'avait vu, le Voyageur était régent et gouvernait en son nom aux côtés de Requiem et d'Alin. Cinq ans plus tard, il le retrouvait souverain d'une puissante cité lointaine et père. Il y eût un moment de gêne réciproque où chacun hésitait à prendre la parole, ne sachant trop par où commencer...
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Sam 19 Mai 2012 - 23:21

Le son d’une trompette résonna dans la salle du trône. Le voyageur détourna les yeux, trop content de pouvoir briser cette gène qu’il avait en présence du roi Adrian, ce roi qui dégageait toujours une aura impressionnante et écrasante malgré les années. Il s’approcha d’une fenêtre et regarda à l’extérieur. Il y avait au pied du palais, dans un grand champ d’herbe verte, au milieu d’arbres, une troupe d’hommes et de femmes (car le roi, avait fait en sorte, de permettre aux femmes de pouvoir entrer dans l'armée du forum, avec les mêmes avantages et les mêmes privilèges que les hommes...D'ailleurs, la jeune Antares, avait elle même un poste important dans la hiérarchie militaire) en équipements de combat, en rang parfait devant une estrade en bois. Debout face à eux, un homme dont VS n’avait aucun mal à reconnaitre les traits.
- Milos ».
Le guerrier était toujours aussi spectaculaire, portant sa fidèle armure d’or, ses bras puissants croisés sur la poitrine, il hurlait des ordres à ses soldats. Les membres de la garde d’or, se mirent en position et commencèrent les manœuvres de l’entrainement. Même si la paix régnait sur la cité depuis des années, depuis la fin de la guerre avec Maximus et la mort de Davidou, il fallait toujours entretenir les troupes.
- Papa ».
- Hum oui ???».
- Tu pourrais me prendre dans tes bras pour que je regarde dehors moi aussi »
VS n’avait pas eu le temps, un raclement de gorge se fît entendre. Il tourna la tête en direction de Warlock, mal à l’aise et il revint à la réalité. Il regarda le roi, toujours debout en haut des marches, silencieux qui le regardait lui aussi fixement et il oublia son fils. Aurélien faisait la grimace car il n’avait pas pu voir dehors. C’est le roi qui brisa le silence.
- Et bien, qui voila ?? Voyageur solitaire, ça faisait longtemps dit moi ?? Imagine ma surprise et ma stupéfaction, lorsque mon chambellan m’a annoncé ta présence en ce lieu, j’ai cru en une mauvaise blague de sa part mais non ».
VS abaissa les yeux vers le sol de dalles noir et gris encore plus mal à l’aise que l’érudit. Il est vrai qu’il aurait du venir voir Adrian depuis très longtemps. On avait vraiment l’impression devant cette scène, de voir, un élève en train de se faire gronder par son professeur. Adrian descendit les marches de marbre blanc pour se rapprocher de lui.
- En tout cas, ça me fais très plaisir de te savoir ici ». Il lui posa une main amicale sur l’épaule « Je suis très heureux de voir que tu sembles être en pleine forme, nos amis du conseil, seront très contents eux aussi d’avoir de tes nouvelles ».
Il se mit alors à genoux devant lui, regardant le petit bonhomme qui se cachait derrière les jambes de son père et qui regardait le roi d’un œil méfiant lui aussi. Ce grand personnage, avec ses beaux habits et son truc brillant étrange sur la tête lui inspirait de la méfiance.
- Bonjour à toi mon jeune ami ».
- Vous êtes qui vous ??? ».
Warlock était encore plus rouge de confusion, il était aussi rouge qu’une tomate. Mais il ne disait rien. Ce n’était pas une façon de parler à un roi, mais de part l’âge de l’enfant, il ne fallait pas en tenir rigueur.
- Moi, je suis Adrian, le roi et le maître de cette belle cité et toi ??? ».
Le petit bonhomme sorti et se présenta, rassuré par l’aura bienfaisante du roi. Il se lança dans une révérence maladroite, la même révérence qu’il avait vu faire à la grande forge par Gillibran à son maître dav-ID la veille.
- Moi je suis Aurélien, et lui c’est mon papa ».
Adrian lui tapota la joue, puis il se leva pour se mettre au même niveau que VS.
- Et donc tu as un fils. Quelle grande nouvelle. Tu as du en vivre des aventures depuis ton départ, je serais très heureux d’entendre ces histoires et ce qu’il t’amène ici ».
Le voyageur souffla intérieurement. Lui qui avait si peur de cette rencontre, de voir la réaction du roi, fût soulagé car Adrian ne semblait pas lui faire de reproches. Il leva la main, Warlock s’approcha.
- Nous devons être seuls pour parler, je te demanderais donc de sortir avec le jeune Aurélien et d’attendre dans la pièce à côté ».
Le grand érudit s’inclina. Il s’approcha du jeune garçon, lui pris la main. Ce dernier embrassa son père.
- Allez viens, nous allons faire une petite promenade et visiter ce grand palais. J'ai des tas de choses à te montrer».
VS regarda son fils sortir, la porte se referma en claquant. Il était seul à seul avec le roi. Il tourna la tête.
- Je t’écoute, qu’est ce qu’il se passe ??? Je le vois clairement dans tes yeux, il y a quelque chose, j'arrive à lire en toi comme dans un livre ouvert. Quelque chose te trouble et je suis curieux de savoir quoi».

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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Dim 20 Mai 2012 - 1:28

Le Voyageur n'eût pas grand-chose à raconter : comme tout le monde au Forum, Adrian était au courant, en gros, de cette histoire de fous avec Requiem, Atala, Antocidas et tout le reste. Lorsque VS eût terminé son récit, le roi resta silencieux un moment, puis se leva pour aller prendre une carafe en cristal et deux gobelets délicatement ouvragés.
- Il y a quelque chose que je n'ai jamais compris, fît-il en remplissant les verres d'un vin rouge et fruité. Pourquoi as-tu quitté Atalis autrefois, après que Requiem t'ai fait don de cette presque immortalité ?
VS poussa un soupir et sa voix se fît mélancolique :
- Quand j'ai sauvé Requiem du désert de la Désolation Rouge, Atalis était entrée depuis longtemps en décadence. La cité s'était repliée sur elle-même, n'avait plus de contacts avec le reste du monde. Elle était devenue un lieu figé, privé de toute énergie, de tout dynamisme. Isolée du monde, elle était à l'écart de toute évolution, comme si le temps s'y était arrêté. Une ville morte, dont les habitants ressemblaient à des fantômes, dépourvus d'envie, de volonté. Les cultures périclitaient, les sources se tarissaient, certains bâtiments tombaient en ruine et personne ne réagissait...
Adrian bût une gorgée avant de demander :
- Et toi ?
- Ma mère disait que j'étais différent, que je ressemblais à nos ancêtres, débordant d'énergie, curieux de voir le monde, de vivre. Elle est morte de maladie quelques années plus tard et mon père a été tué lors d'un raid des hommes-sable. Plus rien ne me retenait là-bas. Requiem m'offrait l'éternité ou quasiment, autant la mettre à profit...
Le roi resta songeur un moment. Mais sa curiosité n'était pas encore satisfaite :
- Dans ce cas, pourquoi avoir dilapidé ta fortune pour faire renaître cette ville ? Tu y as sacrifié ta liberté, ton mode de vie... Pourquoi ?
Le Voyageur eût un sourire amer, jouant avec son gobelet entre ses longs doigts :
- Pour mon fils, pour lui construire un avenir. Je voulais lui offrir un foyer stable, je ne voulais pas le balloter d'auberge en relais, de dilligence en bateau, toujours sur la route. Ce n'est pas une vie pour un petit garçon.
- Tu pouvais lui offrir celà ici, dans ton palais du lac. Tu étais l'un des plus grands et puissants seigneurs du Forum.
- Disons que j'ai voulu prendre une revanche sur le passé, en faisant revivre la ville qui m'a vu naître pour la lui offrir plus tard. Ma mère disait que je ferai de grandes choses pour Atalis... C'était un moyen de respecter et d'honorer sa mémoire...
Un silence passa, à peine troublé par le chant des insectes provenant de la fenêtre ouverte.
- Et maintenant ? demanda le roi.
VS se leva avec un soupir :
- Je dois régler ce problème avec Antocidas une bonne fois pour toutes. Il est hors de question de mettre en danger les seigneurs du Forum pour mes histoires personelles. Je vais rentrer à Atalis avec mon fils et faire le nécessaire. Antocidas ne fera pas de mal à Aurélien, c'est entre lui et moi.
Adrian se leva et rejoignît le Voyageur à la fenêtre pour contempler les serres de Yavanna. Voltaïc, l'homme-oiseau du Xamen, le grand oiseleur, en sortait, un faucon apprivoisé sur son poing ganté.
- Requiem sait que tu es de retour, il veut te voir. Il aimerait t'avoir à dîner chez lui, au Palais des Sépulcres. Je t'en prie, fais attention, ne mentionne pas Atala... Son esprit lutte contre la potion d'oubli, il la voit dans ses rêves sans arriver à l'identifier. Nul doute qu'il va t'en parler, te demander ce que tu en penses, si tu sais qui est cette femme qui hante ses rêves. Il est en paix désormais, si jamais la mémoire lui revenait, il basculerait à nouveau dans la folie. Il ne faut pas que la mémoire de cette femme lui revienne.
VS eût un signe affirmatif de la tête.
- Fort bien. J'irai le voir et je passerai la nuit à l'ambassade d'Atalis avant de reprendre la route demain.
- Je te raccompagne.
Les deux souverains descendirent dans les jardins écrasés de soleil. Alors qu'ils arrivaient près de la fontaine du Dieu de la Lune, VS demanda :
- Au fait, il me semble que le bouclier magique n'est plus en place ?
Adrian se mordît la lèvre :
- Hélas... Lorsque Maximus s'est emparé du Livre Blanc de Yaztromo il y a cinq ans, l'ouvrage a été détérioré. Après la victoire de Requiem, Oorgan l'a récupéré et tente depuis de retrouver la partie du texte effacé. En attendant, c'est vrai, les pierres sacrées de Balthus sont désactivées et le sortilège est rompu. D'où les manoeuvres auxquelles tu as assisté tout à l'heure. Il nous faut rester prudents et sur le qui-vive, nous ne manquons pas d'ennemis.
Le Voyageur s'assit sur le rebord de la fontaine pour profiter de la fraîcheur des jets d'eau.
- Tu redoutes un ennemi en particulier ?
- Des marchands ont rapporté à Némeion que les tribus de pillards qui rôdent dans les collines ont un nouveau chef, une femme nommée Raven. Une ancienne gladiatrice, esclave en fuite autrefois et qui a pris la tête de ces vauriens. Son autorité est si grande qu'elle aurait fédéré toutes les tribus en une seule horde. Plusieurs caravanes ont été attaquées par ses hommes, des fermes pillées et incendiées... On la surnomme "la louve" et on la dit dangereuse et intrépide comme une panthère des hauts-plateaux. Si elle a vraiment réuni toutes les tribus en une seule, elle peut représenter un sérieux danger.
VS haussa les épaules avec mépris :
- Bah ! Comment une bande d'égorgeurs de grand chemin et de voleurs aux mains rouges pourrait menacer une cité comme le Forum ?
- Ne jamais sous-estimer un ennemi VS... Tu le sais aussi bien que moi. Ces pillards sont de véritables loups, des hommes sans foi ni loi qui n'ont plus rien à perdre. Des esclaves en fuite, des assassins, des déserteurs, des colons ruinés, des hommes perdus de dettes et de crimes... Ils ont la haine. Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de la haine...
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Dim 20 Mai 2012 - 11:07

Le roi se tourna vers un monument en pierre blanche au milieu du parc. Une sorte de haute colonne blanche gravée de nombreux symboles avec à son sommet un aigle à deux têtes.
- Regarde » dit-il en tendant son doigt « regarde donc ce monument ».
Voyageur, qui n’avait jamais vu cette chose auparavant, s’approcha pour le contempler. Il pouvait lire des noms sur les quatre faces du pilier blanc comme la neige. Des noms qui n’étaient pas inconnus pour lui. Il se tourna vers le roi, les yeux en proie à l'émotion.
- Majesté ??».
- Et oui mon ami, tu peux lire les noms de nos morts dans les différentes batailles du forum. Gwineth, Alex, Maxime, Astur, des tas d’autres connus et inconnus. Ces braves qui sont morts pour protéger ces lieux et la paix. Pour ne pas oublier. Ne pas oublier qu’il y a partout des ennemis, qui n’attendent qu’une chose, de pouvoir prendre le pouvoir. Davidou, Maximus, les Shaddakines, ect…que la paix est quelque chose de fragile et qu’elle se gagne avec les prix de tas de vies ».
VS regarda la date inscrite au pied du monument. C’était la date de la catastrophe du défilé de Sedir. Il ne savait pas quoi penser. Lui qui était nouveau roi de la cité d’Atalis, il savait au fond de lui, qu’il devrait aussi un jour faire face à ce genre de chose. De voir des ennemis puissants débarquer et s’en prendre à lui et à son peuple, perdre des amis proches, ça lui faisait peur.
Le vent se leva, faisant jouer les branches des arbres du parc. Les oiseaux chantaient. Le bruit de l’eau de la fontaine. Combien de temps il avait passé ici avant à méditer. Maintenant il était roi, il devait se préparer et faire face. Il abaissa la tête pour regarder Adrian.
- Je suis roi moi aussi et je ne dois plus fuir. Je ferais face à Antocidas et sur ma vie je trouverais un moyen de sortir de cette situation ».
- C’est bien, je suis fier de toi, tu parts d’ici simple voyageur, tu reviens maintenant en roi », il lui posa une main amicale sur l’épaule, comme il le faisait très souvent.
- Mon roi ?? Me voici ».
Une voix féminine coupa cette scène. VS tourna la tête en direction d’une belle jeune femme blonde en armure de combat. Il lui semblait étrangement, que cette personne ne lui était pas inconnue. Puis soudain la lumière.
- Antares ??? Et bien, comme tu as changée ».
En effet, en cinq ans elle avait changée. Elle était plus grande avec un air plus farouche et plus combatif qu’à l’époque. Elle simple soldat il y a cinq ans, la voila maintenant capitaine de la nouvelle unité d'élite Victoria sous les ordres de Milos.
- Je suis vraiment contente de voir que tu vas bien et que tu sembles être en parfaite santé » dit-elle dans un sourire éclatant à VS qui ne pouvait rien articuler sous le coup de la surprise. Les choses avaient vraiment changées durant ces longues années d’absence.
- Je l’ai faite venir pour qu’elle surveille de loin et protège ton fils pendant ton absence et ta visite chez Requiem. C’est un bon élément, j’ai parfaitement confiance en elle », il fit un signe à la jeune femme qui se mit droite comme un I, la main sur la poitrine en signe d’approbation. Avec une vitesse incroyable, elle se mit à courir en direction du palais, évitant les nombreuses personnes dans la cour.
- Ne t’inquiète pas pour ton fils, Antocidas ne risque pas de venir ici, tu peux partir sans risque, je t’ai fait préparer un cheval ».
Un garçon d’écurie s’approcha, tenant par la bride un superbe cheval noir comme la nuit. Le voyageur grimpa, tourna la tête en direction du palais, pensa à Aurélien, tira les reines en faisant un signe à Adrian, il passa les grilles et la route en direction du palais des Sépulcres de Requiem...
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Dim 20 Mai 2012 - 13:01

Avec entrain, Requiem piocha dans la coupe d'albâtre pleine à ras-bord de petits grains noirs et salés qu'il étala soigneusement sur une petite crêpe chaude avant de l'asperger de quelques gouttes de citron, le tout sous le regard moqueur de VS.
- C'est vraiment gentil d'avoir pensé à en ramener, je n'ai plus goûté celà depuis... Une éternité ?
Ils éclatèrent de rire. Requiem avait toujours aimé cette spécialité d'Atalis, ces oeufs de poisson que l'on nommait Kâ-Viar et le Voyageur n'avait pas oublié de lui en ramener. Le Maître de la Nuit avait incroyablement changé : il paraissait serein, apaisé, joyeux même, loin du personnage taciturne et mélancolique d'autrefois, rongé par une obsession malsaine qui empoisonnait sa vie. Les deux hommes dînaient seuls dans la grande salle à manger, excepté le fidèle Nepher qui venait de temps à autre pour servir et changer les bougies du lourd chandelier d'argent trônant au centre de la table. VS s'attendait à ce que Requiem lui parle de ses rêves, mais contre toute attente...
- Dis-moi, tu te rapelles comment Sadastor est mort ? Je veux dire la première fois.
De stupéfaction, VS en laissa tomber sa fourchette. Entendre Requiem évoquer Sadastor avait quelque chose d'iréel.
- Euh oui... J'ai lu son histoire dans les chroniques de Tholdur, comme nous tous.
Le Nécromant restait silencieux, semblant attendre comme un professeur qui interroge un élève. De plus en plus surpris, le Voyageur reprît :
- Sadastor était le premier capitaine de la Garde d'Or. Il avait sauvé la vie d'Adrian autrefois et ce dernier lui avait offert ce poste pour le remercier. Un jour, lui et ses hommes sont tombés dans un traquenard. Ils poursuivaient un groupe de pillards qui terrorisait les fermes et villages alentours. Ils pensaient avoir trouvé le lieu de leur campement secret mais c'était un piège : ils se retrouvèrent coincés dans une étroite et profonde vallée où il était difficile de manoeuvrer et ils furent criblés de flèches depuis les falaises. Sadastor est mort debout, l'arme à la main. Adrian a envoyé une expédition récupérer les corps, les a fait embaumer et déposer dans la Crypte des Héros, construite pour l'occasion.
- Exact. Tu sais qui était le chef des pillards à l'époque, celui qui les a attiré dans ce piège ?
- Euh, non... Je n'étais pas encore arrivé au Forum à ce moment là.
Requiem versa du vin dans les verres de cristal, reposa la carafe :
- Un certain mercenaire. Un homme fort, redoutable combattant... Brun aux yeux verts... Qui a perdu un oeil autrefois...
VS se sentît mal, un frisson glacé lui parcourût l'échine et il s'éventa nerveusement avec sa serviette tandis que Requiem continuait, implacable :
- Pour échapper à la vengeance des gens du Forum, il s'est réfugié à Irsmun où il s'est mis au service de Gospiel le marchand. Quand le célèbre Ninja qui occupe aujourd'hui le trône s'est emparé du pouvoir, notre mercenaire est parti pour Griseguilde. Là-bas, il s'est lié d'amitié avec un certain Apothécus et un soir, ce dernier lui a présenté un certain voyageur...
VS repoussa brusquement sa chaise et se leva pour faire les cents pas dans la pièce, la poitrine oppressée, le souffle court.
- Je suis désolé, fît Requiem. Mais il n'y a aucun doute à avoir, j'ai mené mon enquête... Antocidas était tout jeune à l'époque, à peine 20 ans. Tu ignorais cette partie de sa vie ?
Le Voyageur poussa un long soupir, comme pour expulser toute son angoisse hors de lui.
- Quand nous nous sommes liés lui et moi, nous nous sommes engagés à ne pas chercher à savoir ce que l'autre avait fait auparavant : "Je ne te demande aucun compte sur le passé, sois toujours là pour moi à l'avenir". Alors oui, je l'ignorais.
- Par les sombres feux de l'Enfer, quel est donc ce secret, ce pacte qui vous unis toi et lui ? Même Jareth n'arrive pas à le savoir malgré ses pouvoirs, même moi qui te connais depuis si longtemps, je l'ignore. Votre relation semble un mélange étrange d'amour et de haine...
VS se resservît nerveusement à boire, le verre tremblait légèrement entre ses doigts :
- C'est à cause de lui... Jamais je n'aurais dû le laisser faire... C'était de la folie... Je l'avais prévenu qu'elle se vengerait, qu'elle ne lui pardonnerait pas...
- Elle ? Qui ça elle ?
- Maître, dois-je apporter le dessert ?
Requiem foudroya du regard le pauvre Nepher qui se tenait sur le pas de la porte, un flan au trois chocolats et à la menthe de Varetta dans les mains, le faisant se recroqueviller et détaler vers les cuisines à une vitesse insoupsonnée... Trop tard, VS s'était repris et se rasseyait à table en changeant de sujet. Requiem ne lui dit donc pas que d'après les espions de Némeion, Antocidas semblait avoir rejoint le campement de la mystérieuse Raven...


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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Ven 25 Mai 2012 - 19:22

De plus en plus surpris, Aurélien regardait autour de lui en silence depuis que son père l'avait posé à terre. A son âge, on s'étonne sans rien dire et depuis quelques heures, il avait de quoi s'étonner... Le départ du Forum dans les bras de son père au galop des chevaux, son gros chagrin de quitter sa cousine et les autres, le long chemin à travers plaines et collines et maintenant, alors que la nuit tombait, la masse sombre du manoir se découpant sur le ciel embrumé de mauve. La maison puissamment fortifiée était bâtie en bordure d'un étang aux eaux profondes, isolée à l'extrémité de la clairière, ses pierres roses et ses tuiles violettes s'embrasant dans les feux du crépuscule. L'endroit était sauvage et mélancolique, baigné par le silence de la fin du jour, seulement troublé par le chant des derniers insectes. VS descendît de cheval à son tour, l'air également surpris. dav-ID avait tenu à l'escorter jusqu'à la frontière, mais ne lui avait pas parlé de cet endroit pour y passer la nuit.
- Où sommes-nous ? demanda le Voyageur.
- Prends patience, répondît le Forgeron en aidant Guilibran à descendre de selle. Le nain poussa un soupir de soulagement dés qu'il fût à terre, mal à l'aise à cheval comme tous ceux de sa race.
L'endroit n'était pas abandonné, loin de là : VS vît au premier coup d'oeil en entrant que le bâtiment était soigneusement entretenu. La décoration était simple, avec toutefois une touche de grâce et de féminité dans les lignes élégantes des meubles, les motifs floraux des tapisseries, les bouquets de fleurs fraîches. Ils entrèrent dans la grande salle tandis que Guilibran emmenait les chevaux à l'écurie. dav-id ouvrît les volets et entrouvrît l'une des fenêtres sur la tiède nuit d'été, respirant les odeurs de la campagne endormie. Les épais murs de pierre rosée renvoyaient la chaleur emmagasinée pendant la journée torride malgré la fraîcheur relative de l'étang. Le Forgeron chassa un moustique d'un geste rageur et referma la fenêtre avec un soupir :
- C'est l'heure où les moustiques m'aiment beaucoup trop ! Attendez, je vais nous donner de la lumière...
Sur ces mots, le maître des lieux alluma un chandelier dont les bougies projetèrent une lueur dansante sur les murs, satinant doucement les boiseries, révélant les détails de la vaste pièce silencieuse.
- dav-ID, où sommes-nous ?
Le Forgeron eût une voix triste soudain, un sourire mélancolique sur le visage :
- Nous sommes au Manoir de l'Etang, prés de la frontière. Cette maison appartenait à ma grand-mère autrefois. Elle nous l'a légué à mon frère et moi quand elle est partie pour son dernier voyage. Enfants, nous venions y jouer tout l'été et y ramasser les fruits avec les paysans du domaine... Depuis que mon frère a intégré les Herboristes Sacrés, il n'y vient plus guère. J'y passe régulièrement pour l'entretenir et m'y reposer, loin du monde. Seul Guilibran a un double des clefs et peut y venir en mon absence. Nous passerons la nuit ici avant de rejoindre la frontière où je vous laisserai demain. Venez, je vais vous montrer votre chambre.
Il laissa VS et son fils dans une grande chambre du premier avant de rejoindre la sienne dont les fenêtres donnaient sur l'étang. dav-ID ouvrît l'une d'elles et s'accouda au large rebord de pierre pour admirer le paysage. La nuit était tombée maintenant, le reflet des étoiles dans les eaux claires ressemblait à des étincelles tombées du ciel, la pénombre envahissait la chambre. On frappa à la porte.
- Oui, entre.
Ce n'était pas Guilibran comme il le croyait, mais VS qui hésitait sur le pas de la porte. Sur un signe d'encouragement, il vînt s'accouder également à la fenêtre.
- Aurélien s'est endormi, cette chevauchée l'a épuisé. Et je redoute ses questions demain quand il verra la nef volante qui vient d'Atalis pour nous récupérer et nous ramener là-bas. Comme c'est calme ici...
- Oui, cet endroit est un peu mon oasis. J'ai l'impression qu'ici, rien ne pourra jamais m'atteindre, ni me faire du mal... L'impression que ces lieux sont protégés, à jamais, qu'aucun évènement, aussi violent soit-il ne pourra jamais franchir ces murs.
- Je suis d'autant plus touché que tu m'y acceptes. Merci.
Le Forgeron eût un sourire, observant au loin la lueur d'un feu-follet dansant au-dessus des marais.
- Je sais que tu apprécies aussi le calme et la solitude, loin de la foule et du vacarme. Et puis, c'est surtout pour le petit, j'aime beaucoup ce gamin. Quand il vient à la forge, il a le regard émerveillé de Guilibran à ses débuts, il pose plein de questions sur mon travail, s'interesse à ce que je fais...
- Pourquoi ne viendrais-tu pas à Atalis avec nous ? Je serais heureux de te faire visiter ma cité.
- J'aurais trop peur de me liquéfier ! Je suis un enfant des montagnes et des forêts, le désert brûlant qui t'a vu naître aurait rapidement ma peau. Mais merci pour l'invitation.
Le Voyageur souhaita bonne nuit et rejoignît sa chambre au bout du couloir, croisant Guilibran qui revenait des écuries. Aurélien dormait profondément sous une couverture légère. Son père enleva ses bottes, posa son épée à proximité et s'allongea avec précaution à côté de son fils, ne tardant pas à s'endormir. Dans sa chambre, dav-ID fronça les sourcils devant les ronflements de Guilibran qui dormait au pied de son lit. Allongé dans le noir, les yeux grands ouverts et les bras croisés derrière la tête, le Forgeron se laissait doucement envahir par le silence et le calme de la nuit d'été.
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Ven 25 Mai 2012 - 21:00

Après une nuit paisible et fraiche, le soleil se leva, sa lumière chassant les ombres sur la surface du paysage autours. Ce dernier, avait un autre aspect que la veille au soir. Des montagnes aux dômes couverts de neige et des glaciers. Des forêts. Un grand lac à l’eau limpide juste devant le chalet, la surface agitée par une multitude de poissons. Un torrent faisant entendre son doux bruit d’eau.
C’est le jeune Aurélien qui se leva le premier. Il se frotta les yeux avec le bras, regarda son père qui dormait encore, lui remonta la couverture et sorti de la chambre. Il y avait du bruit, signe d’une activité dans la maison. Il descendit l’escalier prudemment, ses petites jambes trop courtes pour la hauteur de ces marches. Une fois en bas, il poussa un soupir de soulagement et il se dirigea vers le bruit. Il eu un cri de joie à la vu du nain qui était en train de préparer le repas.
- Bonjour mon enfant, j’espère que tu as bien dormi ??? ».
- Ho oui, cet endroit est vraiment très agréable ».
Il regarda par la fenêtre, il pouvait voir le forgeron à genoux devant le lac. Il sorti pour le rejoindre.
- Comme c’est beau ici ».
Il regardait autours de lui, ses yeux d’enfant découvrant le monde se posant à chaque fois sur une nouvelle merveille. Comme le forgeron ne répondait pas, il s’approcha.
- Dit ?? tu fais quoi mr dav ??».
- Je médite ».
- Et c’est bien ?? ».
- Hum ».
Le jeune garçon se mit à genoux lui aussi, imitant dav-ID, il ferma les yeux et resta là un instant. Mais, rapidement, il pouvait entendre des sifflements dans le lointain, ainsi que des bruits d’eau à la surface du lac, il se mit à poser mille questions.
- Dit, dit, dit, c’est quoi ces sifflements là bas ??? Il y a des poissons dans le lac, on pourra pêcher ??? ».
- On fera tout ça mais après ma méditation ».
Aurélien, se remit à genoux. A ce moment là, VS se réveilla, il sorti du chalet et poussa un rire en voyant ce spectacle. Le nain s’approcha, tenant une cloche en bronze à la main, il esquisa un sourire.
- Un bon forgeron, commence sa journée par la méditation ».
Cette réflexion innocente, toucha le voyageur au plus profond de son âme. Lui qui voyait déjà l’avenir de son fils tout tracé, il le voyait prince, jouant de la musique, passant des heures à lire, à écrire, à composer des poèmes ou à dessiner, voyageant à travers le monde, comme lui le faisait . Aurélien, ne semblait pas prendre cette route. Sa passion pour la mécanique, les inventions, le travail du métal. Cet avenir faisait peur à VS. Il coupa sa réflexion lorsque Guilibran agita la cloche avec grand bruit en criant à table, tellement fort qu’il y eu un écho sur les montagnes autours. Après un repas animé par les nombreuses questions du garçon, il fallait se remettre en route. Le nain sorti les chevaux de l’étable, dav-ID fermant son paradis à clé. Ils reprirent la route en direction de la Frontière. Le royaume d’Atalis n’était plus très loin.
Une fois à la limite du royaume, le voyageur serra la main de dav-ID.
- Tu sais, j’ai beaucoup réfléchi à ta proposition de hier soir, comme tu le sais peut être, mon activité est fleurissante et je pourrais éventuellement ouvrir une forge dans ta cité… ».
Aurélien poussa un nouveau cri de joie. Son père le regarda sans rien dire, non vraiment, ce petit ne suivait pas la même route que lui.
- …et puis aussi…dit, tu m’écoutes ??? ».
- Hein quoi ??? heu oui oui très bien, c’est d’accord, c'est avec plaisir que tu pourras ouvrir une forge à Atalis ».
Le jeune garçon embrassa le nain et ils s’éloignèrent en faisant des signes de la main. Aux deux amis qui firent demi tour en direction du Forum.

Pendant ce temps, au palais royal. Dans la grande salle du trône, Adrian posait les yeux sur une carte, autours de lui, des membres de son êtat major. Il y avait bien entendu Milos, les bras croisés comme toujours sur la poitrine, son armure d’or impressionnante à tête de lion. Requiem silencieux, réfléchissait. La jeune Antarés était là elle aussi, essayant de suivre les indications de son roi pour les imprimer dans son cerveau. Nemeion regardait par la fenêtre, il prêtait une oreille discrète à la conversation. Le roi releva la tête.
- Et donc, tu me dis que tes éclaireurs rapportent qu’il y a eu du mouvement dans le campement de cette Raven et qu’ils sont partis en direction d’Atalis ??? ».
- Tout à fait majesté, une moitié des troupes est encore là à attendre dieu sais quoi, l’autre moitié à en effet pris la direction de la cité de notre ami VS au moment même de son départ».
- C’est inquiétant, ce n’est pas une coïncidence ».
Il tourna la tête en direction d’Antarés.
- Vous avez eu des informations sur cette fameuse Raven ??? ».
- Pas encore mon roi, nous enquêtons toujours sur qui elle est et pourquoi elle se trouve là, la seule chose que nous savons, c'est qu'Antocidas est là bas lui aussi ».
Adrian, se releva, passa ses bras dans le dos et s’approcha de la fenêtre, son regard se posant sur le soleil couchant, donnant à sa cité une jolie couleur orange. Il regarda aussi en direction de la pleine, il pouvait voir le campement d’ici.
- J’ai un mauvais pressentiment ».


Dernière édition par dav-ID le Ven 25 Mai 2012 - 21:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Ven 25 Mai 2012 - 21:06

Au bout d'une heure, le lieu de rendez-vous fût atteint et Aurélien réussit à faire éclater de rire son père en affichant sa stupéfaction devant l'incroyable spectacle : posée au centre d'une vallée aux pentes douces mouchetées de fleurs sauvages et de papillons colorés, une splendide nef aux lignes pures et fuselées attendait, ses mâts de bois peint dressés vers le ciel éclatant, ornés des mêmes panneaux solaires que le fabuleux vaisseau du Forum. Mais sa proue était frappée d'un scorpion d'or gravé dont le dard dressé laissait tomber une larme de sang : l'emblème d'Atalis. VS se mordît la lèvre en serrant les rênes à s'en faire bleuir les jointures. En lui, une voix s'agitait et lui hurlait, résonnant dans son crâne : "Non ! Non ! Dés que tu remettras les pieds sur cette nef, tu redeviendras un prisonnier ! Vas-t-en ! Retrouve ta liberté, oublie l'enfant ! Tu ne l'as pas voulu ! Abandonne-le, redeviens libre, redeviens le Voyageur !"
Mal à l'aise, VS secoua la tête comme pour s'éclaircir les idées, en proie au trouble et assailli d'émotions contradictoires. Partir, oui... Etre libre à nouveau...
- Ayla ! Oh Ayla !
Aurélien sauta de selle et se jeta dans les bras du vieil eunuque qui venait à leur rencontre, entouré d'une dizaine de guerriers.
- Bonjour petit prince, comment vas-tu ? Je suis trés heureux de te revoir, tu sais, fît le vieux serviteur en serrant l'enfant dans ses bras avec tendresse, avant de se tourner vers son roi, l'air soucieux :
- Majesté ? Majesté, tout va bien ?
"Fuis ! Abandonne-les ! Redeviens toi-même !"
- Papa ?
- Majesté, attention !
VS sursauta et se retourna : trois cavaliers déboulaient du haut de la vallée, l'arme au poing. Vêtus de cuir clouté et de peaux de bêtes, des colifichets de pierre et d'os cliquetaient à leur cou et sur les harnais de leurs robustes montures. Ils chargèrent, piaffant derrière leurs boucliers de métal gravé à breloques de jade rayant le ciel de leur éclat vert.
- Ayla, emmène Aurélien !
- Papa !
- Viens mon chéri, viens vite ! N'aie pas peur, ce sont juste des grands qui jouent à la guerre, viens vite !
Pendant que les gardes encadraient le vieil ennuque et le prince, les protégeant de leurs boucliers, VS pivotait pour affronter les trois inconnus. Sa lame étincela au soleil et une tête tranchée vola dans un geyser de sang avant de rouler sur l'herbe. Le henissement des chevaux, le martèlement furieux des sabots, le crissement de l'acier, l'éclat des lames... Les corps roulèrent sur la pente, écrasant les fleurs avant de s'immobiliser. VS se redressa sur sa selle, contrôlant sa monture effrayée au mors écumant et leva la tête : là-haut, sur la crête, se tenait une femme qui l'observait. Elle était grande et belle, d'allure sévère et farouche, ses cheveux blonds comme les blés flottant au vent. Elle sembla plonger ses yeux verts dans ceux du Voyageur, comme pour le jauger, le tester, puis Raven, la Louve, tourna bride et disparût au galop. VS regagna la nef en hâte et cette dernière décolla immédiatement, s'élevant rapidement dans le ciel bleu.
- Aurélien, tu n'as rien ?
Figé d'horreur, l'enfant fixait son père sans répondre, fasciné et horrifié par cette grande silhouette frémissante maculée de sang, sa lame rouge jusqu'à la garde. Il poussa un cri et se réfugia en pleurant dans les bras d'Ayla.
- Majesté, tu l'effraies... Tu devrais te laver et te changer, je vais m'occuper de lui.
...
Livide, Requiem fixait la lettre qu'il venait de recevoir et dont chaque mot, chaque syllabe était désormais gravé dans son esprit comme un hiéroglyphe de feu.
"La femme qui hante tes rêves est Atala, princesse d'Absalon, celle que tu as juré d'aimer au-delà de la Vie. Elle a fui avec toi et elle est morte de soif et de fatigue dans tes bras juste avant que David ne te trouve et te sauve la vie il y a plus de 1000 ans. Elle repose désormais à Atalis, David a récupéré son corps après la défaite de Maximus et l'a déposé dans le Mausolée de Pierre Rouge. Salutations, Antocidas"
- Atala... Atala... ATALAAAAA !!!
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Sam 26 Mai 2012 - 11:00

Les chiens aboyaient, tirant furieusement sur leur laisse, flairant de leur truffe mobile les sables du désert. Le maître du chenil secoua la tête et revînt vers son seigneur qui se tenait debout sur son char, protégé du soleil ardent par une ombrelle de papier huilé.
- Majesté, nous avons perdu la trace du lion.
- Imbécile ! Il nous faut trouver cet animal ! Ce lion des sables a déja tué par trois fois, c'est un individu solitaire et dangereux. Ne suis-je donc entouré que d'incapables ?
Le maître du chenil se mordît la lèvre : depuis son retour, depuis l'attaque de sa nef, le roi d'Atalis était d'une humeur massacrante, sec, cassant, irritable. Le message qu'il avait reçu du roi Adrian l'informant d'un mouvement de la horde de Raven vers Atalis n'avait pas arrangé les choses. Mais il est vrai que de ce côté là, il y avait peu à craindre : la cité était ceinturée de falaises infranchissables et déchiquetées, le seul accès était le défilé, trop étroit pour qu'une armée puisse y manoeuvrer, et plus de 350 archers et 200 guerriers entraînés y veillaient jour et nuit. Sans oublier les rochers amassés sur les sommets et prêts à être lancés dans le défilé pour y écraser tout envahisseur... Et puis, avant d'arriver à Atalis, il fallait traverser le désert de la Désolation Rouge, affronter les hommes-sable et les nomades... VS fût dérangé dans ses pensées par un messager hors d'haleine qui grimpa à l'arrière de son char et lui murmura à l'oreille. Le Voyageur sursauta, ouvrît des yeux stupéfaits avant d'ordonner, tirant sur les rênes :
- Nous rentrons !
Les chars s'ébranlèrent dans un tourbillon de poussière ocre.
De retour à Atalis, VS descendît de son char, traversa en trombe le Jardin des Singes en direction du Mausolée de la Pierre Rouge où reposaient les grands de la ville, dont ses parents. Le roi était suivi par deux étranges personnages, deux colosses noirs au corps puissant et souple, leurs muscles bien dessinés roulant sous leur peau d'ébène, le crâne rasé. Ils ne portaient qu'un pagne de soie écarlate et des sandales, un sabre à large lame passé à leur ceinture. On savait peu de choses à leur sujet, sinon qu'ils étaient frères, venaient des savanes herbeuses du sud et se nommaient Prato et Krato. Des rumeurs sordides couraient sur leur compte... La plus fréquente insinuait qu'ils avaient commis un terrible blasphème et que leur peuple les ayant surpris les avaient chassé de la tribu, nus et désarmés à travers la savane, les condamnant à une mort certaine. Comment VS les avait-il rencontré, pourquoi l'avaient-il suivi par la suite ? Mystère. En tous cas, les deux guerriers ne quittaient pas le maître d'Atalis d'une semelle, le suivaient en permanence et la nuit venue dormaient en travers de sa porte. Pourtant, à l'entrée du mausolée, sur un geste de leur maître, ils s'immobilisèrent, le laissant entrer seul.
Requiem était prostré au pied du sarcophage d'Atala. Il pleurait sans bruit, sans même s'en rendre compte, son ample manteau noir s'étalant comme un sombre pétale sur le sol de pierre rouge strié de mauve.
- Requiem... Ainsi tu t'es souvenu...
- On m'y a aidé, murmura le nécromant en montrant la lettre envoyée par Antocidas. VS la parcourût, livide, avant de la froisser en un geste de rage.
- L'ordure ! Il a osé !
- C'est trop tard désormais. Maximus a poignardé le corps d'Atala, elle n'est plus intacte. Je ne peux plus la ramener à la vie, sinon sous la forme d'un zombie et celà, je ne le peux. Je ne veux pas faire d'elle ce que j'ai fait avec Sadastor autrefois. Antocidas pensait me rendre fou, me faire basculer dans la démence avec ce message, mais il a produit l'effet contraire : Atala est perdue à jamais désormais, je le sais maintenant et je n'aurai pas assez de l'éternité pour la pleurer. J'ai réussi à exorciser le passé même si quelque chose s'est définitivement brisé en moi.
Le nécromancien se redressa, essuyant ses larmes. Il avait parlé d'une voix si dénuée d'émotion, si impersonelle, que VS sentît un frisson glacé lui parcourir l'échine.
- Requiem, tu... Tu es sûr de toi ?
- Oui. Comme je suis sûr de vouloir tuer Antocidas maintenant. C'est lui qui a tué Sadastor autrefois comme je te l'ai révélé, lors de cette fatale embuscade. A défaut de ramener Atala parmi les vivants, je vengerai la mort de mon fidèle serviteur. Et n'essaie pas de m'en empêcher.
- Je ne t'en empêcherai pas. Il m'est impossible de tuer Antocidas et c'est pareil pour lui, comme le veut la malédiction qu'elle nous a lancé autrefois. C'est donc toi qui me délivrera de lui. Peut-être...
Les deux hommes quittèrent le mausolée, aussitôt suivis par les deux noirs silencieux. Alors qu'ils descendaient les marches de pierre rouge incendiées de soleil, Requiem prît le bras du Voyageur :
- David, je veux savoir. Je veux connaître votre histoire à toi et Antocidas. Ici et maintenant.
Un signe de la tête, les noirs s'inclinèrent et se retirèrent.
- Antocidas et moi nous sommes connus à Griseguilde chez Apothécus. C'est lui qui nous a présenté un soir. Celà a été un coup de foudre. Nous sommes devenus rapidement les meilleurs amis du monde, on nous surnommait "les inséparables". Antocidas était-est toujours-un trés bel homme et il aimait passionnément les femmes. Trop. Elles tombaient toutes dans ses bras, il les lui fallait toutes, même pour une nuit... C'était devenu une question d'orgueil, une obsession... Il les séduisait, les prenait et les abandonnait par la suite, sans regret ou remords. Et puis un jour, Ysatis l'enchanteresse arriva en ville et il tomba amoureux d'elle et elle de lui. Il l'aimait, sincèrement, passionément. Mais chassez le naturel, il revient au galop... Il ne pût résister à tenter de séduire une de ses servantes et elle les surprît. De mon côté, j'avais couvert Antocidas, mentant à Ysatis pour éviter qu'elle n'apprenne la trahison de mon ami. Folle de rage, l'enchanteresse nous lança alors une terrible malédiction : "On vous surnomme les inséparables, hein ? Et bien, désormais, vous le serez vraiment !" Elle nous a condamné à rester liés quoiqu'il arrive, lui et moi. Il nous est impossible depuis de nous séparer, nous sommes condamnés à toujours revenir l'un vers l'autre, liés pour toujours. Quand nous sommes ensemble, trés vite nous ne pouvons plus nous supporter mais dés que nous nous éloignons, nous revenons lui vers moi, moi vers lui sans pouvoir nous y opposer. Une force mystérieuse et irrépressible nous repousse toujours l'un vers l'autre quoiqu'il arrive. C'est pour ça qu'il revient à Atalis. Seul la mort de l'un de nous deux pourra délivrer l'autre.
Requiem réfléchît un instant avant de demander :
- Tu n'as alors jamais pensé à le tuer, l'empoisonner, le faire assassiner ?
- Si, bien sûr, mais c'est impossible, je ne peux pas... Et lui non plus. Nous sommes condamnés à être dépendants l'un de l'autre, à ne pas pouvoir nous passer de l'autre. Même quand j'ai su qu'il avait tué Penthésilée, je n'ai pas pu le tuer. Et il lui est impossible également de s'en prendre personnellement à moi. Ysatis a vraiment fait de nous des "inséparables", au sens propre. Seul quelqu'un d'extérieur peut nous délivrer.
Requiem poussa un soupir, clignant des yeux au soleil :
- Eh bien... Nous formons un beau couple de désespérés et de fous toi et moi...
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Sam 26 Mai 2012 - 21:49

Les heures les plus brûlantes du jour s'achevaient enfin. Le soleil déclinait à l'horizon quand VS arriva au rendez-vous. Antocidas était déja là, assis sur un rocher à l'ombre des falaises orangées dont les formes fantastiques se découpaient sur le bleu dur du ciel. Le Voyageur vînt s'asseoir à côté de celui auquel il était irrémédiablement lié depuis des années par la vengeance d'une femme.
- Comment vas-tu ?
- Bien maintenant que tu es là.
- Arrête Antocidas...
Le mercenaire eût un rire :
- David, tu sais trés bien que c'est la vérité. Je ne peux pas être heureux sans toi. Et inversement.
- C'est à cause de toi si nous en sommes là, si nous vivons ce cauchemar.
- Par la Mère de Toute Chose, arrête donc de ressasser le passé tu veux ! Ce qui est fait est fait.
Le Voyageur se redressa soudain, blême de fureur, les poings serrés et l'enfer brûlait dans ses yeux :
- C'est donc si facile pour toi ? Assez Antocidas ! Je n'en peux plus de continuer ainsi, il faut que ça cesse !
Le mercenaire eût un sourire moqueur :
- Tu ne peux rien contre moi tout comme je ne peux rien contre toi et tu le sais.
- Tu as tué Penthésilée espèce de salaud !
- Tu crois que j'allais laisser cette putain rousse se mettre entre nous ? La laisser porter ce rejeton que tu ne voulais pas, que tu n'arrives pas à aimer ?
- Assez !
VS frappa et Antocidas partît en arrière, la lèvre fendue. Avant qu'il puisse se relever, le Voyageur était sur lui, les mains serrées autour de son cou, écumant et grondant. Les deux hommes roulèrent au bas de la pente dans un nuage de poussière, s'écorchant sur les cailloux et les graviers. Antocidas se dégagea d'un solide coup de pied, envoyant son adversaire bouler dans un fourré d'épineux.
- Tu es ridicule David... Tu ne peux pas me tuer.
- Mais moi, oui.
Le mercenaire se retourna pour dévisager Requiem qui sortait de l'ombre d'un rocher, Ténébreuse à la main. VS se redressa, massant son aine douloureuse :
- Requiem, non !
Mais le nécromancien passait déja à l'attaque à une vitesse foudroyante. Antocidas évita la lame noire et dégaina pour contre-attaquer. Le Voyageur fût alors le témoin d'un combat qui aurait embrasé le sang des dieux eux-mêmes : les deux combattants se déplacaient trop rapidement pour que l'oeil puisse les suivre, les lames se heurtaient, se séparaient, et l'on n'entendait aucun bruit, excepté le souffle rauque des deux adversaires et le frottement de leurs bottes. C'était un combat de titans, éblouissant, dans un décor de fin du monde embrasé par les feux écarlates du couchant. Aucun des deux hommes ne semblait pouvoir prendre l'autre en défaut. Soudain, Requiem porta une botte et le sabre d'Antocidas lui échappa... L'instant d'après, le mercenaire tombait au sol, pressant ses doigts sur son flanc ensanglanté. Requiem leva son arme :
- Souviens-toi de Sadastor !
- David, sauve-moi ou je meurs !
- Nooon !
Le Voyageur dégaina et dévia le coup, repoussant Requiem en arrière et s'interposant.
- David, non, arrête ! Tu es fou !
- Je ne peux pas... Je ne peux pas te laisser le tuer...
Avec un juron, le Seigneur de la Nuit se redressa et porta une attaque pour assommer son adversaire. VS esquiva avec souplesse mais son pied dérapa sur les graviers et il tomba à terre. Emporté et déséquilibré par son élan, Requiem plongea en avant, sa lame fendant l'air en sifflant...
- Nooon !
Antocidas se jeta en avant sur la trajectoire de Ténébreuse pour protéger VS. La lame d'acier noir lui transperça la poitrine, lui ouvrant le coeur en deux. Le mercenaire s'effondra à genoux, les mains serrées sur l'acier qui vibrait encore, planté dans sa poitrine, un filet de sang coulant de sa bouche. Hors d'haleine, Requiem recula, le coeur battant. Antocidas se traînait à terre, rampant vers VS, le bras tendu, hoquetant, la bouche ouverte sur des mots incompréhensibles. Le Voyageur se laissa tomber à genoux, prenant le guerrier agonisant dans ses bras et le serrant contre lui.
- Je... Je t'aime... murmura Antocidas.
- Je t'aime, répondît le Voyageur avant de saisir la poignée de l'épée et de la retirer d'un geste brusque. Antocidas eût un dernier sursaut et sa tête retomba pour toujours, se lovant contre la poitrine du roi d'Atalis. Au loin, un loup des sables hurla.

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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Dim 27 Mai 2012 - 16:59

Une tente verte au milieu d’un camp, sa toile flottante au vent chaud du sud qui soulevait un nuage de poussière du désert brulant. Au milieu d’autres tentes, des hommes en armes et armures, les visages cachés par des foulards pour ne pas respirer les grains de sable. Bien caché derrière une haute dune, au sommet de laquelle, les guetteurs pouvait voir la belle cité d’Atalis. A l’intérieur de cette fameuse tente. Une belle femme en habits vert eux aussi, passait ses deux mains au dessus d’une boule de cristal. Elle observait la scène entre VS, Requiem et Antocidas en souriant. Elle leva la tête en direction d’un homme dans l’ombre les bras croisés.
- Tu vois mon cher Antocidas, le destin que tu aurais eu si tu ne m’avais pas écouté et que tu te serais déplacé toi-même à ce rendez-vous. A cette heure-ci tu serais mort.
- Il est vrai que je n’avais pas prévu l’arrivée de Requiem. Je pensais le rendre fou avec mon message, mais sa volonté est très forte. Enfin, je suis vivant et le plan doit continuer.
Il regarda Raven dans ses magnifiques yeux verts et immédiatement, comme un ordre silencieux, elle récupéra une petite fiole brune dans une sacoche. Elle la déboucha et en versa une poignée de gouttes sur une petite statuette quelle venait de sortir d’un placard et qu’elle avait placé au sol. Une fumée se leva, envahissant la tente d’une douce odeur de menthe et d’orange. La statuette se mit à grandir, grandir, grandir, jusqu’à atteindre la taille d’un homme.
Antocidas poussa un rire et avec satisfaction, contempla cet homme, double de lui-même.
- Parfait, c’est tout à fait moi. Tu as vraiment du talent ma chère Raven ».
- Merci, ce n’était rien, un peut de sorcellerie et du vaudou et voila ce que nous obtenons ».
- Je vais rendre Requiem complètement fou, lui qui pense maintenant avoir eu ma peau, il va voir. Je vais rendre fou VS, il sera obligé, il viendra vers moi à genoux en me suppliant de le pardonner. Oui, il reviendra et il sera à moi, rien qu’à moi pour toujours… ».
A nouveau un rire sonore, il levait les yeux au ciel, vers le soleil brulant du désert, des yeux où nous pouvions voir la marque de la folie.
- J’éliminerais de mes mains tous ceux qui se mettront entre lui et moi. A commencer par cet enfant. Ce jeune garçon impur qu’il a eu avec une trainée. Il sera bientôt à moi et je m’en servirais contre son propre père ».
Il regardait Raven placer plusieurs statuettes au sol, verser le liquide étrange dessus, une fumée, une bonne odeur et de nouvelles répliques de lui-même, en rang, en train d’attendre les ordres. Antocidas s’installa dans un fauteuil en bois, ramassa une lyre et se mit à jouer, un air triste et mélancolique, le même qu’il aimait jouer à l’époque où il était avec VS, il ferma les yeux. Il se mit alors à parler à ses doubles, en gardant les yeux fermés.
- Nous allons rendre une visite nocturne à requiem, il pense m’avoir tué, ça risque de lui faire un choc… ».
Un double baissa la tête en signe d’approbation et sorti de la tente en silence pour s’enfoncer dans le désert.
- Nous allons rendre une petite visite à mon ami VS, je supposes qu’il doit être dans le caveau à organiser mes funérailles, il risque d’avoir un choc lui aussi…ha ha ha…mon cher VS… ».
Même scène que la précédente. Un nouveau double sortant de la tente.
- Et enfin, j’aimerais que vous me rameniez ce jeune Aurélien, prince d’Atalis, j’aimerais voir ce jeune garçon sans être dérangé par des seigneurs en armes comme l’autre nuit… ».
Nouveau départ d’un double.
- Mon ami VS, mon bel ami VS, tu reviendras, oui tu reviendras, quelle joie… ».
Il se remit à jouer de son instrument. Raven le regardait en silence, pensant pour elle-même, que la folie pouvait vraiment détruire un homme.
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Dim 27 Mai 2012 - 21:06

Le roi d'Atalis s'était enfermé dans ses appartements. Krato et Prato avaient reçu des ordres stricts : personne, absolument personne. Les deux guerriers s'étaient assis devant les portes de cèdre cloutées d'or, leur sabre à large lame posée sur leurs genoux. Immobiles, ils ressemblaient à de sombres divinités des enfers, attendant les âmes pour les juger. Dans sa chambre, le Voyageur restait allongé les yeux grands ouverts dans le noir. Il éprouvait un mélange de sensations ambigües où dominait nettement le soulagement. Oui, la mort d'Antocidas, aussi douloureuse soit-elle après tant d'années de complicité, sonnait néanmoins comme une délivrance. La malédiction d'Ysatis était enfin brisée. VS se retourna sur le ventre, attrapant ses coussins à pleins bras avec un soupir. Par la fenêtre ouverte montait dans la nuit la senteur des jardins, mélange de poivre rose, de jasmin de Vassagonie et de safran. La nuit, mauve et étincelante d'étoiles, apportait enfin un peu de fraîcheur dans le bruissement des fontaines. Le chat angora préféré se désaltéra dans une coupe d'or emplie d'eau pure, puis sauta sur le lit pour un câlin. Le Voyageur prît le félin contre lui avec douceur (les chats sont des animaux sacrés à Atalis) et se mît à lui caresser le ventre en pensant à autre chose. Etrange... Il avait malgré tout l'impression que le lien n'était pas rompu, que l'enchantement était toujours en place... Un détail le chiffonnait sans qu'il sache lequel.
...
Atalis dormait maintenant et seul le défilé restait éclairé, là où veillaient les sentinelles à l'oeil vif autour des feux, au sommet des falaises. Au palais des 1000 colonnes, le silence régnait, seulement troublé par la mélopée mélancolique d'un esclave qui jouait du luth en sourdine dans un coin. Dans sa chambre, Requiem dormait, mal à l'aise à cause de la chaleur, Ténébreuse posée à ses côtés, sous les voiles légers protégeant sa couche. Aurélien dormait également dans ses appartements, serrant contre lui son lionceau apprivoisé qui dormait toujours avec lui. Exceptionellement, Ayla ne dormait pas au pied du lit du petit prince cette nuit là : VS avait supprimé cet usage, inconsciement vexé de l'affection de plus en plus grande entre son fils et le vieil eunnuque dévoué... Le lionceau se mît à feuler doucement, puis à lécher avec insistance la figure de son jeune maître. Aurélien se réveilla et regarda avec stupeur celui qui se penchait sur lui en souriant :
- Oncle Antocidas !
Un index impérieux fût posé sur la bouche du petit :
- Chuuuut... Parle doucement... Je suis venu te chercher.
- Tu es revenu de ton voyage, ça y est ?
- Oui, je rentre à l'instant. Ton père est réveillé et il m'envoie te chercher, il veut nous voir tous les deux, tu viens ?
Confiant et mal réveillé, Aurélien tendît les bras avec un sourire. Dans la pénombre, l'enfant ne remarqua pas un détail primordial : l'homme qui le prenait dans ses bras avait ses deux yeux... Or, le véritable Antocidas était borgne, il avait perdu un oeil au combat à Irsmun autrefois, remplacé depuis par un oeil de verre mis en place par Vic. Raven avait négligé ce détail en créant ses fameux doubles. Ce fameux détail qui chiffonnait VS dans sa chambre, l'empêchant de dormir...
En sortant de sa chambre, Aurélien vît les gardes de sa porte étendus à terre, immobiles.
- Ils dorment ? Oh la la, papa serait furieux s'il les voyait !
- Chut, il ne faut pas lui dire, c'est un secret... Allez, viens... Ne fais pas de bruit...
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MessageSujet: Re: LE CYCLE DU FORUM (5 ans plus tard)   Jeu 31 Mai 2012 - 11:42

Pris d'un doute horrible qui lui tirait l'estomac, le voyageur se leva de son lit et passa un habit brodé d'or, il ouvrit la porte de ses appartements, constata que ses deux gardes étaient en train de ronfler comme des bienheureux appuyés contre les piliers de granit blanc de part et d'autre de la porte, ces derniers se réveillèrent en sursaut et eurent droit à une remontrance de leur maître.
Ce dernier malgré tout, avait l'esprit perturbé par ce doute, il ne resta pas longtemps là et se mit à descendre le grand escalier, traverser un couloir, le pas de plus en plus rapide pour atteindre finalement une grande porte en fer noire portant les armes d'Atalis. VS attrapa une clé d'argent qui pendait autours de son cou par une chaine et l'introduisit dans la serrure. Il poussa le lourd battant droit qui s'ouvrit sans aucun bruit.
Un courant d'air froid lui arriva au visage, lui donnant des frissons. Il marcha d'un pas encore plus rapide dans le vaste couloir éclairé par une série de torches accrochées aux murs. Finalement, il arriva dans une vaste salle carré.
A chaque fois qu'il venait ici, il ne pouvait pas s'empêcher de pousser un cri d'émerveillement. Cette vaste salle était très haute, plusieurs piliers verts sur lesquels, il pouvait voir des symboles, qu'il n'avait pas encore finit de traduire. Ils racontent l'histoire d'Atalis, des anciens rois et reines, des batailles, ect...En haut de la salle, 4 vitraux de couleurs, filtrant la lumière de la pleine lune et donnant à la pièce une couleur blanchâtre et éclairant de nombreux caveaux en rangs.
VS se tourna vers un monument en particulier. Un monument couvert de fleurs et portant un nom sur son devant. Antocidas. Il s'approcha, poussa le lourd socle de marbre vert qui bougea en raclant le marbre. Il poussa un cri d'horreur et de surprise à la découverte du spectacle. Il recula, se demandant si il n'était pas en train de rêver. A la place d'Antocidas, il n'y avait plus qu'une horrible flaque verte, semblable à de la boue et sentant la menthe et l'orange.
- Mon fils".
Il ne savait pas pourquoi il pensait à lui. Il fît demi-tour et se précipita jusqu'à sa chambre. Il passa en trombe à côté de gardes, surpris de voir leur maître courir dans les couloirs en pleine nuit. Il arriva à la porte de son enfant. Eu la désagréable surprise de voir ses gardes au sol. Ouvrit la porte en grand et regarda vers le lit où dormait Aurélien. Le lit était vide. La fenêtre de sa chambre ouvert en grand, les rideaux blancs flottant au vent. Requiem était étendu sur son lit, apparemment inconscient lui aussi. Le voyageur s'effondra à genoux, ne sachant pas quoi dire. Il resta là, jusqu'à l'arrivée de ses gardes.

Le soleil se leva finalement sur la cité d'Atalis. La nouvelle de la disparition se propagea rapidement comme une trainée de poudre. VS était dans ses appartements, seul, assis sur son fauteuil, ne parlant pas, il pensait à Aurélien et à Antocidas. Requiem était toujours dans les pommes. Son état était stable mais il ne se réveillait pas.

- Grumble", fît en râlant le forgeron, assis sur sa charrette et tenant dans ses mains les rênes pour diriger un jolie cheval blanc qui trottinait joyeusement, le bruit de ses sabots résonnant en échos sur les falaises de couleur rouge sang au bord du chemin.
- Arrêtez de râler comme ça mon maître, c'est vous qui avait proposer à VS d'ouvrir une nouvelle forge ici", lui répondit la voix de Guilliban à côté. Et puis je suis certain que le jeune prince sera heureux d'apprendre votre projet. Il a du talent, je suis certain qu'il ferait un bon apprenti.
- Peut être, mais il fait trop chaud dans ce pays, je n'aime pas ça, je me demande comment VS fait pour vivre ici". Il venait de boire encore une fois et plaça la gourde à l'envers, il fît la grimace en constatant qu'elle était vide.

Derrière la charrette du forgeron il y en avait deux autres.

- Je vais revoir mon cousin", dit la petite Aurore battant dans ses petites mains, un chapeau pour la protéger du soleil placé sur la tête.
- Mais oui ma fille, VS est parti si rapidement la dernière fois, que ça me faisait mal au coeur de voir le jeune Aurélien si triste de quitter le Forum, que j'ai trouvé pas mal l'idée d'accompagné dav-ID qui devait se rendre à Atalis. Même si il a passé son temps à râler depuis que nous avons traversés la frontière".
A côté de lui, Sylvia posa sa main sur sa bouche et se mit à rire.
Il faut dire qu'il faisait vraiment très chaud dans ce désert de la désolation rouge, du sable, des rochers, des falaises, un oasis de temps en temps, et sinon rien. Il portait bien son nom.

Encore derrière eux, un troisième véhicule, celui de Vic et d'Estelle. Ce dernier faisait son voyage régulier, environ une fois par mois, pour venir soigner les malades et apporter des médicaments aux habitants de la jeune cité. Le côté médical laissait encore à désirer ici. Il est vrai qu'il n'y avait pas encore d'hôpital à Atalis.
Dans la charrette, bien a l'abri du soleil, allongé, ses deux pieds nues dépassant par l'ouverture arrière, le maître des jeux Albatur, une guitare à la main, chantait une chanson. En gros il se tapait l'incruste. A côté de lui, le troll Keo, battait des mains en rythme en souriant. Se demandant ce qu'il pouvait bien y avoir à manger dans ce désert aride. Enfin, le maître de la divination Jareth était lui aussi du voyage. Il avait entendu dire, qu'il y avait dans les profondeurs de la bibliothèque de la cité de VS, des documents d'astrologie qu'il aimerait bien étudier. En entendant, il se bouchait les oreilles pour ignorer le boucan infernal des deux compagnons.

autours du convoi, sur son cheval blanc, le guerrier Milos était là, dans son armure d'or et portant une superbe épée à son côté. Il était accompagné par des membres de la nouvelle unitée d'élite Victoria, habillés dans des armures en argent. Ces derniers observaient les abords de la route, la mystérieuse Raven et ses troupes étaient là, quelque part, il fallait se tenir prêt pour une attaque.

Heureusement, la troupe arriva sans encombre en vue de la belle cité et du palais de VS qui resplendissait. C'était toujours un beau spectacle de voir Atalis et le palais des 1000 colonnes. Vaste cité de couleur rouge comme les rochers et les falaises autours.
Malgré tout, il y avait un truc particulier aujourd'hui. Alors que d'habitude, la cité était bien vivante. Il n'y avait personne. Le silence total. Seulement les bruits des oiseaux de proie au loin, en train de tourner dans le ciel, attendant la mort d'un animal ou d'un humain pour bondir.
dav-ID arrêta son chariot devant le grand escalier du palais de VS. Il descendit, fût rejoint par Milos.
- C'est bien calme ici" dit ce dernier en enlevant son casque d'or de sa tête.
- Trop même", lui répondit le forgeron.
Soudain, un cri, un homme descendit en courant les escaliers pour venir à la hauteur du groupe. Ce qu'il annonça, glaça le sang des voyageurs.
Le jeune prince Aurélien avait disparu, enlevé probablement, Requiem dans les vapes, VS était au plus mal, enfermé dans sa chambre et totalement abattu...
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